A la fois tendre et drôle, Le robot sauvage est un très joli divertissement animé qui mêle les rires et les pleurs avec une science imparable. Enfants comme adultes y trouveront leur compte.
Synopsis : Le Robot Sauvage suit l’incroyable épopée d’un robot – l’unité ROZZUM 7134 alias “Roz” – qui après avoir fait naufrage sur une île déserte doit apprendre à s’adapter à un environnement hostile en nouant petit à petit des relations avec les animaux de l’île. Elle finit par adopter le petit d’une oie, un oison, qui se retrouve orphelin.
Un robot entre de bonnes mains
Critique : En 2016, l’illustrateur Peter Brown publie à destination des 7-8 ans un ouvrage intitulé Le robot sauvage qui connaît un joli succès en librairie aux Etats-Unis, à tel point que le bouquin a été complété par deux autres volumes. Très rapidement, la firme d’animation Dreamworks en achète les droits d’adaptation et envisage donc de le transformer en un grand film d’animation. Toutefois, l’impulsion est surtout venue du réalisateur Chris Sanders qui a connu le livre grâce à sa propre fille et qui a choisi d’en faire sa priorité.

©️ 2024 DreamWorks Animation – Universal Pictures. Tous droits réservés.
Pour mémoire, le cinéaste sort d’une expérience cinématographique en live action qui n’a pas fait que des heureux (L’appel de la forêt, avec Harrison Ford et un chien numérique peu convaincant). Pour autant, le cinéaste demeure en odeur de sainteté auprès du studio Dreamworks à qui il a apporté de beaux succès comme Dragons (2010) et Les Croods (2013), par ailleurs de très bons produits animés. Chez Disney, l’homme avait également contribué au succès de Lilo et Stitch (2002), il y a de cela plus de vingt ans.
Rendez-vous en terre inconnue
Avec Le robot sauvage, Chris Sanders prouve à nouveau son importance dans le domaine de l’animation pour enfants. Le point de départ ressemble à s’y méprendre à celui de Wall-E des studios Pixar, en cela qu’il suit les mésaventures d’un robot perdu en territoire hostile, ici une île perdue au milieu de nulle part. Dépourvu de dialogues durant ses dix premières minutes, Le robot sauvage s’avère une réussite dès cette entrée en matière car le cinéaste ne cherche aucunement à anthropomorphiser les animaux rencontrés par le robot égaré.

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La première moitié du film présente même un humour assez impitoyable qui décrit la nature comme une garce vouée à la destruction des plus faibles. Une fois que le robot développe sa capacité à comprendre les animaux, l’anthropomorphisme devient plus prégnant, mais la survie demeure le centre d’intérêt principal d’animaux programmés pour cela.
Une bonne pincée de méchanceté pour une morale bienveillante
On adore cette première partie entièrement fondée sur un humour grinçant, parfois franchement méchant qui tranche avec la bienveillance généralement attachée à ce type de produit. Ici, on est plus proche d’un humour à la Kuzco, l’empereur mégalo que des niaiseries postérieures débitées à la chaine par la maison Disney. Bien entendu, cette dimension humoristique disparaît progressivement en cours de long métrage puisque le robot en question va apporter avec lui une forme de bienveillance et d’entraide qui donnera sa philosophie générale au récit.
Certes, l’ensemble devient plus mielleux en cours de film et la fameuse solidarité qui va se développer entre toutes les espèces animales relève de la pure utopie. Mais Chris Sanders a déjà conquis le spectateur avec cette jolie histoire d’un robot domestique qui prend en charge l’éducation d’un oisillon qu’il a recueilli après le décès de ses parents. Sa mission se résume à prendre soin de ce petit être fragile et condamné à disparaître pour en faire un oiseau migrateur de premier plan. Pour l’aider dans sa tâche, le robot peut également compter sur le renard Escobar qui se prend d’amitié pour le duo insolite, malgré des intentions initiales peu louables.
Préparez vos mouchoirs!
De manière habile, les auteurs font de ce robot apparemment programmé pour ne rien éprouver un être doué de raison et qui va découvrir l’amour à travers une maternité fictive. Comme le design du héros est parfaitement pensé et que tous les animaux l’entourant sont trognons, il n’en fallait pas beaucoup plus pour faire fondre les cœurs les plus tendres. Après avoir beaucoup ri dans la première partie, le spectateur pourra donc sortir les mouchoirs dans un second temps.

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A la qualité de l’écriture, il faut ajouter une excellente tenue de l’animation, ainsi qu’une esthétique chatoyante. Doté de très belles images et de personnages tous plus mignons les uns que les autres, Le robot sauvage accomplit donc sa mission de nous divertir et de nous bouleverser sans jamais prendre le spectateur pour un imbécile. Les enfants devraient être très largement conquis par cette histoire magnifique et tendre, tandis que leurs accompagnateurs adultes ne se sentiront pas exclus du spectacle.
Avec son beau démarrage au box-office américain et des premiers chiffres français encourageants, Le robot sauvage devrait connaître un beau succès dans les semaines à venir. Il le mérite clairement et devrait faire un carton pendant les vacances scolaires.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 9 octobre 2024

©️ 2024 DreamWorks Animation – Universal Pictures / Affiche : AV Print. Tous droits réservés.
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Mots clés
Dreamworks Animation, Films avec des animaux qui parlent, Les robots au cinéma, Les oiseaux au cinéma, Les renards au cinéma