Ratched : la critique de la saison 1 (2020)

Thriller, Comédie horrifique | 8 X 50 min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Ratched, avec Sarah Paulson, un évènement Netflix

  • Acteurs : Sharon Stone, Judy Davis, Sophie Okonedo, Amanda Plummer, Sarah Paulson, Cynthia Nixon, Finn Wittrock
  • Date de sortie: 18 Sep 2020
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Ratched
  • Réalisateurs : Ryan Murphy, Michael Uppendahl, Nelson Cragg, Jennifer Lynch, Daniel Minahan, Jessica Yu
  • Scénaristes : Ian Brennan, Ken Kesey, Jennifer Salt, Ryan Murphy (développé par), Evan Romansky (créée par)
  • Compositeurs : Mac Quayle
  • Studios : Fox 21 Television Studios, Furthur Films, Lighthouse Management & Media, Ryan Murphy Productions, Touchstone Television
  • Plateforme de diffusion : Netflix
  • Première diffusion : A partir du 18 septembre 2020
  • Nombre de saisons : Saison 1 sur 2
  • Crédit photo Ratched - Photos : Saeed Adyani / Netflix © 2020
Note des spectateurs :
[Total : 2   Moyenne : 3.5/5]

Ratched pose les bases d’une série qui a tous les éléments pour devenir addictive. L’humour bitchy, le gore et le trash sont au rendez-vous. Pas de doute, Ryan Murphy a encore frappé… Une renaissance : Sharon Stone…

Synopsis : Ratched est une série dramatique à suspense qui raconte l’origine de l’histoire de l’infirmière psychiatrique Mildred Ratched. Celle-ci arrive en 1947 en Californie du Nord en quête d’un emploi dans un hôpital psychiatrique de pointe où sont menées des expériences pionnières et troublantes sur l’esprit humain. En mission clandestine, Mildred se présente sous les traits idéaux de l’infirmière dévouée, mais la mécanique est en marche. Tandis qu’elle commence à infiltrer le système de soins psychiatrique et à découvrir ses différents protagonistes, son style masque une méchanceté grandissante qui couve depuis longtemps, révélant qu’on ne naît pas monstre, mais qu’on le devient.

Sarah Paulson, formidable Ratched

RATCHED Cr. SAEED ADYANI/NETFLIX © 2020

Critique :  Ratched aurait pu être une nouvelle saison de l’intarissable série American Horror Story, puisque la thématique, l’esthétique, les rebondissements scénaristiques et les perversions décrites ont le goût de la franchise télévisuelle macabre et outrageuse de Ryan Murphy. Mais voilà, la saison 2 avait déjà posé ses caméras tordues dans l’environnement déglingué d’un asile d’aliénés, et avec quel succès ! Elle demeure à ce jour la meilleure de la dizaine de saisons dévoilée à ce jour en France.

Ratched, une série qui joue du chapeau

Peu importe. En se basant sur l’idée d’un jeune scénariste de 20 ans, Evan Romansky, Ryan Murphy et son compère Ian Brennan (Glee, Scream Queens, The Politician, Hollywood) s’amusent à réinventer une mythologie autour d’un hôpital psychiatrique où la démence affecte autant les patients que le personnel et le directeur, qui dissimulent des secrets parfois effroyables et un goût certain de la torture, mais toujours avec une ambiguïté quant à leurs motivations. Exit le prequel de Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman :  de l’inspiration du personnage éponyme de Ratched, l’infirmière du classique, on n’en retrouve qu’un prétexte pour un show qui ne partage pas vraiment l’ambiance de son illustre source d’inspiration. L’esthétique n’est effectivement pas celle d’une production des années 70, avec une réalisation clairement démonstrative dans ses talents, foisonnante d’idées, de décors hors du commun. L’image est manifestement au centre de toutes les attentions, avec le glamour étincelant d’une HD luxuriante qui magnifie chaque plan tarabiscoté d’une série où photographie, colorimétrie, et décors forcent l’admiration créative. Le show divinement dérangé est surtout esthétiquement magnifique.

Sharon Stone est Lenore Osgood dans Ratched

Photo : Saeed Adyani / NETFLIX © 2020

Renaissance d’une ancienne gloire, Sharon Stone

Démarrant de façon dérangeante avec le meurtre tranchant de prêtres, Ratched ose les horreurs, mais avec classe et délicatesse, même quand il s’agit de pratiquer les pires ignominies. Le créateur de Nip/Tuck a toujours aspiré à exalter la violence la plus monstrueuse avec la délicatesse d’une fée. Une constance qui n’échappera nullement à ce spectacle de délicatesse ouatée, où le personnage en apesanteur jouée par Sarah Paulson incarne toute la dichotomie du créateur, entre puits de perversion et ange de bienveillance, qualifié ici de miséricordieux à plusieurs reprises. Le mot a son importance, c’est en fait tout le sujet de cette œuvre franchement tordue où pédophilie, inceste, ou matricide sont évoqués dans un univers qui emprunte parfois à Lynch et beaucoup à la matrice radicale de la grande prêtresse sadique et autoritaire qui jalonne les productions culte des spectateurs gays. D’ailleurs, fidèle à ses talents d’accoucheur de secondes chances de gloires fripées, Ryan Murphy fait renaître Sharon Stone, en mère monstrueuse qui semble avoir plus de sentiment pour son singe que pour son fils sadique. L’icône de Basic Instinct a vieilli avec classe et beauté, et demeure un parangon de perversité élégante à l’écran. Elle est purement jubilatoire. Castratrice jusqu’à avoir symboliquement fait disparaître tous les membres de son fils démoniaque, elle reprend là où Kathy Bates, Jessica Lange et Angela Bassett nous avaient laissés, dans l’euphorie des rôles grandiloquents, à la folie et aux dialogues ciselés dans l’humour garce.

Des épisodes inégaux entre jubilation et déception

En huit épisodes et la promesse d’une seconde saison déjà commandée, Ratched a l’avantage de commencer très fort sur une moitié d’épisodes avant de subir un vrai coup de mou. Covidé, le montage devient en cours de route moins percutant. La truculence qui a fait la griffe du show s’émousse et il faut attendre les deux derniers épisodes pour retrouver un peu de prestance et ce retour exalté à la démence assumée. Entre-temps les personnages secondaires se sont multipliés et beaucoup n’ont pas le traitement qu’ils méritent dans ce puzzle mental qui joue avec les nerfs.

Peu éloigné de l’univers parfois clinquant d’American Horror Story, Ratched pose les bases pour une série au potentiel certain, à condition de savoir tenir le rythme, ce qui n’a pas toujours été une évidence ici, alors que la série ne comptait que 8 épisodes. La patte obsessionnel de Ryan Murphy ne nous surprend plus, mais au moins captive encore. On attend donc la saison 2.

Critique de Frédéric Mignard

Ratched, avec Sarah Paulson, un évènement Netflix

© Netflix

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Ratched, avec Sarah Paulson, un évènement Netflix

Bande-annonce de Ratched

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