Robert Rodriguez

Réalisateur, Scénariste, Producteur, Monteur, Acteur, Directeur de la photographie
Planète terreur, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Américain
  • Date de naissance : 20 juin 1968 à San Antonio (Texas, États-Unis)

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, producteur, scénariste, monteur, acteur et directeur de la photographie américain, Robert Rodriguez est né en 1968 à San Antonio, Texas. Issu d’une famille d’origine mexicaine, le jeune garçon se prend de passion pour la réalisation dès l’âge de 7 ans, lorsque son père lui offre une petite caméra. Tout en menant sa scolarité, le jeune garçon ne cesse de tourner des films avec sa famille et ses copains.

Un vidéaste amateur qui devient rapidement un pro

Ensuite, il poursuit des études en communication à l’Université texane d’Austin, mais il ne parvient pas à intégrer une école de cinéma. Qu’à cela ne tienne, Robert Rodriguez ne se décourage pas et continue à tourner des courts métrages, dont Bedhead (1991) qui possède déjà toutes les caractéristiques de son futur cinéma et qui intègre la programmation de nombreux festivals.

En 1992, il tourne en autodidacte complet son premier long métrage devenu culte El Mariachi (1992), avec seulement 7 000 dollars de budget. Grâce à un prix du public glané au Festival de Sundance, le film trouve un distributeur (Columbia Pictures) et devient un vrai succès du cinéma indépendant. Le métrage arrive jusqu’en France en septembre 1993 et parvient à fédérer 58 586 curieux. Si le résultat artistique est discutable, l’ingéniosité du jeune homme l’est tout autant. Désormais mise sur orbite, la carrière de Robert Rodriguez passe aussi par la télévision avec un épisode de série télé et un téléfilm qui lui permettent d’affermir sa technique.

Desperado, l'affiche

© 1995 Columbia Pictures. All Rights Reserved.

Dès lors, Rodriguez peut envisager de tourner le remake de son premier film dans une version plus professionnelle. Desperado (1995) profite de la présence à son casting d’Antonio Banderas et de Salma Hayek et d’un budget de 7 millions de billets verts, soit une inflation exponentielle par rapport à l’original de 1992. Le succès, sans être faramineux, est réel et les Français ont été 420 101 spectateurs à venir découvrir cet hommage à peine voilé au western européen.

La rencontre providentielle avec Quentin Tarantino

C’est d’ailleurs en ce milieu des années 90 que Robert Rodriguez fait la rencontre du jeune Quentin Tarantino avec qui il partage une réelle passion pour le cinéma de genre issu des vidéo-clubs. Ensemble, ils tournent la comédie ratée Groom service (1996), puis enchaînent sur le film d’horreur Une nuit en enfer (1996) que Rodriguez réalise et que Tarantino interprète. Le film connaît un petit succès d’estime aux States et emballe le jeune public français avec 677 411 entrées. Pourtant, on peut rester froid devant ce film de vampires bourrin et plein d’humour badass. En tout cas, son statut de film culte est indéniable.

Décidément très en vogue auprès des cinéphiles, Robert Rodriguez se voit ensuite confier une commande par la société Dimension Films. The Faculty (1998) est basé sur un script de Kevin Scream Williamson, alors le scénariste le plus en vue, et parvient à mobiliser la jeunesse américaine, sans exploser les compteurs. Porté par la vague de films d’horreur pour ados, The Faculty rencontre un très gros succès en France où il cumule 1,5 million d’adolescents boutonneux. Il faut dire que le film demeure agréable et bien fichu.

La création de son propre studio en 2001

Après cette belle ascension, le cinéaste Robert Rodriguez fonde sa propre compagnie de production et de création d’effets spéciaux nommée Troublemaker Studios. On est à l’aube du nouveau siècle et les effets numériques sont en plein développement. Ce nouveau secteur passionne le cinéaste qui y voit l’opportunité de tourner des œuvres entièrement en studio, dans un environnement contrôlé, entièrement basé sur des fonds verts. Cela sera désormais la marque de fabrique d’un réalisateur qui compte sur cette technique pour enchaîner les tournages à toute vitesse, souvent au détriment de la qualité. Il y perdra petit à petit son âme.

