Relic : la critique du film (2020)

Epouvante-horreur, Drame | 1h29min
Note de la rédaction :
7/10
7
Relic, l'affiche

  • Réalisateur : Natalie Erika James
  • Acteurs : Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote
  • Date de sortie: 07 Oct 2020
  • Nationalité : Australien, Américain
  • Titre original : Relic
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Christian White, Natalie Erika James
  • Directeur de la photographie : Charlie Sarroff
  • Compositeur : Brian Reitzell
  • Société(s) de production : AGBO, Carver Films, Film Victoria
  • Distributeur (1ère sortie) : Star Invest Films
  • Éditeur(s) vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-périphérie :
  • Box-office nord-américain 1,047,083 $ (sortie limitée)
  • Budget :
  • Rentabilité :
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son :
  • Festivals et récompenses : Présenté en compétition à L'Étrange Festival 2020, 26e édition du festival
  • Illustrateur / Création graphique : Inconnu
  • Crédits : 2020 Star Invest Films France
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 4/5]

Film d’auteur d’une lenteur étudiée, Relic propose de nous plonger dans un univers mental anxiogène travaillé par la décrépitude et la finitude de tout être humain. Troublant et dérangeant.

Synopsis : Lorsqu’Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d’Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu’une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment…

Une histoire familiale intime

Critique : Ce tout premier long-métrage de la réalisatrice australienne Natalie Erika James est né d’une histoire intime. Effectivement, la jeune femme n’a cessé de repousser une visite à sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer et lorsque celle-ci s’est finalement décidée, il était trop tard. Désormais perdue dans les limbes, sa grand-mère n’a pas pu la reconnaître. Drame assez commun pour tous ceux qui sont confrontés à cette terrible maladie. De cette mauvaise conscience est né le script plutôt étrange de Relic.

Relic, photo d'exploitation 1

Copyright 2020 Star Invest Films France. Tous droits réservés.

Il est tout d’abord important de signaler que si le long-métrage est rangé dans la case du film d’horreur, il s’agit bien davantage d’une étude psychologique sur la perte progressive des repères, mais aussi sur l’inévitable dégradation mentale et physique liée à la vieillesse. Ceux qui cherchent donc une œuvre facile qui déballerait l’arsenal classique des jump scares peuvent passer leur chemin car Relic est un film lent qui se mérite. On peut d’ailleurs aisément le comparer à la nouvelle vague de films ambitieux dégainés par des réalisateurs comme Ari Aster (Hérédité, Midsommar) et Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse).

Une plongée dans l’horreur de la déliquescence mentale

Il faut donc du temps à la réalisatrice pour poser les bases d’une intrigue qui confronte une mère et sa fille au basculement de leur aînée dans la folie et la sénilité. Toutefois, dès les premiers instants, Natalie Erika James crée une atmosphère anxiogène en utilisant davantage le son que l’image. Elle s’évertue à rendre vivante cette maison de campagne en multipliant les petits bruits étranges, les respirations et autres craquements qui ne semblent pas naturels. Dès lors, l’exploration de la moindre pièce crée une angoisse sourde chez le spectateur, parfois jusqu’au point de rupture puisque les événements tardent un peu à se préciser.

D’une lenteur hypnotique, Relic entend bouleverser les repères des spectateurs en les plongeant dans l’esprit tortueux d’une femme malade. Il suffit parfois d’un simple effet panoramique pour susciter l’angoisse, notamment lorsque l’espace visualisé ne semble pas correspondre à ce que l’on a perçu précédemment. Peu à peu, la maison devient la matérialisation du cerveau dérangé de la vieille dame, emprisonnant avec elle les êtres aimés qu’elle assimile désormais à des intrus.

Confrontez-vous à votre propre finitude !

Quelque peu ennuyeux au bout d’une quarantaine de minutes où l’on se demande où va la réalisatrice, Relic reprend de plus belle lors de sa dernière demi-heure, bien plus enthousiasmante. Ne cherchant plus d’explication rationnelle à ce qu’elle nous montre, elle jette ses personnages au cœur d’un espace mouvant en perpétuelle mutation. Si le film ne peut être qualifié d’intellectuel, il redéfinit par contre la notion d’espace mental à l’écran.

Nous déambulons ainsi au sein d’un esprit rongé par la maladie et la déliquescence. Au lieu de succomber aux sirènes du spectaculaire, Natalie Erika James termine son métrage par une séquence étonnante et puissamment dérangeante qui mêle à la fois poésie macabre, amour fou et images répugnantes. Elle contraint ainsi le spectateur à affronter ses peurs les plus intimes, à savoir celle de notre propre décrépitude et de notre finitude. La séquence choc (et paradoxalement douce et apaisée en même temps) risque de nous trotter longtemps en mémoire.

Porté par des actrices impliquées et une réalisation sobre, mais assez efficace dans sa création d’une atmosphère anxiogène, Relic est donc une œuvre ambitieuse à découvrir pour tous ceux qui aiment les univers torturés qui tendent au spectateur un miroir peu flatteur sur sa condition humaine, trop humaine.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 7 octobre 2020

Relic, l'affiche

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