Te deum : critique du film (1973)

Western | 1h35min
Note de la rédaction :
4/10
4
Tedeum, , affiche film de Castellari

Note des spectateurs :
[Total : 0   Moyenne : 0/5]

Te deum est une comédie vulgaire dans la plus pure tradition de ce sous-genre mal-aimé qu’est le “western fayot”.

Synopsis : L’affreuse famille Manure reçoit un beau jour la visite d’un notaire. Ce dernier leur apprend qu’ils ont hérité une mine d’un oncle éloigné. Au vu de la réputation de ce dernier, l’arnaque semble évidente. C’est pourquoi le petit fils, Tedeum, décide de partir pour essayer de tirer le plus d’argent possible de l’acte de propriété.

Des choix qui détonent dans l’univers du western spaghetti

Critique : Nous sommes en 1972 et le western italien a bien amorcé sa décadence. Après avoir réalisé plusieurs westerns assez corrects, Enzo G. Castellari décide de suivre la mode et de proposer son ersatz de Trinita. C’est chose faite avec ce Te deum particulièrement mal fagoté. En effet, l’esthétique du film est assez ignoble, puisque les Manure sont une famille de marins affreux, sales et méchants qui font passer les pistoleros du western spaghetti pour des modèles de propreté. Ces derniers vivent dans un bateau retourné et se déplacent à l’aide d’un espèce de voilier sur roues.

Te deum est d’une lourdeur abyssale

Histoire d’enfoncer un peu plus le clou, certaines scènes comiques sont appuyées par des bruitages de cartoon. Le scénario, abracadabrantesque avec ses retournements de situation capillotractés, garde toutefois un rythme soutenu, sauf pour la scène des bains, tout bonnement interminable. Les frères De Angelis, véritables forçats de la comédie populaire italienne, nous gratifient d’une musique sympathiquement kitsch qui ne fait pas pour autant passer la pilule.

Des acteurs qui sauvent les meubles

Même si nous sommes évidemment au royaume de la grimace exagérée et du cabotinage, les acteurs font relativement bien leur travail. Jack Palance fournit une performance acceptable en moine roublard, à des années-lumière toutefois de son travail avec Corbucci. Il dépeint ici un personnage truculent qui permet de glisser de manière peu nuancée une critique de la cupidité du clergé. On retrouve également l’infatigable Eduardo Fajardo dans un rôle d’homme de pouvoir corrompu.

En définitive, Castellari signe avec ce Te deum une bonne grosse farce pas bien finaude dont on ne conseille le visionnage qu’aux fans les plus acharnés du western italien. Le bougre récidivera trois ans plus tard en signant Cipolla Colt, qui demeure inédit chez nous.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Les sorties de la semaine du 11 octobre 1973

Tedeum, , affiche film de Castellari

©Tecisa Film, F.P. Cinematografica, Canaria Films – Affiche: D.E.B. – De Boissière

x