Lucy : la critique du film de Luc Besson (2014)

Thriller, Science-fiction | 1h29min
Note de la rédaction :
8/10
8
Affiche de Lucy de Luc Besson

  • Réalisateur : Luc Besson
  • Acteurs : Scarlett Johansson, Frédéric Chau, Claire Tran, Morgan Freeman
  • Date de sortie: 06 Août 2014
  • Année de production : 2014
  • Nationalité : Français, Américain
  • Titre original : Lucy
  • Titres alternatifs :
  • Acteurs : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min-Sik, Amr Waked, Julian Rhind-Tutt, Pilou Asbaek
  • Scénaristes : Luc Besson
  • D'après une oeuvre de :
  • Monteur : Julien Rey
  • Directeur de la photographie : Thierry Arbogast
  • Compositeur : Eric Serra
  • Chef Maquilleur :
  • Chef décorateur : Hugues Tissandier
  • Directeur artistique :
  • Producteurs : Luc Besson, Christophe Lambert
  • Producteurs exécutifs :
  • Sociétés de production : Europa Corp, TF1 Films Production
  • Distributeur : EuropaCorp Distribution
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget : 40 000 000 eurs
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 5 203 960 entrées / 1 091 949 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 126 573 960 $ / 336 696 463 $
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (DCP) / Dolby Digital
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Photos : © Jessica Forde Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Europa Corp, TF1 Films Production, Grive Productions. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : François Hassan Guerrar, Mélody Benistant
  • Tagline : On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Elle est à 100%.
Note des spectateurs :

Lucy de Luc Besson est un divertissement aussi grotesque que décomplexé, finalement totalement extatique, numéro 1 au box-office.

Synopsis : A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Critique :  Tout ce qui tourne autour de Luc Besson sombrerait aujourd’hui dans le cliché.
- Cliché 1 : Besson : l’homme qui aime les femmes, avec toutes ces personnalités féminines fortes qui s’accaparent les premiers rôles de ses productions bourrins.
- Cliché 2 : Besson le mal-aimé oeuvre pour le grand public et non pour la critique qui le lui rend bien, d’où une suspicion infernale de la part du service presse, qui de façon désagréable nous a répondu par un persona non grata lors de notre intérêt pour découvrir le film en projection.
- Cliché 3 : Besson détruit désormais toutes ses bébés par un humour frustre, notamment avec une vilaine façon de dépeindre la police française, qui semble toujours issue d’une comédie franchouillarde des années 70. Chez un auteur, ajouter des éléments de bis à la Paul Préboist, c’est sûr que cela n’engendre pas la clémence.
- Cliché 4 : Besson est avant tout un homme d’affaires opportuniste et désormais, ses productions ne sont là que pour rassurer les trésoriers et les actionnaires d’EuropaCorp. La formule et le placement de produits l’emportent donc sur la raison artistique.
- Cliché 5 : Besson est la référence marketing et commerciale française aux USA, le seul à rivaliser d’une certaine manière avec les produits des studios hollywoodiens sans cervelle en baignant ses gourmandises dans des effets spéciaux et des cascades sucrés salés, forcément délicieux pour une séance pop corn calorique.

Tous ces lieux communs se mélangent évidemment comme jamais dans Lucy, que l’on pourrait rebaptiser “Besson’s Samsung-movie” et dont on nous bassine avec les excellents chiffres aux USA. Toutefois, doit-on se laisser aller à un massacre annoncé du dernier film du réalisateur de Léon et de Nikita. Pas forcément. Dès le départ, Lucy a au moins le mérite, de se bâtir sur un postulat de science-fiction frais et exaltant. Et si l’homme, enfin la femme puisque c’est la bombe Scarlett Johansson qui joue aux super-héroïnes de S.F., pouvait utiliser 100% de ses capacités mentales et cognitives, qu’en ferait-elle vraiment ? Et jusqu’où pourrait-elle aller dans un monde où l’humain est limité ?
Le film se déroule en 2 temps, la première partie pose sa toile en Asie, à Hong Kong plus précisément, pour capter l’attention des masses chinoises qui ont fait de Transformers 4 un triomphe (bref, un poncif géographique dont on aurait pu se passer). Lucy, touriste de club qui aime la fête et l’électro se retrouve embarquer dans un cauchemar de sang et de cachetons difficiles à gober. L’autre se déroule en France, pour développer un peu plus le tourisme local, notamment asiatique. Lucy, ex-touriste devenue captive de trafiquants de drogue, a réussi à se défaire de ses bourreaux et, dopée aux amphétamines qu’elle véhiculait secrètement dans le corps, essaie de donner un sens à ses nouvelles facultés mentales et sensorielles, puis à la vie sur Terre. Rien que cela…

Libéré de la honte d’un script qui échappe à toutes les difficultés d’écriture grâce aux pouvoirs insensés de son héroïne éponyme (capable de remonter le temps jusqu’aux dinosaures de notre pote Terrence Malick, celui de Tree of life), Besson s’amuse comme un môme, déployant un talent de casseur reconnu lors de scènes de courses poursuites impressionnantes dans la capitale française, et surtout pousse le bouchon du thriller 3.0, entièrement connecté et tactile sans y toucher, à son paroxysme, en le rattachant à un trip philosophique qui vire au grand n’importe quoi. Loin de toute religion rébarbative et d’ésotérisme “new-age”, Besson envisage les origines du monde et confronte notre “Lucy Johansson” internationale, aux mythes de la préhistorique Lucy, bipède de 3 millions d’années, découverte en Ethiopie dans les années 70, à la Lucy in the sky with Diamonds des Beatles sous acide.

Finalement, le divertissement d’anticipation, sorte de jumeau récréatif du Her de Spike Jonze, où Johansson incarnait déjà un O.S. métaphysique doué d’ubiquité, est surtout un audacieux blockbuster qui, à l’instar du boulot accompli sur Le Cinquième élément, confirme que Besson, avant d’être un paroissien de la formule qui fâche, est surtout un auteur sacrément barré. Alléluia.

Box-office de Lucy de Luc Besson :

Avec 469M$ dans le monde, Lucy est le plus gros succès de Luc Besson dans le monde. Cette production hexagonale de plus de 49M$ a engrangé plus de 43M$ lors de son week-end d’investiture aux USA pour finir sa carrière estivale à 126M$.

La Chine en fera un beau succès à 44 780 000$, juste devant la France qui, avec plus de 5M d’entrées génère 43 771 714$.

Dans le reste du monde, Scarlett Johansson assure ses arrières : l’Australie à 24M$; un Royaume-Uni à 23M$, la Russie à 21.6M$, une Allemagne à 16M$, la Corée du Sud à 15M$, une Espagne à 13M, l’Italie à 9M$… On peut dans ce contexte être déçu des 9.M$ du Japon qui aurait pu davantage se laisser aller face à ce script de science-fiction.

En France, Lucy est le 4e plus gros succès du chantre d’EuropaCorp, avec 5 199 290 entrées. La super production se classe derrière le phénomène du Grand Bleu (9 196 550, 1988), celui du 5e élément (7 705 756, 1997), et d’Arthur et les Minimoys (6 399 949, 2006).

Malheureusement, tous les bénéfices de Lucy seront engloutis dans le bide intergalactique de Valérian et la Cité des 1000 Planètes dont le budget de 197M$ accouchera de 4 millions d’entrées en France et de recettes mondiales de 225M$

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 6 aout 2014

Affiche de Lucy de Luc Besson

© Europa Corp, TF1 Films Production, Grive Productions. Tous droits réservés / All rights reserved

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