Sans un bruit : la critique du film (2018)

Thriller, Fantastique, Science-fiction, Film de monstre | 1h30min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Sans un bruit, affiche Paramount Emily Blunt - 2018

  • Réalisateur : John Krasinski
  • Acteurs : Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe, John Krasinski
  • Date de sortie: 20 Juin 2018
  • Année de production : 2021
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : A Quiet Place
  • Titres alternatifs : Un lugar tranquilo (Espagne), Un lugar en silencio (Espagne), A Quiet Place - Un posto tranquillo (Italie), Un Coin Tranquille (Québec), Fără zgomot (Roumanie), Um Lugar Silencioso (Portugal),
  • Scénaristes : Bryan Woods, Scott Beck, John Krasinski
  • D'après une histoire de : Scott Beck
  • Directeur de la photographie : Charlotte Bruus Christensen
  • Monteur : Christopher Tellefsen
  • Compositeur : Marco Beltrami
  • Producteurs : Michael Bay, Andrew Form, Brad Fuller
  • Sociétés de production : Paramount Pictures
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Editeur vidéo : Paramount Pictures
  • Date de sortie vidéo : 30 octobre 2018
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 647 910 entrées / 203 515 entrées
  • Box-office USA / Monde : 188 024 361 $ / 340 677 199 $
  • Budget : 17 000 000 $
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdiction aux moins de 12 ans ("La commission est d’avis que ce film qui raconte comment une famille, sous la constante menace de créatures sanguinaires, s’organise pour survivre, ne convient pas aux mineurs de douze ans.")
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur / Dolby Atmos, SDDS, Auro 11.1, DTS (DTS: X), Dolby Digital
  • Festivals et récompenses : 1 nomination aux Oscars (Meilleur son), 1 nomination aux BAFTA (2019), 1 nomination aux Golden Globes (Meilleur son)
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Paramount Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : Premier volet du diptyque
Note des spectateurs :

Malgré ses trop nombreux emprunts aux codes des téléfilms de Netflix et à la série post-apocalyptique de The Walking Dead, Sans un bruit est une série B ingénieuse, d’une redoutable efficacité, riche en scènes mémorables.

Synopsis : Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard

Critique : C’est parfois dans les films les moins originaux que l’on trouve les meilleurs moments. Produit d’exploitation pur, dans ce qu’il utilise en codes et ficelles, Sans un bruit régurgite non sans autosatisfaction, tout un pan de la culture pop horrifique et malgré tout jouit aujourd’hui d’un succès rare pour une œuvre d’épouvante aux USA. Il a beau être un triomphe phénoménal aux États-Unis, il n’est en rien un nouvel Exorciste, un nouveau La nuit des morts Vivants, Evil Dead, Saw, Projet Blair Witch ou même Get Out, que l’on peut considérer comme des œuvres novatrices qui ont redéfini les canons d’un genre et lancé des tendances.

Emily Blunt dans Sans un bruit

A Quiet Place 2 © 2018 Paramount Pictures

Sans un bruit n’invente donc rien et rebondit entièrement sur des modèles prédéfinis que son auteur, l’acteur et réalisateur John Krasinski, a ingurgités avec l’appétence de fan. Ainsi, Sans un bruit commence de façon poussive dans le cadre rural éculé d’un épisode de The Walking Dead, à savoir un supermarché dévasté. Une famille qui a miraculeusement survécu à l’invasion mondiale de monstres sanguinaires sur Terre, suit une ligne de chemin de fer avec quelques provisions. Classique. A la sortie des emplettes, les pages d’un journal donnent le contexte apocalyptique sur le perron de l’enseigne, à l’instar de Day of the Dead et sa Une mythique The Dead Walk !

Krasinski, un acteur-réalisateur qui a l’œil et l’oreille

Le sujet qu’affectionnent beaucoup les productions sans budget, a immédiatement le goût et l’odeur des productions Netflix (Cargo), où zombies, enragés et affamés, évident l’humanité de toute vie. Les réminiscences ne s’arrêtent pas là. Le récit est construit essentiellement sur un concept sensoriel (ne jamais faire de bruit, ni parler, sinon vous êtes mort !) évoquant ceux de Dans le noir et Don’t Breathe qui jouaient aussi sur cet aspect des sens, en axant leur intrigue sur la vue et la lumière.

L’esthétique de Sans un bruit est somptueuse dans ses éclairages ; elle semble avoir été calquée sur celle du remake de La nuit des fous vivants de Romero, l’efficace The Crazies de Breck Eisner. On y retrouve cet attachement à l’atavisme, le goût de la ruralité léchée et des scènes visuellement éclatantes de par leur éclairage soigné. La production de 17M$ a vraiment de la gueule.

Nonobstant ces airs de déjà-vu qui s’invitent tout au long du film, le succès de Sans un bruit s’explique et se justifie pleinement. L’on évoque pourtant ici une œuvre sans dialogues à 90%, très courte, sans ressources au niveau des personnages réduits au minimum (essentiellement quatre). Le succès est justifié en dépit d’une thématique sensorielle surlignée dans le récit via le personnage d’une jeune fille sourde (forcément), et même si le discours familial conservateur est pataud : est-ce bien raisonnable d’attendre un enfant dans un monde où les cris d’un nourrisson condamneront la famille au carnage par des créatures extraterrestres qui ne résistent pas au bruit ?

