Vaurien : la critique du film (2021)

Drame, Polar | 1h36min
Note de la rédaction :
5/10
5
Vaurien de Peter Dourountzis, affiche

  • Réalisateur : Peter Dourountzis
  • Acteurs : Pierre Deladonchamps, Ophélie Bau, Candide Sanchez, Sébastien Houbani
  • Date de sortie: 09 Juin 2021
  • Année de production :
  • Nationalité : Français
  • Titre original :
  • Titres alternatifs :
  • Scénaristes : Peter Dourountzis
  • D'après l'œuvre de :
  • Directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre
  • Monteur : Valentin Durning
  • Compositeur :
  • Producteurs :
  • Société de production : 10:15! Productions
  • Distributeur : Rezo Films
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office USA / Monde -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification :
  • Formats : 1.85:1 / Couleurs / 5.1
  • Festivals et récompenses : Label Festival de Cannes, Sélection Sang Neuf Reims Polar 2021
  • Illustrateur / Création graphique : Affiche © Pierre Collier 2020 Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1015 Productions. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Vaurien avec son sociopathe joué par Deladonchamps suit une ligne directrice sociale et réaliste qui peine à donner de l’étoffe à ses propos.

Synopsis : Djé débarque en ville sans un sou, avec pour seule arme son charme. Il saisit chaque opportunité pour travailler, aimer, dormir. Et tuer.

Critique : Premier long métrage du réalisateur Peter Dourountzis, Vaurien a obtenu le Label 2020, pour sa sélection parallèle lors d’un festival annulé en raison du coronavirus. On le retrouve à Reims Polar, dans le cadre de l’édition en ligne du festival du film policier, anciennement situé à Cognac et Beaune. Le genre « policier » lui va à vrai dire à peine. Vaurien est un film d’auteur au regard social prégnant, et l’on comprend que les années du cinéaste passées au SAMU social, ont eu beaucoup de poids pour mettre en œuvre ce film où curieusement, c’est le policier qui finit par tuer dans un retournement de situation narratif un peu étrange.

Pierre Deladonchamps retrouve l’abjection de son personnage des Chatouilles. Il est psychopathe, violeur en série, mais surtout  SDF errant, roi de la gruge, dans le refus du regard que le monde extérieur pourrait porter sur sa situation misérable. En fait, c’est lui qui se complaît à jouer l’observateur de notre société. Il est insondable derrière son regard dur, cruel, qui, évidemment ne pourra pas susciter la moindre empathie tant il apparaît comme un monstre d’insensibilité. Le prédateur est toutefois intelligent et sème le trouble, voire le désir autour de lui. Il séduit notamment le personnage d’Ophélie Bau, pour une vaine romance, et terrorise de son regard malsain les usagères des transports en commun.

Pierre Deladonchamps dans Vaurien (2021)

Pierre Deladonchamps dans Vaurien (2021) © 1015 Productions.

Grugeur, incrusteur, éventuellement violeur

A refuser la mise en scène de la violence pour les sempiternelles raisons nobles que l’on connaît, à savoir vouloir sanctuariser un contexte qui prend au final le dessus sur toute intrigue policière (point d’enquête ici, l’essentiel de Vaurien se focalisant sur l’approche du sale type auprès de groupes d’individus dans lesquels il essaie de s’immiscer), en refusant le point de vue de ses personnages, trop archétypaux d’un cinéma de la marginalité, et évidemment en écartant tout esthétisation filmique, Vaurien, dont le titre lui-même ne satisfait pas in fine, finit par perdre tout intérêt.

Vaurien, un film à la marge, le spectateur y compris

A moins d’être passionné par les faits divers et les personnages troubles qui peuvent les composer, le spectateur risque de rester en marge d’un film sans accroche dont les mélanges de genres ou à vrai dire l’absence de genre propre, laisse toujours sur la faim. En tant qu’œuvre sur les laissés-pour-compte, romance tordue, thriller à suspense, polar, ou drame de la marginalité, Vaurien ne fait qu’amplifier ses limites cinématographiques.

L’on ne sauvera pas les acteurs. Pierre Deladonchamps incarne la mort de l’âme dans toute sa froideur, un être éteint auquel seuls des Verhoeven ou des Haneke auraient pu apporter une certaine pertinence par l’absurde. Il ne suscite que le rejet. Et les acteurs secondaires, souvent fragiles, n’ont pas le temps de véritablement exister dans le genre même du film. Ils restent périphériques à une trame policière tertiaire.

Le film de Peter Dourountzis ne vaut pas rien et n’est en rien mauvais, mais il lasse plus qu’il ne fédère dans ses choix personnels.

Critique de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 9 juin 2021

Sélection officielle Reims Polar 2021 – Section Sang Neuf

Vaurien de Peter Dourountzis, affiche

© 1015 Productions. Affiche : Pierre Collier 2020

Reims Polar Film Festival 2021 : 38e édition Festival du Film Policier sur CinéDweller

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