Max et les ferrailleurs : la critique du film (1971)

Drame, Policier | 1h52min
Note de la rédaction :
8,5/10
8,5
Max et les ferrailleurs, l'affiche

  • Réalisateur : Claude Sautet
  • Acteurs : Romy Schneider, Michel Piccoli, Bernard Fresson, Georges Wilson, François Périer
  • Date de sortie: 17 Fév 1971
  • Nationalité : Français, Italien
  • Scénario : Claude Néron, Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie d'après le roman éponyme de Claude Néron
  • Musique : Philippe Sarde
  • Distributeur : CFDC-Sirius-UGC-Pathé
  • Éditeur vidéo (DVD) : StudioCanal
  • Sortie vidéo (DVD) : Le 20 octobre 2009
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 901 451 entrées / 595 746 entrées
  • Box-office Allemagne : 2 100 000 entrées
Note des spectateurs :
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Polar d’une noirceur absolue, Max et les ferrailleurs s’impose comme une œuvre profonde décrivant les mécanismes de la manipulation avec une froideur calculatrice effrayante. Un des meilleurs Sautet.

Synopsis : Un policier décide d’arrêter une bande de malfrats amateurs. Il leur tend un piège afin de pouvoir les surprendre en flagrant délit.

Le versant sombre de Claude Sautet

Critique : Alors qu’il est en pleine préparation des Choses de la vie (1970), Claude Sautet travaille déjà à l’adaptation du roman Max et les ferrailleurs de Claude Néron paru en 1968. Il envisage tout d’abord de confier le rôle féminin à Marlène Jobert, mais celle-ci refuse la proposition. Dès lors, Romy Schneider se dit intéressée par ce rôle d’une prostituée qui lui permettrait de casser un peu plus son image. A partir de là, Sautet et Néron étoffent ce personnage et optent pour Michel Piccoli dans le rôle de Max, afin de reconstituer le couple des Choses de la vie, mais cette fois dans un univers bien plus sombre.

Effectivement, avec ce long-métrage, Sautet retrouve un univers de polar qu’il a déjà abordé au début de sa carrière, mais en l’agrémentant ici d’une réflexion sur l’idéalisme froid des théoriciens en tout genre. Dans le livre de Michel Boujut intitulé Conversations avec Claude Sautet, le réalisateur déclare à propos du personnage de Max : « Je le voyais même comme une sorte de métaphore du comportement stalinien, une parabole sur l’attitude des hommes politiques, des théoriciens et de tous ceux qui aspirent à des responsabilités importantes » (page 88).

Michel Piccoli glaçant, Romy Schneider rayonnante

Il fallait oser construire l’intégralité d’un long-métrage autour d’un personnage aussi froid et calculateur que celui de Max. Ancien juge devenu policier, Max se fait une haute idée de la justice, mais au lieu de chercher à sauver son prochain, il monte des stratagèmes élaborés pour pousser les criminels à la faute. L’intrigue tourne autour de cette machination machiavélique montée de toute pièce par ce flic pervers et retors afin de piéger un petit groupe de malfrats à la petite semaine. Dominé par l’interprétation glaçante de Michel Piccoli, le film est tout aussi froid et rigoureux que son personnage principal.

La prostituée incarnée par la lumineuse Romy Schneider s’avère être le seul personnage vraiment sympathique du film. Certes, elle se révélera être une femme fatale malgré elle, mais ses intentions demeurent globalement pures, contrairement à l’ensemble des protagonistes. L’opposition entre la pute sincère et le flic froid fait tout le sel de ce long-métrage très sombre dans sa description des rapports humains. Sorte de Robespierre entièrement dévoué à son idéologie au détriment de toute vie privée, Max est un monstre qui connaît toutefois une ultime rédemption grâce à l’amour.

Un modèle de construction narrative

Réalisé avec un talent fou, écrit avec une science imparable de la narration, monté avec précision et magnifiquement éclairé par René Mathelin, Max et les ferrailleurs bénéficie également d’un casting de seconds rôles magnifiques. Que ce soit Bernard Fresson, François Périer, Georges Wilson ou encore Philippe Léotard dont ce fut l’une des premières apparitions à l’écran, tous contribuent à l’excellence du film. Il faut également ajouter l’apport discret, mais efficace de Philippe Sarde dont le thème musical reste en tête.

Sorti en février 1971, le film a tout de même attiré près de 2 millions de spectateurs en France. Le score est moindre par rapport à celui des Choses de la vie, ce qui n’est pas tellement étonnant au vu de la noirceur du long-métrage. Claude Sautet, de son côté, considérait qu’il s’agissait de son meilleur film, ou du moins de celui qui se rapprochait le plus de sa volonté artistique initiale. Il compte assurément parmi ses meilleures œuvres en nous plongeant dans la noirceur de l’âme humaine.

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Critique : Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 17 février 1971

Max et les ferrailleurs, l'affiche

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Max et les ferrailleurs, l'affiche

Bande-annonce de Max et les ferrailleurs

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