15 potences pour un salopard : la critique du film (1968)

Western | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6
15 potences pour un salopard (Jacques Leitienne)

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Considéré par beaucoup d’amateurs comme une petite pépite cachée du genre, 15 potences pour un salopard est un film imparfait, qui n’a pas usurpé pour autant son succès d’estime.

Synopsis : Deux gangs rivaux décident de s’allier afin de tirer mutuellement profit d’un vol de bétail. Ils décident de loger dans une grange pour passer la nuit. Quand la propriétaire et ses deux filles sont retrouvées assassinées le lendemain, les habitants du village les désigne comme les coupables idéaux.

Critique : 15 potences pour un salopard est le dernier film de son réalisateur, le vétéran Nunzio Malasomma, et son unique western. En toute logique, cette coproduction italo-espagnole de 1967 demeure fortement influencée par le western classique américain. Malheureusement, les amateurs d’excès all’italiana n’y trouveront ni la violence outrancière, ni le lyrisme à fleur de peau qui ont fait les beaux jours du genre. Fait assez rare pour le genre, 15 potences pour un salopard joue la carte du réalisme, un choix qui se révèle pertinent.

15 potences pour un salopard se distingue avant tout par son script

En effet, le scénario signé Mario Di Nardo (qui travaillera sur l’excellent Le dernier des salauds) et José Luis Bayonas se distingue par sa finesse. Il mêle habilement des éléments de plusieurs genres. Ainsi, le mystère plane sur l’identité du meurtrier comme dans un film policier. Quand les bandits sont contraints de se réfugier dans un fort, on retrouve tous les codes du film de siège. Enfin, le suspense est bien maintenu tout au long du métrage, créant ainsi une certaine tension psychologique, menant à une escalade de la violence.

Point de manichéisme dans l’univers de 15 potences pour un salopard. Ainsi, les habitants du village ne valent pas mieux que les bandits à l’heure de rendre la justice. Le script est complexe et joue également sur les tensions internes à chaque camp. Tous les personnages sont capables du meilleur comme du pire, à l’image de l’être humain, et de fait, le film n’a pas de protagoniste à proprement parler. Ceci constitue toutefois aussi une limite, étant donné que le spectateur aura du mal à s’attacher à un personnage en particulier.

De fait, ce très bon script n’est pas sans défauts. Certains passages se révèlent un peu longs.  Par exemple, on se dit que les villageois auraient pu mettre le feu au fort bien plus tôt. Mais c’est surtout le happy end final qui fait tache, là où le métrage se voulait jusqu’alors complètement désespéré.

15 potences pour un salopard est correct sur le plan artistique, sans plus

Le métrage permet de profiter de bonnes prestations de la part d’acteurs convaincants, en particulier Craig Hill qui fait preuve une fois de plus de beaucoup de prestance à l’écran. Le casting regorge de second rôles culte, tels entre autres Aldo Sambrell, Antonio Molino Rojo ou Ricardo Palacios ce qui fera jubiler sans nul doute les aficionados du genre. Le talentueux directeur de la photographie Stelvio Massi parvient à mettre en valeur de beaux décors, même si les scènes de nuit sont une fois de plus ratées.

A la mise en scène, Malasomma nous propose des cadrages et travellings soignés et maîtrise les nombreuses scènes d’action du métrage. Malheureusement, il peine à conférer de la tension émotionnelle à certaines scènes. A titre d’exemple, on n’éprouve pas grand-chose lorsqu’un des bandits se lance dans une vengeance suicidaire après qu’un de ses jeunes compagnons ait été tué. Cela est fort dommage car l’idée était bonne sur le papier. De fait, la scène finale aurait mérité un traitement beaucoup plus emphatique. Enfin, De Masi signe une partition correcte mais décevante au vu de son talent. Le film bénéficie par ailleurs d’un sympathique thème chanté par le cultissime Raoul (de son vrai nom Ettore Lovecchio).

En définitive, 15 potences pour un salopard clôt de fort belle manière la carrière de Malasomma, alors âgé de 73 ans. Il s’agit d’un film au scénario sortant des sentiers battus. Son approche réaliste et son scénario élaboré en font un film à conseiller aux amateurs de westerns italiens et américains.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Sorties de la semaine du 16 octobre 1968

15 potences pour un salopard (Jacques Leitienne)

© 1967 Lucio Bompani/Mario Di Nardo/Felix Duran-Aparicio/Joaquín Romero-Marchent/Eos Film/Centauro Films © 1968 Les Films Jacques-Leitienne. Tous Droits Réservés.

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