Thriller efficace, The Boy Behind the Door s’appuie sur une réalisation maîtrisée, une ambiance tendue et l’interprétation impeccable des deux gamins séquestrés. Une bonne surprise.
Synopsis : Bobby et son meilleur ami Kevin sont kidnappés et emmenés dans une étrange maison au milieu de nulle part. Bobby parvient à s’échapper. Il entend les cris à l’aide de Kevin et se décide à ne pas laisser son ami derrière lui.
Un jeu du chat et de la souris captivant
Critique : Premier long-métrage du duo formé par David Charbonier et Justin Powell, The Boy Behind the Door (2020) est une production minuscule qui parvient à optimiser ses maigres moyens par la grâce d’une réalisation ingénieuse et diablement efficace. Évacuant les préliminaires dès la première séquence, les deux auteurs nous plongent immédiatement dans le lieu clos de cette maison gigantesque qui va servir de cadre à l’action. Ainsi, nous découvrons que deux jeunes garçons de 13 ans ont été victimes d’un enlèvement et qu’ils sont désormais séquestrés dans deux pièces différentes d’une demeure à l’écart de toute civilisation.
L’un des deux gamins – l’Afro-américain Lonnie Chavis, issu de la série This Is Us, vraiment très convaincant – parvient toutefois à se libérer. Dès lors, il n’aura de cesse de chercher à délivrer son ami de toujours interprété avec talent par Ezra Dewey (que l’on retrouvera ensuite dans l’intéressant The Djinn). Commence alors un jeu du chat et de la souris qui va durer le temps du long-métrage. Si le script est effectivement minimaliste, cela n’empêche aucunement The Boy Behind the Door d’être prenant de bout en bout.
Une tension de chaque instant, malgré quelques invraisemblances
Il faut tout d’abord signaler une excellente direction d’acteurs puisque les deux adolescents sont immédiatement attachants et d’une belle justesse dans leurs relations d’amitié marquées du sceau de la pureté et de l’innocence. Face à eux, l’on trouve des malfrats dont on comprendra qu’il s’agit sans doute d’exploitants de matériel pédopornographique. Afin d’alimenter leur script, les auteurs nous proposent quelques belles surprises, comme des morts inattendues – et généralement efficacement gérées – et un antagoniste plutôt original (nous ne pouvons bien entendu pas nous étendre sur ce fait sans déflorer la surprise).
Il est vrai que tout n’est pas réussi dans ce thriller tendu puisque certains passages demeurent invraisemblables (le nettoyage trop rapide de la cuisine), mais on a évité tout de même le pire puisque les gamins ne parviennent pas à conduire la voiture, contrairement à bon nombre de productions américaines de plus grande ampleur. On reste surtout assez admiratif devant la parfaite gestion de l’espace démontrant le talent des deux réalisateurs. De même, ils parviennent à créer une réelle tension durant les scènes de suspense, tout en laissant éclater vers la fin une violence libératrice.
Un petit discours politique derrière un divertissement efficace
Enfin, on signalera la présence d’un petit commentaire politique pas si anodin. Effectivement, au détour d’un plan furtif, on peut lire à l’arrière de la voiture d’un des kidnappeurs un slogan de Donald Trump. Il s’agit sans aucun doute d’une pointe d’ironie de la part des cinéastes puisque ce sont les Républicains adeptes de Trump qui dénoncent régulièrement l’existence d’un vaste réseau pédophile qui serait dirigé par les Démocrates (comme le montre le mouvement complotiste QAnon). Ici, les auteurs indiquent le contraire et font de leurs ravisseurs des pro-Trump, ce qui constitue un joli pied-de-nez aux conservateurs de tous poils.
Porté par une jolie photographie, une bande-son efficace composée par Anton Sanko, The Boy Behind the Door est donc une bonne surprise, malgré quelques facilités d’écriture (la citation du Shining de Kubrick) et quelques invraisemblances. Présenté au Festival de Sitges en 2020, le film a été acheté par la plateforme américaine Shudder, avant d’être diffusé un peu partout en VOD, puis d’ici le mois de mars 2022 en DVD en France. Ce thriller prenant démontre en tout cas le talent de ses deux réalisateurs qui ont récidivé avec l’intéressant The Djinn l’année suivante.
Critique de Virgile Dumez
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