Emily Blunt dans Sans un bruit

Amily Blunt dans A Quiet Place 2 © 2018 Paramount Pictures

Sans un bruit mérite sa bonne réputation

Malgré tous ces petits éléments qui empêchent Sans un bruit d’être le monstre du cinéma fantastique attendu, on s’attachera à défendre son incroyable efficacité, son intensité lors d’un enchaînement de scènes horrifiques au suspense prenant. Jouant remarquablement sur l’espace (l’attaque dans la cave, la chute à l’intérieur du silo), convaincant dans son rapport psychologique à l’enfance malmenée, le réalisateur signe un thriller épatant, peuplé de créatures dignes de l’imaginaire de Lovecraft, qui ne sont pas qu’aperçues mais bel et bien exploitées de façon juste, équilibrée ; elles sortent de leurs ténèbres pour extirper le spectateur de son petit confort.

Un clou dans le pied, un accouchement sans péridurale, avec obligation de garder le silence, et des créatures carnassières à l’ouïe phénoménale qui ne décrochent jamais… tels sont les éléments qui restreignent le spectateur à un silence de mort ou, au contraire, à une catharsis par le cri ou les rires nerveux pour ceux qui se laissent emporter par leurs émotions.

Sans un bruit n’amène aucune évolution dans le genre, mais le spectacle n’en demeure pas moins d’excellente facture dans sa capacité à susciter la frousse et restaurer la primauté de la salle, pour vivre une expérience collective, avec le son ad hoc pour profiter des performances sonores très élaborées qui lui vaudront des nominations aux Oscars, BAFTA… dans cette catégorie technique. Effectivement, le carton était assuré.

Frédéric Mignard

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Sorties de la semaine du 20 juin 2018

Sans un bruit, affiche Paramount Emily Blunt - 2018

A Quiet Place © 2018 Paramount Pictures

Sans un bruit : un phénomène américain qui sauva Paramount

Le phénomène : Il aura fallu un petit film d’épouvante au budget de 20M$ pour que Paramount retrouve le sourire. La firme, mise à mal par des années de flops dantesques, n’avait pas même pu compter sur le reboot des Transformers en 2017, pour renflouer ses caisses vides : Mother !, Baywatch, Ghost in the Shell, xXx 2, Ben Hur, Monster Cars, Star Trek sans limites… La liste des déceptions est longue, puisque le dernier vrai succès d’envergure pour le studio mythique remonte à 2015 et Rogue Nation !

On se souvient que récemment, Paramount avait dû même céder certains de ses films à Netflix (Annihilation devait sortir en salle en France, en mars 2018, avant de devenir, finalement, un direct-to-streaming regrettable). Aussi, quand Sans un bruit réalise 50M$ au box-office américain en 3 jours, alors que les pronostiqueurs envisageaient un stellaire 35M$, Hollywood est resté bouche bée !

2018 a été assez épouvantable pour les studios qui ont dû subir la concentration des succès Marvel (Black Panther qui dépasse les 700M$). Ce démarrage foudroyant aussi inattendu que bienvenu a permis aux exploitants de croire de nouveau au pouvoir des salles, mises à mal par le téléchargement illégal et les plateformes de streaming comme Prime Vidéo et son concurrent Netflix.

John Krasinski dans Sans un bruit

A Quiet Place © 2018 Paramount Pictures

Retour des spectateurs américains en salle en dehors des films super-héroïques

Sans un bruit, série B de genre, rameute le peuple vers la salle pour une expérience sensorielle collective.

Réalisé par le comédien et réalisateur John Krasinski, également vedette masculine du film, connu pour son rôle dans The Office, la série dans sa version américaine, et une impressionnante carrière au cinéma, Sans un bruit appartient à ces exercices de style qui soulèvent les curiosités. Un film d’épouvante sans dialogues, avec Emily Blunt, en alternative à la domination des productions Blumhouse qu’A Quiet Place doit affronter pour son second week-end, avec la sortie d’Action ou vérité de Jeff Wadlow (Kick Ass 2). Toutefois le nouveau thriller surnaturel produit par Jason Blum ne lui fera pas beaucoup de mal, ses critiques étant désastreuses, et celles de Sans un bruit totalement vertigineuses pour une production horrifique. Les professionnels américains, du Washington Post à Time Magazine, mettent en avant la maîtrise du procédé, le stress constant que subissent protagonistes et a fortiori les spectateurs, et même son infinie poésie. Désormais forte de cette dynamite dans son listing, Paramount France va prendre le temps de travailler sur la sortie française promise pour la Fête du cinéma, le 20 juin. L’objectif est de battre Jason Blum sur son propre terrain. Les cibles ? Annabelle 1 & 2, Conjuring 1 & 2, et Get out, qui ont réalisé entre 1.100.000 et 1.600.000 entrées. Les paris sont ouverts.

Trois ans plus tard…

Sans un bruit a finalement réalisé 188 000 000$ aux USA, devenant le 15e film de l’année 2021. Il s’agissait du seul long qui n’était ni une suite (Deadpool 2, Les indestructibles 2), un reboot (Jumanji Welcome to the Jungle, Jurassic World : Fallen Kingdom), un remake (A star is Born),  un biopic (Bohemian Rhapsody), une adaptation animée (The Grinch) ou de bande-dessinée (Black Panther, Avengers Infinity War, Ant-Man, Aquaman)…

Malgré l’attrait de la nouveauté, en France, Sans un bruit finira en 60e place annuelle dans l’Hexagone, en 2018, avec 656 000 entrées.

Une suite initialement prévue pour mars 2020 sera repoussée d’un peu plus d’un an aux USA et en France. Alors que la promotion battait son plein avec des affiches sur Paris, les cinémas ferment pour la première fois de l’histoire du cinéma en raison de la crise du coronavirus. Cela jouera forcément contre la carrière du sequel que Paramount refusera de céder à Netflix ou Prime Vidéo.

La critique de Sans un bruit 2

 

Frédéric Mignard

A quiet place (Sans un bruit), affiche

A Quiet Place © 2018 Paramount Pictures

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Sans un bruit, affiche Paramount Emily Blunt - 2018

Bande-annonce de Sans un bruit

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