Ratage total, The Lair prouve une fois de plus le déclin artistique du cinéaste Neil Marshall, décidément bien loin de The Descent.
Synopsis : Lorsque le lieutenant Kate Sinclair, pilote de la Royal Air Force, est abattu au-dessus de l’Afghanistan, elle trouve refuge dans un bunker souterrain où se réveillent des armes biologiques mortelles, mi-humaines, mi-aliens.
Une pincée de Dog Soldiers, une autre de The Descent, pour un résultat déplorable
Critique : Devenu l’ombre de lui-même depuis maintenant une grosse dizaine d’années, le cinéaste Neil Marshall tente par tous les moyens de retrouver la flamme qui animait ses premiers essais dont l’intéressant Dog Soldiers (2002) et surtout son génial The Descent (2005). Alors qu’il vient de se vautrer avec Sorcière (2020) qui dénotait un cruel manque d’inspiration, le réalisateur a pensé bien faire en écrivant avec sa compagne Charlotte Kirk un script qui serait comme une synthèse de ses deux premiers succès.
Ainsi, dans The Lair (2022), il précipite une unité militaire américaine au cœur d’un bunker soviétique infesté de monstres assoiffés de sang. La description d’une unité confrontée à une menace extérieure renvoie donc bien évidemment à Dog Soldiers, tandis que la présence de monstres dans des souterrains lorgne du côté de The Descent. Malheureusement pour le spectateur, la comparaison s’arrête là et The Lair va s’employer à dynamiter toutes ses prétentions une à une.
Casting recherche charisme désespérément
Ainsi, le long-métrage débute comme un pur film de guerre, avec un nombre conséquent de fusillades et un script déjà à la peine pour présenter les personnages principaux. Il faut dire que Neil Marshall n’a toujours pas appris de ses erreurs passées. Visiblement aveuglé par l’amour, il a encore confié le rôle principal à sa compagne Charlotte Kirk qui n’est pourtant pas une bonne actrice. A la peine dès qu’il s’agit d’incarner une présence physique à l’écran, Charlotte Kirk n’a aucunement le charisme d’une Milla Jovovich. Malgré un look qui ressemble fort à celui de Lara Croft, sa Kate Sinclair ne suscite aucun sentiment de la part du spectateur, si ce n’est de l’indifférence.

© 2022 Rather Good Films – Scarlett Productions Ltd. All Rights Reserved.
Toutefois, l’actrice n’est pas seule en cause puisque l’ensemble du casting est mal employé. La plupart des gros bras sont issus de séries télévisées et cela se sent dans leur incapacité à se saisir du grand écran pour incarner autre chose que des archétypes sans saveur. Leur prestation n’a aucun intérêt, d’autant que les dialogues sont réduits à des clichés assénés à coup de sentences définitives.
Lair de rien
Ecrit avec des moufles, le scénario de The Lair refuse même de créer le moindre suspense en dévoilant trop rapidement les créatures présentes dans le bunker soviétique. Neil Marshall se tire donc consciencieusement une balle dans le pied en montrant plus que de raison des monstres qui souffrent d’effets spéciaux ratés. Avec leur allure trop humaine et un physique très proche du Venom de Marvel, les monstres ne provoquent jamais l’effroi et s’avèrent même plutôt embarrassants.
A cela, il convient d’ajouter une réalisation hystérique qui voudrait faire passer la confusion pour de l’efficacité. Il faut dire qu’il devait être difficile de faire passer la Hongrie pour l’Afghanistan. Avec son budget contraint, The Lair fait donc pitié, notamment au niveau de ses effets spéciaux, particulièrement foireux dès que le numérique entre en jeu. Finalement, Neil Marshall noie l’ensemble sous un déluge d’action qui ne possède aucun charme, le tout sur fond de musique assourdissante. Pris d’une frénésie très vidéoludique, le cinéaste semble convaincu qu’il est possible de transposer à l’écran des jeux vidéo comme Resident Evil ou encore Silent Hill, mais sa tentative ressemble davantage aux ratages d’un Uwe Boll qu’à une retranscription fidèle d’un univers angoissant.
Sorti directement en VOD en France, mais aussi sur support physique (DVD et blu-ray), The Lair entend une fois de plus capitaliser sur le passé glorieux du cinéaste, mais il n’est qu’une preuve supplémentaire de son incapacité à renouveler une formule qu’il a autrefois su porter au pinacle.
Critique de Virgile Dumez
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Neil Marshall, Charlotte Kirk, Jamie Bamber, Jonathan Howard
Mots clés
Les films d’horreur de 2023, Les femmes d’action au cinéma, Direct To Vidéo