Monsieur La Souris : la critique du film (1942)

Policier | 1h46min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Monsieur La Souris, l'affiche

  • Réalisateur : Georges Lacombe
  • Acteurs : Raimu, Micheline Francey, Aimé Clariond, René Bergeron, Paul Amiot, Charles Granval, Raymond Aimos, Gilbert Gil
  • Date de sortie: 14 Oct 1942
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Monsieur La Souris
  • Titres alternatifs : Midnight in Paris (USA) / Der Pechvogel (Allemagne) / El misterio del automóvil (Espagne) / Montmartre-Mysteriet (Danemark)
  • Année de production : 1942
  • Scénariste(s) : Marcel Achard, d'après le roman de Georges Simenon
  • Directeur de la photographie : Victor Arménise
  • Compositeur : Georges Auric
  • Société(s) de production : Films Roger Richebé
  • Distributeur (1ère sortie) : Sirius
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : René Château Vidéo (VHS, 1990) / Cinetrove International (Blu-ray américain, 2019)
  • Date de sortie vidéo : 1990 (VHS) / 2019 (blu-ray import)
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Budget : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.37 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Affiche 1942 : © Bernard Lancy
  • Crédits : © 1942 Les Films Richebé
Note des spectateurs :

Adapté de Simenon, Monsieur La Souris développe une histoire assez peu intéressante sauvée par l’abattage de Raimu en mode cabotin. La réalisation assez terne de Georges Lacombe ne relève pas vraiment le niveau d’un film sympathique, mais dispensable.

Synopsis : Antonin Ramatuel, devenu clochard à la suite d’une déception amoureuse, connu sous le nom de « Monsieur La Souris », joue occasionnellement au portier devant le cabaret parisien Le Gai Moulin. Un soir, il ouvre la portière d’une voiture stationnée non loin de l’entrée : son conducteur en tombe mort…

Raimu, le choix de l’indépendance

Critique : En 1942, la France est marquée par l’Occupation allemande et une large partie de la production nationale est contrôlée par les nazis. Le studio Continental met ainsi sur pied plusieurs longs-métrages dès 1941 et parmi eux, on compte notamment Les inconnus dans la maison (Decoin, 1942), une adaptation d’un roman de Georges Simenon dans lequel joue Raimu. Si le film connaît un joli succès dans les salles, il déclenche toutefois une polémique par certaines tirades qui sont jugées anti-françaises.

Monsieur La Souris, jaquette blu-ray

© 2019 Cinetrove International. Tous droits réservés.

A partir de là, la star Raimu décide de se désolidariser de la firme Continental et va s’évertuer à rejeter toutes leurs demandes, prétextant qu’il est engagé sur d’autres films produits notamment par Roger Richebé. Ainsi, Raimu retrouve une fois de plus l’univers de Simenon, mais cette fois-ci pour le compte des Films Roger Richebé, société de production française indépendante, même si sous contrôle.

Un polar à l’intrigue assez mal fagotée

Cette fois, le roman Monsieur La Souris paru en 1938 est adapté par le dramaturge Marcel Achard qui y injecte une bonne dose d’humour par le biais de dialogues truculents. La réalisation est confiée à Georges Lacombe qui venait lui aussi de tourner un film (Le dernier des six, 1941) pour la Continental. Il est d’ailleurs assisté par un certain Gilles Grangier qui deviendra par la suite un fidèle complice de l’acteur Jean Gabin.

Monsieur La Souris s’inscrit tout d’abord dans un pur cinéma de divertissement dont les foules avaient bien besoin en période d’Occupation. Entièrement centré sur sa star, l’excellent Raimu, le long-métrage sert la soupe à son acteur en lui proposant d’interpréter un clochard bien plus malin qu’il n’en a l’air. Ce représentant du petit peuple va ainsi être confronté à la société aristocratique à travers une intrigue policière tortueuse, entièrement fondée sur une fausse piste. L’histoire n’est d’ailleurs pas franchement le point fort du film puisqu’elle sert surtout de prétexte pour décrire une haute société gangrenée par l’argent et l’affairisme.

Quand les élites se délitent

Cette critique se retrouvait alors fréquemment dans l’œuvre de Simenon, mais elle résonne encore plus à l’époque de la réalisation du long-métrage. En cela, le film diffère assez peu des œuvres tournées par la Continental dans son discours très critique envers une certaine société issue de la IIIe République et du parlementarisme. Si les attaques sont moins directes que dans d’autres œuvres de la période, on retrouve toutefois cette atmosphère de défiance envers les élites mondialisées qui irrigue une partie de la production nationale.

Cela passe plutôt bien aujourd’hui car les dialogues de Marcel Achard ont surtout misé sur la truculence et la bonhomie du personnage principal. Et de fait, Raimu est bien la raison principale qui peut pousser le spectateur contemporain à regarder ce film passablement vieillot dans son propos et sa réalisation impersonnelle. Les autres acteurs, pour la plupart des grands noms du théâtre ou des habituels seconds rôles, s’effacent devant la star qui se livre à une prestation gargantuesque, avec force effets de manche.

De l’art du cabotinage !

Tout ceci est franchement daté et finalement assez peu passionnant à cause d’une histoire policière quelconque et d’une réalisation très classique, pour ne pas dire académique. Reste donc à admirer le numéro d’un acteur en mode cabotin et c’est finalement tout ce qu’il reste de ce Monsieur La Souris de nos jours. Apparemment, le film a connu un certain succès à sa sortie, porté par la popularité de Raimu et le manque de nouveautés en l’absence de films américains.

Depuis, le film a connu une édition VHS chez René Chateau Vidéo, mais demeure largement sous-exploité sur support physique. A noter toutefois l’existence d’un blu-ray américain édité par Cinetrove International depuis 2019.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 14 octobre 1942

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Monsieur La Souris, l'affiche

© 1942 Les Films Richebé / Affiche : © Bernard Lancy. Tous droits réservés.

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