Ben-Hur : la critique du film (2016)

Péplum | 2h04min
Note de la rédaction :
3.5/10
3.5
Ben-Hur, affiche cinéma du remake de 2016

  • Réalisateur : Timur Bekmambetov
  • Acteurs : Morgan Freeman, Toby Kebbell, Jack Huston, Nazanin Boniadi, Rodrigo Santoro
  • Date de sortie: 07 Sep 2016
  • Nationalité : Américain
  • Scénaristes : John Ridley, Keith R. Clarke, d'après l'oeuvre de Lew Wallace
  • Sociétés de production : Lightworkers Merdia, Metro-Goldwyn-Mayer, Paramount Pictures, Sean Daniel Company
  • Distributeur : Paramount Pictures
  • Editeur vidéo : Paramount Home Media Distribution
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 422 630 entrées / 106 922 entrées
  • Box-office USA / Hors USA 26 410 477$ / 57 650 834$
  • Budget : 100 000 000$
  • Format : 2.35 : 1 / Dolby Digital / Dolby Surround 7.1
Note des spectateurs :
[Total : 5   Moyenne : 2.4/5]

Ben-Hur est une énième kitscherie du cinéaste russe Timur Bekmambetov, que l’on a connu plus second degré et donc plus fun. Son remake est juste laid et grotesque.

Synopsis : Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin.

Judah Ben-Hur, alias Jack Huston

© 2016 Paramount Pictures & Metro-Goldwyn-Mayer. Tous droits réservés

Critique : A Hollywood, quand on veut une kitscherie au prix exorbitant qui enragera les critiques et divisera le public, on fait appel à Paul W.S. Anderson et au cinéaste russe Timur Bekmambetov.

Ben-Hur par Timur Bekmambetov, un projet hollywoodien ahurissant de bêtise

Visiblement mauvais élèves quand il s’agit d’apprendre les leçons du passé pas si lointain, Paramount et MGM réitèrent l’échec du studio Columbia Tri Star sur Pompéi. Plus de 100M$ de budget, un genre vintage casse-gueule (le péplum) qui s’est récemment surtout distingué à la télévision (Rome, Spartacus), traité de façon artificielle par un cinéaste, Anderson, connu pour ne jamais faire dans la dentelle (Les Trois mousquetaires en est un bel exemple). Récemment, Gods of Egypt d’Alex Proyas, souffrait invariablement des mêmes tares, et a d’ailleurs plongé dans les abîmes du box-office, tout comme Pompéi et Ben-Hur.

Quand il s’agit de réadapter la Bible et un classique du cinéma, signé William Wyler, dont on ne compte plus les Oscars et les spectateurs (plus de 13.853.000 en France, en 1960, à vrai dire), et dont le titre est gravé parmi les plus grands triomphes de l’Histoire, les producteurs n’ont pas été précautionneux. Ils ont offert les rênes à un auteur du divertissement rageur et contesté. Timur Bekmambetov a réalisé des projets cocasses comme Wanted ou Abraham Lincoln : chasseur de vampires, dans lesquels il a su imposer sa patte de génie de l’action dans l’improbable nébuleuse du numérique qui tache. Tous ses films ont la particularité d’être laids.

Mais avec pareil nom aux commandes de Ben-Hur 2016, si on pouvait être curieux, on restait circonspect devant l’audace du choix. Tristement, le résultat est égal à la série B onéreuse d’Anderson, d’une artificialité extrême, qui renforce encore plus l’œuvre d’origine.

En 1959, l’image de Ben Hur profitait de décors majestueux, qui coupaient le souffle. En 2016, les images de synthèse créent le flou. De la magnificence, on passe à la décadence numérique qui déballe beaucoup pour ne jamais couper le souffle, malgré l’énormité des moyens déployés.

Morgan Freeman dans Ben-Hur

Morgan Freeman plays Ilderim in Ben-Hur from Metro-Goldwyn-Mayer Pictures and Paramount Pictures.

Difficile également de ne pas parler de la solidité du casting originel, Charlton Heston – qu’on en viendrait presque à regretter, même parfois outré dans son jeu, brillait d’une présence que le fluet Jack Huston (pourtant petit-fils de John) revisite avec insipidité. Même Stephen Boyd en Massala en 1959 écrase le jeu tranché de Toby Kebbell, cantonné aux rôles de petites frappes dans les ersatz britanniques des films de Guy Ritchie. Quant à l’apparition de Morgan Freeman, dans un second rôle « déguisé », elle tranche surtout dans le ridicule. Son accoutrement n’aurait jamais dû être validé par le studio, cela va sans dire !

Brouillon de culture

Mais un Ben-Hur, en 2016, se juge surtout sur la séquence la plus culte du genre péplum, la course de chars. Du chef-d’œuvre de Wyler, qui durait au passage 3h30, on garde le souvenir de l’excellence du rythme, des cascades à couper le souffle et le dispositif de décors démesuré. De la version contemporaine, on reste à peine concentré tant l’approche est pompière.

Même avec une coupe d’1h30 en comparaison avec l’œuvre aux 11 Oscars, force est d’admettre que cette nouvelle adaptation provoque avant tout l’ennui, rabaissant les enjeux visuels à ceux en toc des séries télé et autres soaps, qui ont au moins pour eux, le courage de la radicalité graphique. Il n’en sera jamais question dans ce “brouillon de culture” qui compte parmi les accidents industriels des années 2010. Le film a été un naufrage mondial, son exploitation globale n’ayant même pas pu rembourser les frais de production.

Frédéric Mignard 

Sorties de la semaine du 7 septembre 2016

Voir en VOD

Teaser du remake 2016 de Ben-Hur

© 2016 Paramount Pictures & Metro-Goldwyn-Mayer. Tous droits réservés

x