Dans un box-office dominé par les Américains Michael et Le Diable s’habille en Prada 2, les Français Pour le plaisir et C’est quoi l’amour ont leurs arguments, à leurs échelles. Désespoir pour Mortal Kombat 2 et Mi amor de Guillaume Nicloux. En un jour, le film d’ouverture du festival de Cannes, La vénus électrique trouve ses repères.
En dehors des continuations, la semaine a été modeste pour les nouveautés et ce malgré le jour férié du 8 mai.
Alexandra Lamy en tête des nouveautés avec Pour le plaisir
En tête des sorties du 6 mai 2026, Pour le plaisir de Reem Kherici habille 272 000 spectateurs dans 454 salles, soit une moyenne de 600 spectateurs. C’est un nouveau venu dans la distribution, Studio TF1, qui l’accompagnait. La présence d’Alexandra Lamy, dont il s’agit du 14e film en moins de 7 ans, a probablement été l’élément moteur. L’actrice sort du succès de Compostelle (1 100 000 entrées). Ce dernier, réalisé par Yann Samuell, est toujours dans le top 15 en 6e semaine d’exploitation. Pour le plaisir est également le deuxième plus gros démarrage de la réalisatrice Reem Kherici, derrière Chien & Chat, mais devant Jour J et Paris à tout prix.
La deuxième nouveauté de la semaine intervient en 6e place. Il s’agit de C’est quoi l’amour ? La comédie indépendante avec Vincent Macaigne et Laure Calamy est moins solide avec 157 000 entrées dans 445 salles. C’est toutefois le meilleur score jamais réalisé par le réalisateur Fabien Gorgeat, issu du cinéma d’auteur. Ses précédents longs, La vraie famille (118 000 entrées en 2022) et Diane a les épaules (32 000 entrées en 2017) n’avaient pas le même potentiel. De son côté, Vincent Macaigne peut tourner la page du bide de La poupée (50 000 entrées) et revient sur les beaux jours de 2025 (Muganga et La venue de l’avenir lui avaient été très favorables). Pour Laure Calamy, de son côté, la comédie pétillante semble mieux lui réussir que Classe moyenne, qui avait démarré à 114 000 entrées en septembre 2025, pour un total de 251 000 entrées.

Affiche : Le Cercle Noir pour Silenzio. © Vendôme Films, Baxtory et TF1 Studio All Rights Reserved.
Mortal Kombat II, (déjà) mort au combat
Véritable four, Mortal Kombat II réalise péniblement 122 000 entrées dans 387 salles. Pour mémoire, le premier volet, également réalisé par Simon McQuoid, n’avait pu sortir au cinéma en 2020. C’est aussi le pire démarrage pour un film de la saga tirée du jeu vidéo, initiée en 1995. Le premier long avait alors glané 434 000 entrées en 8 jours pour un final de grosse série B à 954 000 entrées. Le sequel, Destruction finale, avait ouvert à 145 000 entrées dans 228 salles, et n’avait même pas doublé ses entrées. Pour New Line/Warner, la déception est relative. Le film d’action a au moins engendré 38M$ en 3 jours aux USA pour un budget de 68M$. Ce n’est pas bon, mais on se situe loin du marasme hexagonal.
Dans 500 cinémas, à l’occasion de séances événements, le concert filmé en 3D de Billie Eilish par James Cameron trouve 75 000 fans de l’idole des jeunes dans 500 cinémas. Un bon résultat pour Hit Me Hard and Soft Tour 3D qui fait de l’ombre aux 69 000 entrées du film de casse The Criminals, avec Aaron Taylor-Johnson, Theo James, Gugu Mbatha-Raw et Sam Worthington. Distribué par SND dans 236 cinémas, la production indépendante a au moins bénéficié d’un peu plus de couverture qu’aux USA où il a raclé les fonds de tiroir (1 479 000$ !).

© Paramount Pictures Corporation. All Rights Reserved.
La Vénus électrique ouvre le bal cannois avec des arguments
Sur une exploitation réduite à moins d’un jour, La Vénus électrique a ouvert le festival de Cannes et a par conséquent bénéficié d’un écho large. Le film de Pierre Salvadori avec des acteurs à la mode (Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons) jouait dans la cour des grands puisque Diaphana Distribution l’avait propulsé dans 938 cinémas. Aussi ses 51 000 entrées sont plutôt encourageantes, remettant le cinéaste au centre du jeu après l’échec de La petite bande, son film pour enfants, passé inaperçu en 2022 (114 000).
Flop pour le polar de Guillaume Nicloux avec Pom Klementieff et Benoît Magimel : Mi Amor n’a pas franchi les 10 000 entrées dans 95 salles ! À côté, le cinéma art et essai a connu des résultats plus ou moins avenants : 19 000 entrées pour The World of Love dans 80 salles, 18 600 entrées pour Mon grand frère et moi de Ryota Nakano dans 101 cinémas, et 11 148 entrées pour Sauvons les meubles dans 61 salles.
Dans le camp des continuations, Michael emballe les nostalgiques : 967 000 entrées dans 838 salles, en semaine 3, soit une baisse minime de 20% de sa fréquentation. Le biopic a exalté 3 570 000 fans de l’artiste. Le diable s’habille en Prada 2 est joyeux (-34% et 677 000 entrées supplémentaires). Au total, la comédie avec Meryl Streep a enchanté 1 710 000 spectateurs. Juste une illusion est un beau succès sur la durée avec une baisse douce de 29% de sa fréquentation en 4e semaine. Ce sont 255 000 amoureux des années 80 qui se sont laissés bercer la semaine passée pour un total convenable de 1 600 000 entrées. Pour Gaumont, la déception de Une année difficile d’Éric Toledano et Olivier Nakache est désormais bien derrière. En 4e semaine, il avait à peine rameuté 61 000 retardataires dans 908 cinémas. En fin de carrière, il avait déçu avec 901 000 spectateurs.
Nous l’orchestre de Philippe Béziat est un énorme succès
Super Mario Galaxy le film est encore fécond (209 000 spectateurs en semaine 6) et nage au-dessus des 5 millions d’entrées. Il n’a pas encore succédé au leader de l’année, en la personne du Marsupilami (6 065 000 entrées et toujours dans le top 20 hebdo). Vivaldi et moi est un beau succès italien (près de 200 000 entrées en 15 jours). Bagarre a du cran (500 000 entrées en 4 semaines) et Le réveil de la momie n’est pas totalement au fond du trou (348 000 entrées).
Magnifique endurance pour Nous l’orchestre de Philippe Béziat, qui se maintient en 3e semaine avec 35 000 entrées dans 228 cinémas. Il avait ouvert à 43 000 spectateurs ! C’est d’ores et déjà le plus gros succès de son auteur qui sortait des scores remarquables d’Indes galantes (77 000) et Traviata et nous (55 000). Avec son petit budget, le documentaire va devenir l’une des productions françaises les plus rentables de l’année 2026.
Des flops en pagaille avec L’enfant du désert (336 000 entrées en 5 semaines), Hokum (54 000 entrées en 15 jours), Die My Love le malaisant (36 000 entrées en 15 jours) et évidemment L’arnaqueuse (69 000 entrées en 3 semaines).
Déception également pour Dao d’Alain Gomis, avec une perte de 50% en semaine 2 (13 400 entrées en 15 jours).

Affiche : Courmiaud © Les Films Pelléas. All Rights Reserved.