Belfast : la critique du film (2022)

Drame, Biopic, Historique | 1h38min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Belfast, l'affiche

  • Réalisateur : Kenneth Branagh
  • Acteurs : Jamie Dornan, Judi Dench, Colin Morgan, Lara McDonnell, Jude Hill, Caitriona Balfe, Ciarán Hinds
  • Date de sortie: 02 Mar 2022
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Belfast
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2021
  • Scénariste(s) : Kenneth Branagh
  • Directeur de la photographie : Haris Zambarloukos
  • Compositeur : Van Morrison
  • Société(s) de production : TKBC
  • Distributeur (1ère sortie) : Universal
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 8,7 M$
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Noir et Blanc, Couleurs / Son : Dolby Atmos
  • Festivals et récompenses : Festival international du film de Toronto 2021 : Prix du Public / Heartland Film Festival 2021 : Truly Moving Picture Award / Middleburg Film Festival 2021 : Prix du Public (Audience Award) / San Diego International Film Festival 2021 : Prix du Public (Audience Award Gala) / National Board Rewieu Award 2021 : Meilleur Film / National Board Rewieu Award 2021 : Meilleur acteur dans un second rôle - Ciaran Hinds / Golden Globes 2022 : Golden Globe du meilleur scénario pour Kenneth Branagh et 6 autres nominations / Oscars 2022 : 7 nominations. 1 Oscar pour le meilleur scénario.
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Universal, Focus Features
Note des spectateurs :

Film assez anecdotique, Belfast bénéficie de belles images et d’acteurs convaincants, mais l’ensemble demeure assez superficiel. Sympathique de bout en bout, mais dispensable.

Synopsis : Été 1969 : Buddy, 9 ans, sait parfaitement qui il est et à quel monde il appartient, celui de la classe ouvrière des quartiers nord de Belfast où il vit heureux, choyé et en sécurité. Mais vers la fin des années 60, alors que le premier homme pose le pied sur la Lune et que la chaleur du mois d’août se fait encore sentir, les rêves d’enfant de Buddy virent au cauchemar. La grogne sociale latente se transforme soudain en violence dans les rues du quartier. Buddy découvre le chaos et l’hystérie, un nouveau paysage urbain fait de barrières et de contrôles, et peuplé de bons et de méchants.

Un film autobiographique

Critique : Cela faisait maintenant plusieurs années que l’acteur-réalisateur Kenneth Branagh se consacrait uniquement à la conception de films de studios sans véritable personnalité. Étonnant pour celui qui a commencé sa carrière au sein d’un certain cinéma indépendant britannique auquel il tente de revenir avec ce Belfast, tourné en Irlande en noir et blanc, à partir d’une histoire très personnelle. Effectivement, Kenneth Branagh qualifie lui-même son œuvre d’autofiction. Ainsi le petit garçon dont nous suivons les mésaventures n’est autre que le petit Kenneth, dans une version remaniée pour les besoins du cinéma.

Belfast, photo 1

© 2021 TKBC / Photographie : Rob Youngson. Tous droits réservés.

Branagh entend livrer au passage une description des terribles affrontements entre minorité catholique et majorité protestante au cœur de Belfast, partie de l’Irlande rattachée au Royaume-Uni. Il débute notamment son film par un brillant plan-séquence qui décrit d’abord la convivialité d’une rue de Belfast où enfants catholiques et protestants s’amusent ensemble, avant que des violences commencent à faire rage et que la scène devienne totalement chaotique. Cette mise en bouche a le mérite de poser le contexte très troublé en quelques minutes, tout en offrant une belle démonstration de virtuosité technique.

La guerre des communautés vue par un enfant

Malheureusement, le reste du long-métrage ne sera pas toujours de ce niveau car Kenneth Branagh a tenu à rester à hauteur de gamin pour décrire cette période, alternant ainsi moments dramatiques et pures passages comiques. Du coup, il ne cesse d’hésiter quant au ton à adopter et transforme des événements dramatiques en occasion pour l’enfant de jouer et s’amuser. En voulant rendre hommage à sa famille, visiblement très unie malgré l’adversité, il donne l’impression de tout embellir sous le vernis de l’innocence enfantine. Certes, cela correspond au regard porté par un enfant, mais cela a tendance à minorer les événements tragiques qui se déroulent à l’écran.

Dépourvu de grand drame, Belfast ressemble surtout à une collection d’anecdotes qui font alternativement sourire, frémir, mais qui aussi peuvent ennuyer ou laisser indifférent. Ce vernis se retrouve également avec la patine donnée aux images en noir et blanc. Presque trop belles, celles-ci viennent contredire sans cesse la pauvreté qui mine les quartiers ouvriers. Là encore, on comprend le but du cinéaste qui était de démontrer que l’on peut être heureux dans un environnement terrible, pour peu que l’amour inonde le foyer, mais il est difficile de tenir sur la durée avec un script aussi ténu.

Belfast permet de découvrir un gamin épatant, le petit Jude Hill

Enfin, la description de l’univers fantasmatique du gamin, baigné dans l’amour du cinéma des années 50-60 et dans un goût certain pour les comics, n’est aucunement original et rappelle de très nombreux films nostalgiques. Pire, on a l’impression que Kenneth Branagh tente de justifier son évolution personnelle vers un cinéma plus commercial par l’évocation de ses goûts d’enfants, amoureux de films fantastiques, de westerns et de comédies musicales, genres alors en vogue.

Heureusement, Kenneth Branagh peut compter sur le charisme fou du petit Jude Hill, gamin sélectionné parmi 300 candidats, dont le naturel et la bouille craquante ne peuvent que séduire. Adorable et d’une présence folle face à la caméra, Jude Hill est assurément le point fort du long-métrage. Il est soutenu par une très juste Caitriona Balfe dans le rôle de la mère, mais aussi par les vétérans Judie Dench et Ciarán Hinds dans le rôle des grands-parents. Ils apportent l’émotion qui manque terriblement au sein d’un script trop confiant dans la puissance nostalgique de son propos. On est davantage réservé quant à la prestation de Jamie Dornan que l’on a du mal à trouver crédible en représentant usé de la classe ouvrière, alors qu’il arbore un physique de gravure de mode.

Belfast ou l’espoir déçu de retrouver un auteur phare des années 90

Tourné nettement après Mort sur le Nil, Belfast arrive sur les écrans français seulement quelques semaines après les aventures d’Hercule Poirot. Cette chronologie chahutée est liée à la crise de la Covid qui a retardé maintes et maintes fois la sortie du long adapté d’Agatha Christie. Si Belfast laissait espérer le retour de Kenneth Branagh à l’inspiration d’un authentique auteur, le résultat final, sans être déshonorant loin de là, est surtout anecdotique.

Plaisante de bout en bout, la chronique enfantine manque tout de même de profondeur et souffre d’un vrai défaut d’écriture. On a déjà vu ce type d’histoire – il suffit de penser à Hope and Glory de John Boorman – et souvent en mieux. Cela n’a pas empêché le métrage de glaner le Prix du public au Festival de Toronto en 2021 ou encore de décrocher le Golden Globe du meilleur scénario pour Kenneth Branagh en 2022. A noter également une collection de 7 nominations aux Oscars 2022 et une statuette décrochée pour le meilleur scénario.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 2 mars 2022

Belfast, l'affiche

© Universal Pictures, Focus Features. Tous droits réservés.

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