Un drôle de paroissien : la critique du film (1963)

Comédie | 1h32min
Note de la rédaction :
7/10
7
Un drôle de paroissien, l'affiche

Un drôle de paroissien, plus gros succès de Mocky, s’avère être une excellente comédie qui met en boîte la bonne société avec une certaine jubilation. Sans aucun doute l’un des meilleurs films de son auteur.

Synopsis : Georges, fils d’une famille aristocratique et catholique ruinée, croit recevoir un jour une révélation divine : pour subvenir aux besoins des siens, il va piller les troncs des églises.

Une caricature savoureuse de la vieille aristocratie catholique

Critique : Remarqué dès son premier long-métrage intitulé Les dragueurs (1959) qui a attiré plus de 1,5 millions de spectateurs dans les salles, le réalisateur Jean-Pierre Mocky multiplie par la suite les déconvenues au box-office jusqu’à cette année 1963 où il choisit d’adapter pour le grand écran le roman Deo Gratias de Michel Servin, publié un an auparavant. Il parvient à convaincre Bourvil de se joindre à sa petite troupe d’habitués dont font déjà partie Francis Blanche et Jean Poiret. N’oublions pas que le comique est alors l’une des personnalités préférées des Français et que chacun de ses films pèse au minimum 2 millions d’entrées sur le territoire national.

Un drôle de paroissien, jaquette du blu-ray ESC Editions

© 1963 A.T.I.C.A. – Corflor – Le Film d’Art- Société Nouvelle de Cinématographie (SNC) / 2018 ESC Editions. Tous droits réservés.

Il faut dire que ce Drôle de paroissien apparaît aujourd’hui comme la quintessence du cinéma de Mocky en ce sens qu’il caricature la bonne société de son temps en n’épargnant aucune institution. Ainsi, il se moque ici ouvertement de l’Eglise et notamment de cette frange de la vieille aristocratie catholique se refusant toujours à travailler, car cela doit être réservé aux prolétaires.

Mocky en grande forme, Bourvil formidable

Toutefois, face aux impératifs économiques – car chez Mocky l’argent est toujours le nerf de la guerre – l’illuminé de la famille va trouver la solution en pillant les troncs des églises. Ce n’est pourtant pas pécher puisque c’est Dieu lui-même qui lui inspire cette idée. Si Mocky s’en prend à une certaine classe de la société et dézingue une fois de plus la police qu’il ridiculise dans les grandes largeurs, la force de ce script est de ne jamais faire de son personnage principal un être malfaisant.

Incarné avec toute la fausse naïveté dont il était capable par un Bourvil mielleux à souhait, son personnage croit en toute bonne foi à la validité de son action. L’argent des troncs doit aider les pauvres et sa famille est dans la détresse, donc il se sert. Il représente donc pour le cinéaste une certaine idée de la subversion, même si elle demeure inconsciente.

Le divertissement populaire se fait acide

Sous ses dehors de petite comédie impertinente, Mocky interroge la solidité de notre code moral, mais aussi l’absurdité des lois humaines interdisant et punissant sévèrement le vol alors qu’elles autorisent le commerce – qui est pourtant un vol caractérisé. Subversif, Mocky affûtait dès ses premiers films ses idées teintées d’anarchisme à travers des divertissements populaires en apparence inoffensifs.

Ici, il s’appuie sur des comédiens au firmament, que ce soit Jean Poiret en dentiste pickpocket dont l’ironie fait merveille. Et que dire de Francis Blanche qui allait la même année interpréter son plus grand rôle dans le mythique Les tontons flingueurs de Lautner. Mais il serait injuste de ne pas citer certains seconds rôles savoureux comme Jean Tissier, Marcel Pérès ou encore Dominique Zardi. Autant de figures qui deviendront récurrentes dans le cinéma de Mocky.

Le plus gros succès de la carrière de Mocky

Drôle, impertinent et même franchement audacieux pour l’époque, Un drôle de paroissien a séduit plus de 2,3 millions de spectateurs sur toute la France, sans doute grâce à la présence de Bourvil en tête de casting. Devant la réussite commerciale de ce long-métrage, Mocky et Bourvil ont enchaîné aussitôt avec La grande frousse (1964), puis La grande lessive (1968) et L’étalon (1970). Ils n’ont jamais retrouvé le même succès – le film demeure la plus belle performance de Mocky au box-office – tout en livrant une série de films intéressants.

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Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 28 août 1963

Un drôle de paroissien, l'affiche

© 1963 A.T.I.C.A. – Corflor – Le Film d’Art- Société Nouvelle de Cinématographie (SNC) / Illustrateur : Clément Hurel. Tous droits réservés.

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