Acteur espagnol, Juan Diego (de son nom complet Juan Diego Ruiz Moreno) est né en 1942 à Bormujos dans la province de Séville. Le jeune garçon modeste décide de partir étudier à Séville afin d’éviter de travailler dans les champs. Là, il se prend de passion pour le théâtre qu’il pratique dès 1957. Tout en intégrant le Conservatoire d’art dramatique, le jeune homme commence à s’engager au sein du Parti communiste dont il deviendra un membre éminent, organisant souvent des grèves dans le monde du spectacle.
Cela ne l’empêche aucunement de commencer à travailler pour la télévision dès 1963 et ceci durant toute la décennie. Pour le moment le grand écran semble le bouder, à part dans Los flamencos (Jesús Yagüe, 1968). Il est toutefois repéré par un autre partisan communiste, le cinéaste Eloy de la Iglesia qui lui offre un rôle principal dans son drame Un goût amer dans la bouche (1969), tandis que l’année suivante il tourne en Italie Drame de la jalousie (Ettore Scola, 1970).
Après un nouveau long passage par la télévision, Juan Diego retrouve le grand écran avec des œuvres comme Au-delà de l’amour (Pedro Lazaga, 1975), La Créature (Eloy de la Iglesia, 1977), Les saints innocents (Mario Camus, 1984), Ya bon les blancs (Marco Ferreri, 1988) et La nuit obscure (Carlos Saura, 1989).
Désormais un comédien établi, Juan Diego alterne seconds et premiers rôles dans de nombreuses œuvres marquantes. Parmi elles, on peut notamment citer le chef d’œuvre Cabeza de Vaca (Nicolás Echevarría, 1991) dans lequel il est un héros convaincant, mais aussi Le Roi ébahi (Imanol Uribe, 1991) pour lequel il a obtenu un Goya du meilleur second rôle. On le retrouve encore au casting de Jambon, jambon (Bigas Luna, 1992), Entre les jambes (Manuel Gómez Pereira, 1999), París-Tombuctú (Luis García Berlanga, 1999) qui lui vaut un nouveau Goya du meilleur second rôle.
Les années 2000 sont encore riches pour Juan Diego grâce à ses contributions à Torremolinos 73 (Pablo Berger, 2003), Le 7ème jour (Carlos Saura, 2004), Vete de mí (Víctor García León, 2006) qui lui apporte enfin un Goya du meilleur acteur, Rose & noir (Gérard Jugnot, 2009). Il est encore magnifique dans le superbe Insensibles (Juan Carlos Medina, 2012), Oro : La Cité perdue (Agustín Díaz Yanes, 2017). Enfin, signalons qu’entre 2005 et 2021, il a été présent dans 118 épisodes de la série populaire Los hombres de Paco.
En 2022, ce grand monsieur du cinéma espagnol s’éteint à la suite d’une longue maladie. Il avait 79 ans et a marqué de son empreinte les grands écrans ibériques.