Ricochet : la critique du film (1992)

Thriller, Policier, Action | 1h42min
Note de la rédaction :
5/10
5
Ricochet, l'affiche

  • Réalisateur : Russell Mulcahy
  • Acteurs : John Lithgow, Denzel Washington, Lindsay Wagner, Kevin Pollak, Ice-T
  • Date de sortie: 19 Fév 1992
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Ricochet
  • Titres alternatifs : Sem Limite para Vingar (Brésil) / Ricochet - Der Aufprall (Allemagne) / Verdetto finale (Italie) / Ricochete (Portugal) / Ricochet (Espagne)
  • Année de production : 1991
  • Scénariste(s) : Steven E. de Souza, d'après une histoire de Fred Dekker et de Menno Meyjes
  • Directeur de la photographie : Peter Levy
  • Compositeur : Alan Silvestri
  • Société(s) de production : Home Box Office (HBO), Cinema Plus, Indigo Productions, Silver Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : Metropolitan FilmExport
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Delta Vidéo (VHS, 1992) / Metropolitan Vidéo – Seven 7 (DVD, 2003) / TF1 Vidéo (DVD, 2009)
  • Date de sortie vidéo : 5 mars 2009 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 132 174 entrées / 60 807 entrées
  • Box-office nord-américain 21,7 M$
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdit aux moins de 16 ans
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : Dolby SR
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Agence Gayot & Gayot
  • Crédits : Silver Pictures
Note des spectateurs :
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Thriller d’action, Ricochet bénéficie d’une réalisation virtuose au service d’un script caricatural et aux nombreux dérapages bis. Sympathique tout de même par ses excès et ses sorties de route incontrôlées.

Synopsis : Issu d’une famille noire défavorisée, Nick Styles a toujours su qu’il n’avait qu’un moyen de s’en sortir : faire carrière dans la police. C’est à la faveur de l’arrestation d’Earl Talbot Blake, un dangereux psychopathe, que cet homme d’action et de terrain grimpe rapidement les échelons pour devenir procureur général. Mais, derrière les barreaux de sa cellule, Blake rumine sa vengeance. Une évasion spectaculaire lui permet de retrouver la liberté.

Bienvenue dans le Die Hard Universe

Critique : Le script de Ricochet a connu de longs développements avant même d’entrer en production. D’abord rédigé par Fred Dekker (futur réalisateur de RoboCop 3), le scénario était initialement destiné à Clint Eastwood pour alimenter la saga Dirty Harry. Mais contre toute attente, Eastwood a rejeté le script en arguant du fait qu’il était bien trop sombre pour être tourné en l’état. Finalement, le projet capote et se retrouve dans les mains du producteur de films d’action Joel Silver. Celui-ci estime que cela peut fournir la base pour un bon film en étant révisé. Ainsi, Menno Meyjes et surtout Steven E. de Souza ont pour mission de transformer l’histoire afin de la mettre au goût du jour.

L’intervention de de Souza, par ailleurs scénariste de Piège de cristal (McTiernan, 1988), se ressent fortement dans le produit fini. Tout d’abord, bien avant les Marvel et leur univers partagé, de Souza fait évoluer ses personnages dans le même milieu que celui de la saga Die Hard. Ainsi, l’actrice Mary Ellen Trainor retrouve ici son rôle de la journaliste Gail Wallens déjà présente dans le premier volet de la saga Die Hard et plusieurs acteurs sont également utilisés dans les deux longs-métrages. Ensuite, le ton général employé, avec notamment une certaine tendance à outrer les caractères, est commun aux deux œuvres, même si c’est clairement au désavantage de Ricochet.

Pas de place pour la nuance dans Ricochet

Effectivement, le long-métrage est typique des dérives progressives des productions Joel Silver par leur propension à exagérer toutes les situations pour livrer des œuvres paroxystiques en matière d’action. Avec Russell Mulcahy aux commandes, Ricochet se hisse quasiment au niveau d’un grand film bis tant il semble dénué du moindre filtre, que ce soit dans la caractérisation grossière des personnages ou dans l’action démesurée.

Ici, Denzel Washington incarne le modèle de la réussite à l’américaine. Il parvient à s’élever dans la société par son talent, sa sympathie, son implication dans la vie de sa communauté et sa spiritualité (son père est pasteur). Le personnage serait presque une tête à claques tant il s’avère parfait sur tous les plans. Heureusement qu’il est incarné par Denzel Washington qui demeure sympathique et pas trop horripilant. Face à lui, John Lithgow incarne une fois de plus un méchant absolument odieux, implacable et sans cœur. Exit toute forme de nuance dans ce combat binaire entre le bien et le mal.

