Mon chien Stupide : la critique du film (2019)

Comédie, Comédie dramatique | 1h46min
Note de la rédaction :
7/10
7
Mon Chien Stupide, affiche du film d'Yvan Attal

  • Réalisateur : Yvan Attal
  • Acteurs : Pascale Arbillot, Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal
  • Date de sortie: 30 Oct 2019
  • Nationalité : Français
  • Scénaristes :
  • Distributeur : StudioCanal
  • Éditeur vidéo : StudioCanal
  • Date de sortie vidéo : 4 mars 2020
  • Box-office France / Paris-Périphérie : : 514 753 entrées / 119 512 entrées
  • Classification : Tous publics
  • Festival : Festival du Film d'Angoulême 2019 (film d'ouverture)
Note des spectateurs :
[Total : 3   Moyenne : 1.3/5]

Mon chien Stupide est une tragi-comédie sur l’usure du couple et la crise de la cinquantaine, éclairée par la présence de Charlotte Gainsbourg dont la photogénie ne se dément pas.

Synopsis : Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer.

 

Yvan Attal dans Mon chien est stupide

Thérapie de couple

Critique : Ma femme est une actrice en 2001, Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants deux ans plus tard. Yvan Attal, quand il passe derrière la caméra, se passionne assurément pour le couple et ses tourments. Mais quel couple ? Celui qu’il forme depuis plus de vingt-cinq ans avec Charlotte Gainsbourg et qu’il ne cesse de mettre en scène ou les couples en général ?  Si depuis presque vingt ans, il surfe habilement autour de leur vie privée (et ce d’autant plus que Ben, leur fils aîné, figure également au casting) entre fausses pistes et révélations rhabillées par la fiction pour un jeu certes risqué mais exaltant, il avoue aussi ne pouvoir envisager de tourner un tel sujet sans celle qui partage sa vie. Et c’est tant mieux ! Le jeu de Charlotte Gainsbourg, aussi convaincante dans la détresse que dans la colère ainsi que l’évidente complicité qui la lie à son compagnon de vie et d’écran font oublier les faiblesses d’un scénario inégal.

Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg dans Mon chien est stupide

Famille, fais-moi mal !

Cette troisième version du couple cinématographique Yvan/Charlotte devenus Henri/Cécile s’est installée dans la routine habituelle de ceux qui vivent ensemble depuis longtemps. Leurs enfants, jeunes adultes, vivent encore chez eux. Henri, (Yvan Attal) écrivain raté, qui a connu un seul succès il y a vingt-cinq ans et n’a jamais réussi à renouveler l’exploit, glisse peu à peu sur la pente de l’aigreur et tient sa famille énergivore pour responsable de son impuissance à mener une vie intellectuellement mais aussi financièrement plus riche. Bref, il les accuse de tous ses maux. Prenant le contrepied d’un cinéma qui privilégie les héros positifs, Attal fait de son personnage un être paresseux, arrogant et égocentrique. C’est du moins comme ça que Cécile (Charlotte Gainsbourg), son épouse, le décrit, elle qui a sacrifié une carrière brillante pour élever les enfants et s’occuper de la maison. Aujourd’hui, elle noie le vide affectif de sa vie dans l’alcool et les anti-dépresseurs. Ils en sont là de leur mal-être quand débarque de nulle part un gros chien pas vraiment sympathique. Il sent mauvais, il bave, il envahit le canapé du salon et il assouvit ses pulsions sexuelles sur tous les éléments masculins qu’il rencontre. Pourtant, Henri, contre l’avis de tous, le garde et le prénomme Stupide.

Mon chien Stupide, un bouquin, un film, mais surtout un chien

Adapté du roman de John Fante, perdu entre dialogues imprécis et carambolage d’idées, le récit se fait d’abord confus. L’irruption de cet animal brutal fait craindre une suite dépourvue de finesse. C’est pourtant par lui que survient l’embellie. Détournant la colère des uns et la rancœur des autres, Stupide autorise chacun à imaginer sa vie sous un autre angle et accorde, au passage, vivacité et cohérence à un scénario qui trouve finalement son équilibre entre la légèreté du sujet et la gravité qu’il contient.

Yvan Attal dans Mon chien est stupideAvec une cruauté qui fera grincer des dents les ardents défenseurs de la famille dans sa version la plus socialement correcte s’exposent sans filtre dépression, solitude, poids des enfants, haine du conjoint et perte de libido, conséquences d’une vie conjugale à bout de souffle. Une ironie certes mordante mais libératrice aère une atmosphère qui aurait pu se faire oppressante. Car le but de ce drame existentiel aux accents de comédie, niché au cœur d’une maison de bois et de lumière chaude dans un endroit paradisiaque de la côte basque, est de s’amuser à détricoter, entre cynisme jubilatoire et sincérité pudique, le mythe de la sacro-sainte famille. Et Yvan Attal et ses comédiens, dont la toujours pétillante Pascale Arbillot, y parviennent plutôt bien.

Critique : Claudine Levanneur 

 

Les sorties de la semaine du 30 octobre 2019

 

Mon Chien Stupide, affiche du film d'Yvan Attal

© Same Player, Montauk Films, StudioCanal

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