Premier film du lot, Spy Kids (2001) est un projet purement commercial qui tranche avec ses œuvres précédentes. Le métrage au budget de 35 millions de dollars en rapporte plus de 147 millions dans le monde (dont 281 885 entrées en France). Ce beau succès pousse Rodriguez à renchérir avec un Spy kids 2 : Espions en herbe (2002) et même un Mission 3D : Spy Kids 3 (2003). En France, le numéro 2 connaît une embellie avec 438 820 bambins high tech et le troisième volet confirme le succès précédent avec encore 482 249 têtes blondes à bord.

D’un point de vue artistique, les cinéphiles commencent à enterrer Robert Rodriguez, même s’il revient la même année avec Il était une fois au Mexique… Desperado 2 (2003) qui fonctionne correctement et rassure quelque peu ses fans de la première heure. En France, la suite séduit 456 385 clients.

Les beaux succès des années 2000

En 2005, Robert Rodriguez retrouve occasionnellement de sa superbe avec l’adaptation cinéma de la bande dessinée Sin City (2005), coréalisée avec Frank Miller et Quentin Tarantino. Le métrage est carrément sélectionné au prestigieux festival de Cannes et cartonne dans le monde avec un total de 158 millions de dollars pour un budget restreint de 40 millions. Pourtant, Robert Rodriguez replonge vite dans ses travers en signant le film pour enfants Les aventures de Shark Boy et Lava Girl (2005), un nanar totalement indigne de figurer dans la filmographie d’un auteur digne de ce nom. Cette fois, le métrage est un échec commercial très mérité (38 263 petits français seulement).

Sin City, l'affiche

© 2005 Dimension Films – Troublemaker Studios / Affiche : Miramax Films. Tous droits réservés.

Toujours pote avec Quentin Tarantino, Robert Rodriguez participe au projet Grindhouse (2007) où chacun livre un segment horrifique entrecoupé de fausses bandes annonces. C’est à cette occasion que Robert Rodriguez signe l’un de ses meilleurs films avec Planète terreur (2007), mais où il en profite aussi pour créer le personnage de Machete dans une bande annonce devenue culte. En France, Planète terreur n’attire que 134 427 fans, mais deviendra culte avec le temps. Ensuite, le cinéaste revient à ses films pour enfants avec Shorts (2009) qui est carrément resté inédit en France.

Robert Rodriguez ou les difficiles années 2010

Désormais à court de projets, Robert Rodriguez se penche à nouveau sur le personnage de Machete (2010) et en tire un long métrage amusant porté par la trogne de Danny Trejo. Le métrage connaît un joli succès d’estime aux Etats-Unis et glane 177 915 entrées chez nous. Mais comme à son habitude, Robert Rodriguez revient à son insupportable saga l’année suivante avec Spy Kids 4: Tout le temps du monde (2011) qui performe nettement moins que les volets précédents aux Etats-Unis et qui déboule directement en vidéo en France. Ce constat démontre la perte progressive de crédibilité d’un artiste qui tourne en boucle autour des mêmes franchises usées jusqu’à la corde.

Toujours incapable de se renouveler, Rodriguez tourne ensuite Machete Kills (2013) qui est nettement moins réussi que le film d’origine. Cette fois, c’est un cuisant échec public et sa sortie française est un non-événement à 141 166 entrées. Fier d’avoir participé à Sin City, Robert Rodriguez revient à cette BD dix ans plus tard pour Sin City : J’ai tué pour elle (2014), toujours coréalisé par Frank Miller. Pourtant, la sauce ne prend plus et cette suite est un énorme échec commercial. En France, ils furent 376 128 nostalgiques de leurs jeunes années à faire le déplacement en salles. Décidément, les années 2010 ne sourient aucunement à Rodriguez qui échoue sur tous les plans.