De l’art de l’exagération et de la boursouflure

Finalement, ce qui parvient à rendre la projection supportable vient des dérapages bis constants occasionnés par un Russell Mulcahy qui ne semble plus rien avoir à perdre depuis l’échec cinglant de son Highlander, le retour (1991). Tout d’abord, le célèbre clippeur use et abuse pour notre plus grand plaisir d’une caméra virtuose qui balaye les décors dans tous les sens possibles. A l’aide de grues, de travellings époustouflants et de panoramiques dingues, Mulcahy tente tant bien que mal de combler le vide sidéral du script par une maestria visuelle de chaque instant. Toutefois, le cinéaste n’est pas non plus à l’abri des fautes de goût. On apprécie moyennement la scène parodique dans la prison où les taulards organisent un combat au sabre qui reprend plan par plan celui de Highlander. Même reproche avec le final grandiloquent au sommet d’une tour où tout est tellement exagéré que cela en devient ridicule.

Mais ce qui rend le film plus étonnant encore vient de son extrême violence, avec des morts systématiquement sanglantes, des plans gore assez surréalistes dans un genre comme celui du thriller, ainsi qu’une séquence de sexe assez osée. On notera aussi une évocation à peine voilée de la pédophilie et le caractère ambigu du personnage joué par John Lithgow, accompagné d’un mignon. Son homosexualité refoulée est suggérée à plusieurs reprises – et apparemment ce caractère devait être plus explicite dans des séquences coupées au montage.

Du cinéma bis décomplexé

Si l’on regarde donc Ricochet comme un thriller classique, il peut aisément être rangé dans la catégorie des nanars improbables. Par contre, si on l’aborde avec les yeux d’un bisseux comme un des derniers représentants de ces polars urbains teigneux des années 80, tendance Charles Bronson, on peut lui trouver des circonstances atténuantes et même lui trouver un certain charme, d’autant que la réalisation est nettement supérieure à tout ce qui se faisait dans le genre en ce début des années 90 peu porteur.

Cette proposition d’un polar très violent et déglingué n’a pas vraiment obtenu l’aval du grand public de l’époque. Avec 21, 7 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, Ricochet a déçu les attentes de ses producteurs et n’a rien fait pour mener Denzel Washington au sommet (ce qui sera fait l’année suivante avec Malcolm X, L’affaire Pélican et Philadelphia). En France, le résultat est encore plus catastrophique avec seulement 132 174 curieux sur l’ensemble du territoire national. A Paris, le film n’est entré qu’à la 11ème place la semaine de sa sortie sur une combinaison de 18 salles. Un désaveu qui va pousser Russell Mulcahy à tourner Blue Ice (1992) avec Michael Caine qui sera un DTV sur de très nombreux territoires.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 19 février 1992

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Ricochet, l'affiche

© 1991 Silver Pictures / Affiche : Gayot & Gayot (agence). Tous droits réservés.

Box-office :

Sorti en France le 19 février 1992 par Metropolitan FilmExport, Ricochet était la deuxième plus grosse sortie hebdomadaire sur Paris-Périphérie, avec 17 écrans contre 28 pour le Betty de Claude Chabrol.

Logiquement, Ricochet atterrit derrière pour son premier jour, avec 3 431 entrées contre 6 395 pour Marie Trintignant en Betty. Toutefois, l’on remarquera que Denzel Washington est doublé par Charlotte Gainsbourg dans Amoureuse de Jacques Doillon, qui réalise 3 705 entrées dans 12 cinémas. Mauvais signe? Carrément.

Avant de faire une carrière solide en VHS, Ricochet sera un bel échec dans les cinémas français, réalisant un pur score de série B. Le film se hisse en 11e place pour sa première sortie hebdo, alors que dominent des continuations comme Le bal des casse-pieds, JFK, Ombres et Brouillards, L’amant… Les 29 935 adeptes d’un cinéma bis plutôt stylé se sont répartis dans 7 salles en intra muros (UGC Normandie, Forum Orient Express, le Paramount Opéra, l’UGC Montparnasse, l’UGC Convention, le Rex, l’UGC Gobelins), les 11 autres écrans étant situés en banlieue.

En 2e semaine, le thriller circule dans 13 cinémas pour 15 524 spectateurs et une 15e place arrachée de justesse. Mulcalhy voit son film passer à 8 écrans la semaine suivante pour 8 760 balles perdues. Six salles en 3e semaine (3 688)… Une ultime semaine d’exploitation lui est accordée sur la capitale, avec 3 écrans et 2 900 spectateurs. Outre le George V, les écrans de fin de vie qu’étaient le Paris Ciné et le Hollywood Boulevard lui faisaient honneur.

Le film dépasse dès lors les 60 000 entrées sur P.P. de justesse

Frédéric Mignard

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Bande-annonce de Ricochet (VO)

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