The Best Offer : la critique du film (2014)

Thriller, Drame | 2h11min
Note de la rédaction :
8/10
8
The Best Offer, affiche du film

  • Réalisateur : Giuseppe Tornatore
  • Acteurs : Donald Sutherland, Dermot Crowley, Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Sylvia Hoeks
  • Date de sortie: 16 Avr 2014
  • Année de production : 2013
  • Nationalité : Italien, Britannique
  • Titre original : La migliore offerta
  • Titres alternatifs :
  • Scénaristes : Giuseppe Tornatore
  • D'après l'œuvre de : -
  • Directeur de la photographie : Fabio Zamarion
  • Monteur : Massimo Quaglia
  • Compositeur : Ennio Morricone
  • Producteurs : -
  • Sociétés de production : Paco Cinematografica
  • Distributeur : Distrib Films
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : Marco Polo Production
  • Date de sortie vidéo : 19 novembre 2014
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 63 920 entrées / 38 365 entrées
  • Box-office USA / Monde 100 035$ / 20 919 703$
  • Budget : 13 500 000$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Dolby Digital
  • Festivals et récompenses : 13 nominations aux David di Donatello Awards (dont 6 récompenses, Meilleur réalisateur, Meilleur film, Meilleure musique, Prix de la jeunesse, Meilleurs costumes...), 5 nominations aux European Film Awards (1 prix pour Ennio Morricone)...
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Aventi, Distrib Films, Paco Cinematografica Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

The Best Offer est un thriller hypnotique qui brille par l’intensité de ses mystères, porté par l’excellence d’une mise en scène aux ressorts spiraux, en prise au vertige des arts…

Synopsis : Virgil Oldman est un commissaire-priseur de renom. Véritable institution dans le milieu de l’art et misogyne assumé, il n’a de relation intime qu’avec la collection de tableaux qu’il a su constituer secrètement au cours des années. Personne ne le connaît vraiment, même pas son vieil ami marchand d’art Billy. Lorsqu’une cliente lui demande une expertise mais n’accepte de lui parler qu’au téléphone, Virgil est piqué de curiosité et ne peut se résoudre à laisser tomber l’affaire. Quand il la voit pour la première fois il tombe violemment sous son charme.

Critique : Le cinéma de Giuseppe Tornatore ne cesse de nous surprendre dans les différents genres qu’il aborde. Celui qui s’était fait remarquer jusqu’aux Etats-Unis avec Cinéma Paradiso à la fin des années 80, n’a pas perdu de sa perspicacité cinématographique. Avec The Best Offer (2014), il délivre une proposition de cinéma visuellement époustouflante, au croisement du cinéma de fantômes espagnol, de l’audace froide des œuvres italiennes de Paolo Sorrentino et de la sinuosité du cinéma hitchcockien.

The Best Offer est l’une des réalisations les plus brillantes des années 2010

Tornatore livre un vibrant hommage à son pays dans sa représentation grandiose et oppressante de l’art qui est présent de façon névrotique à l’écran (le personnage principal fait office de ponte parmi les commissaires-priseurs). Il en profite pour perdre le spectateur dans des noirceurs insondables, suscitant dans ce cadre un sentiment de vertige, celui communément surnommé de Stendhal, tant le poids des décors sublimé, nébuleuse de toiles et de sculptures, écrase parfois la vision de The Best Offer.

La beauté des images impressionne. Elles sont toujours élégantes, parfois d’un froid clinique, celui du rapport entre les deux personnages principaux, tourtereaux atypiques, incapables d’aller vers l’autre, en raison de névroses qui les dépassent. Le protagoniste ne se sépare jamais de ses gants quand la jeune femme dont il va tomber amoureux et dont il est chargé de s’occuper de vendre l’impressionnant patrimoine, souffre de son côté d’une agoraphobie exacerbée qui la cloître dans un palais en décrépitude, derrière des murs fissurés. Ceux-ci laissent apparaître des secrets et rebondissements qui, dans la seconde partie, gâchent un peu l’extase de la contemplation des premiers instants.

Un triomphe aux “César” italiens

Le film évoque irrémédiablement Les conséquences de l’amour de Paolo Sorrentino, avec le personnage de Geoffrey Rush, impeccable dans un rôle très proche de l’autiste solitaire qu’incarnait Toni Servillo. The Best Offer évolue peu à peu, au fil des rencontres avec l’inconnu. La psychologie des personnages ne cesse jamais de se développer et donne lieu à des twists narratifs qui ne sont peut-être pas à la hauteur, dans leurs buts triviaux, des vertiges provoqués par toute l’introduction du film.

Mais qu’importe, cette “Grande Bellezza”, sans meurtre ni tueurs, mais avec de lugubres dissimulations, est un thriller de haute volée qui laisse en tête des souvenirs d’un cinéma d’une ampleur rare, parfois élevé par la musique du revenant Ennio Morricone. David Lynch ne l’aurait pas renié, eût-il été italien.

Avec pas moins de six prix aux César italiens, les Donatello, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, The Best Offer a été un triomphe local. On peut regretter l’anonymat de la sortie française. L’affiche quelconque, loin de représenter la grandeur du film, y est pour beaucoup.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 16 avril 2014

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The Best Offer, affiche du film

© Aventi, Dsitrib Films, Paco Cinematografica

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