Note des spectateurs :

La 22e édition de l’Arras Film Festival s’est achevée dimanche 14 novembre. Sans nul doute, la compétition européenne est restée le moment le plus attendu de cette grande fête du septième art. La fréquentation des salles en a témoigné.

Parmi les 9 films proposés en compétition, 4 ont été récompensés par les différents jurys et par le public.

Palmarès du Festival d’Arras 2021

Becoming Mona, premier film des réalisateurs néerlandais Sabine Lubbe Baker et Niels Van Koervorden, a reçu l’Atlas d’or (Grand Prix du jury), tandis que La Mif, du suisse Fred Baillif s’est octroyé l’Atlas d’argent (Prix de la mise en scène).

Fred Bailif, réalisateur de La Milf

Fred Baillif, réalisateur de La Mif, et ses deux comédiennes. Copyrights : Claudine Levanneur

 Si The Blind Man Who Did No Want To See Titanic du Finlandais Teem Nikki obtient l’adhésion du jury lycéen qui lui remet le Prix Regards jeunes, il est également remarqué par le jury Atlas qui lui décerne une mention spéciale.

 Public et critique presse saluent d’une voix unanime le film polonais de Jan P. Matuszynski Leave no Traces (qui concourt aux Oscars) et lui attribuent respectivement le Prix du public et le Prix de la critique presse, présidée par Bruno Icher, rédacteur à Libération.

 Si la compétition constitue depuis toujours l’événement clé de l’Arras Film Festival, il est fort à parier que la leçon de cinéma donnée cette année par Fanny Ardant restera dans les annales du festival. Car plus qu’une leçon de cinéma, c’est une leçon de vie que nous a accordée celle qui se définit comme une actrice non professionnelle, explique avoir accepté d’entrer à Sciences po parce que le cursus y était court et lui permettait de ne pas renoncer à ses rêves de théâtre.

Élevée par un père qui lui a enseigné que toute autorité est contestable, elle n’hésite pas à affirmer qu’elle déteste les diktats sous toutes leurs formes et qu’il n’est pas question pour elle d’obéir sans réfléchir. Charmant l’auditoire de ses inimitables intonations, elle l’entraîne sans difficultés dans son univers de liberté et de fantasme, et parvient à communiquer aux spectateurs déjà conquis son bel appétit de vivre.

Fanny Ardant à la EEe édition de l'Arras Film Festival

© Claudine Levanneur

Une leçon de cinéma et de vie par Fanny Ardant

Sous la houlette de Pierre Zeni dans le rôle de l’interviewer, elle balaie sa carrière de comédienne, mais aussi de réalisatrice. Avec malice, elle cite cette phrase de Sacha Guitry « Un comédien est un peu moins qu’un homme, une comédienne est un peu plus qu’une femme ». Ce qui ne l’empêche pas de revenir avec tendresse sur les rencontres masculines qui l’ont marquée, de Vittorio Gassman à Gérard Depardieu, en passant par Johnny Hallyday et Daniel Auteuil.

A la question du sort cruel réservé aux comédiennes vieillissantes, elle oppose son choix d’une existence vécue dans la plénitude jusqu’à l’inéluctable. Elle termine en définissant le cinéma comme un condensé de vie qui, en ouvrant des horizons inattendus et variés, fait gagner du temps à ceux qui s’en imprègnent. Saluant chaleureusement la foule, elle s’éclipse sous les ovations, multipliant selfies et dédicaces et laisse dans son sillage le souvenir d’instants magiques.

Claudine Levanneur