Spider-Man No Way Home dissimule, derrière son triomphe au box-office, une machine rouillée, juste bonne à capitaliser la nostalgie d’une fanbase Marvel, extirpée de son adolescence et condamnée à regarder les mêmes spectacles à l’infini une fois passée à l’âge adulte. La malédiction de Spider-Man est surtout celle des spectateurs, dans leur refus de grandir et d’accepter qu’un produit de consommation est périmable.
Synopsis : Pour la première fois dans son histoire cinématographique, Spider-Man, le héros sympa du quartier est démasqué et ne peut désormais plus séparer sa vie normale de ses lourdes responsabilités de super-héros. Quand il demande de l’aide à Doctor Strange, les enjeux deviennent encore plus dangereux, le forçant à découvrir ce qu’être Spider-Man signifie véritablement.
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Critique : Avec 1 921 000$ de recettes au box-office mondial, dont 814 000 000 juste aux USA, Spider-Man No Way Home est devenu le 8e plus gros succès de l’histoire du cinéma en terme de recettes, se positionnant dans un classement où l’on trouve des Avengers, Avatar, Titanic et Zootopie 2. Le triomphe a été d’autant plus spectaculaire qu’il est paru en 2021, année noire pour l’industrie cinématographique décimée par la pandémie de COVID 19.
Spider-Man No Way Home a rappelé que les adolescents de la Gen Z était capables de se rendre de nouveau en masse dans les salles de cinéma agonisantes. Mais à quel prix ! Celui de subir une production, pas mauvaise dans sa réalité artistique, mais terriblement banale du script, avec son recours à la problématique lénifiante du méta verse pour convier les personnages de Doctor Strange (Iron Man n’étant plus de ce monde) et surtout tous les grands méchants de la franchise de l’araignée intrépide (Sandman, Docter Octopus, le Bouffon vert). Pis, faute d’avoir des potos Avengers à inviter dans sa toile, le troisième Spider-Man réalisé par Jon Watts (le film d’horreur Clown et le thriller Cop Car) s’octroie les caméos filés des incarnations récentes de Spider-Man, Tobey Maguire et Andrew Garfield, pour un long final à trois Peter Parker pour remettre de l’ordre dans la confusion mentale de l’homme costumé joué par Tom Holland, orphelin désespéré qui doit répondre de ses actes.

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Tout ce beau monde, dans la réalité d’un monde masqué ou confiné, devient une occasion de célébrer la survivance des générations arrachées de leur enfance et de leur adolescence, à qui l’on offre une ultime fois une petite potion de jouvence qui comprend bien des hics. L’histoire s’étire, les dialogues sont des trous béants, et le final sous guise d’amnésie collective démontre qu’Hollywood et ses studios n’en ont pas fini avec le mode bis repetita.
Huit mois après la sortie triomphale de No Way Home (plus de 7 300 000 entrées en France), Sony relança ce Spider-Man en version plus longue de 11 minutes dans les cinémas, avant d’enrichir la franchise d’un Spider-Man Brand New Day en 2026. Une histoire sans fin qui nous laisse cois tant la fadeur du casting ne mérite vraiment pas pareille exposition.
Les sorties de la semaine du 15 décembre 2021
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