Alita : Battle Angel, une tentative ratée de passer au blockbuster

Sentant le vent tourner, il investit dans ses franchises préexistantes pour les développer en séries télévisées. Il exploite notamment Une nuit en enfer en série pendant trois saisons et un total de 31 épisodes. Il en réalise personnellement 7. La mauvaise passe semble s’achever avec le projet suivant, l’adaptation du manga Gunnm intitulé Alita : Battle Angel (2019) qui est produite par James Cameron. Pour Robert Rodriguez, il s’agit de mener à bien un projet pharaonique au budget de 170 millions de dollars.

Alita : Battle Angel, l'affiche

© 2019 Twentieth Century Fox – Lightstorm Entertainment – Troublemaker Studios / Affiche : LA ; Poster design by The Refinery ; Photography by Rico Torres. All Rights Reserved.

Le défi est immense, d’autant que le manga est très populaire dans le monde. Si le film cumule plus de 400 millions de dollars de recettes dans le monde, ce chiffre est très loin des attentes de James Cameron qui envisageait plutôt approcher du milliard. Il faut dire que le blockbuster est tout bonnement raté, entravé par des décisions artistiques ridicules qui ont mis en rage les fans du manga. Certes, le métrage est à ce jour le plus vu du réalisateur, mais pas forcément le plus apprécié.

Retour aux petites productions anodines

Parallèlement, Robert Rodriguez est revenu à un micro-budget avec Red 11 (2019), demeuré inédit chez nous, puis avec une production Netflix encore destinée aux gamins intitulée C’est nous les héros (2021). La même année, le cinéaste toujours aussi rapide tourne pour Disney + le film-concert Happier Than Ever : Lettre d’amour à Los Angeles (2021) pour le compte de la chanteuse Billie Eilish.

Plus récemment, Robert Rodriguez a tenté de réaliser un film à la Christopher Nolan avec Hypnotic (2023), dont le script est plutôt absurde. Gros échec aux Etats-Unis, le métrage a su attirer 370 611 victimes dans les salles françaises. Pas si mal pour une œuvre portée par Ben Affleck. La même année, l’indécrottable signe un énième film pour gosses avec son increvable franchise Spy Kids: Armageddon (2023).

Outre ses travaux de réalisateur, Robert Rodriguez a aussi été un producteur très actif avec les suites vidéo d’Une nuit en enfer, mais aussi Predators (Nimrod Antal, 2010). Apprécié pour ses quelques réussites des années 90-2000, Robert Rodriguez est devenu en une vingtaine d’années le symbole du touche-à-tout incapable de peaufiner ses scripts pour réfréner son envie irrémédiable de tourner.

Virgile Dumez

Filmographie de Robert Rodriguez

Réalisateur, longs métrages
  • 1992 : El Mariachi
  • 1995 : Desperado
  • 1995 : Groom Service (Four Rooms) – segment The Misbehavers
  • 1996 : Une nuit en enfer (From Dusk Till Dawn)
  • 1998 : The Faculty
  • 2001 : Spy Kids
  • 2002 : Spy Kids 2 : Espions en herbe (Spy Kids 2: Island of Lost Dreams)
  • 2003 : Mission 3D : Spy Kids 3 (Spy Kids 3-D: Game Over)
  • 2003 : Il était une fois au Mexique… Desperado 2 (Once Upon a Time in Mexico)
  • 2005 : Sin City (coréalisé avec Frank Miller ET Quentin Tarantino)
  • 2005 : Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl (The Adventures of Shark Boy and Lava Girl in 3-D)
  • 2007 : Planète Terreur (Planet Terror)
  • 2009 : Shorts
  • 2010 : Machete (coréalisé avec Ethan Maniquis)
  • 2011 : Spy Kids 4 : Tout le temps du monde (Spy Kids: All the Time in the World)
  • 2013 : Machete Kills
  • 2014 : Sin City : J’ai tué pour elle (Sin City: A Dame to Kill For) (coréalisé avec Frank Miller)
  • 2019 : Alita: Battle Angel
  • 2019 : Red 11
  • 2020 : C’est nous les héros (We Can Be Heroes)
  • 2023 : Hypnotic
  • 2023 : Spy Kids: Armageddon
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