Le goût de la vengeance : la critique du film (1972)

Western | 1h25min
Note de la rédaction :
5/10
5
Le goût de la vengeance, affiche du film de Mario Costa, avec Klaus Kinski

  • Réalisateur : Mario Costa
  • Acteurs : Klaus Kinski, Gabriella Giorgelli, Giuseppe Cardillo
  • Date de sortie: 09 Août 1972
  • Nationalité : italien
  • Titre original : La belva
  • Scénariste : Mario Costa
  • Directeur de la photographie : Luciano Trasatti
  • Compositeur : Stelvio Cipriani
  • Sociétés de production : Paolo Prestano, Nadir Cinematografica
  • Distribution : Les Films Jacques Leitienne
  • Crédits visuels : © Paolo Prestano, Nadir Cinematografica, Les films Jacques-Leitienne. Tous droits réservés
  • Box-office Paris-Périphérie : 69 122 / 14 062 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
Note des spectateurs :
[Total : 0   Moyenne : 0/5]

Le goût de la vengeance est un western spaghetti correct, qui vaut surtout pour son protagoniste dément, mis en lumière par le talent de Klaus Kinski.

Synopsis : Un couple de Mexicains s’allient à un pistolero afin d’enlever une riche héritière. Ils commettent l’erreur fatale d’engager Johnny Laster dans leur bande, l’homme se révélant être un authentique psychopathe.

Critique : Deuxième western et dernier film de Mario Costa, Le goût de la vengeance est bâti autour de son personnage principal. C’est ce que laissait entendre le titre original, La belva (La bête). En effet, dès la scène d’ouverture, dans laquelle Kinski tente de violer une femme, nous savons à qui nous avons affaire. L’acteur allemand, plus brun qu’à l’accoutumée, va ici incarner un maniaque sexuel incapable de contrôler ses pulsions.

Ajoutez à cela un penchant pour l’alcoolisme, l’avarice et la trahison (il n’hésite pas à descendre ses associés) et vous obtenez effectivement une bête humaine. Voilà un rôle taillé sur mesure pour Kinski, réputé pour exceller dans des rôles de personnages dérangés. Une fois de plus, l’acteur ne déçoit pas et livre une performance habitée et glaçante. Forcément, face à un tel monstre sacré, le jeu des autres acteurs semble plat. En particulier celui du second rôle masculin, Giuseppe Cardillo. Toutefois, l’Italienne Gabriella Giorgelli se révèle tout à fait convaincante et parvient à insuffler un certain charisme à son personnage.

Le goût de la vengeance est un film reposant quasi exclusivement sur la performance de son acteur principal.

Si la présence de Kinski fait indéniablement la force du long métrage, il semble en faire indirectement sa faiblesse. En effet, le gros du budget du film semble être passé dans le cachet de ce dernier. Ainsi, le métrage a été entièrement tourné dans le Lazio, et les décors manquent de crédibilité. Il n’y a, de plus, aucune scène vraiment spectaculaire dans le film. Pire encore, la musique est directement issue de la bande originale d’autres productions. Cipriani est ici crédité car la plupart des thèmes proviennent d’Un homme, un cheval, un pistolet. Mais on trouve aussi des morceaux issus de Sentence de mort et  L’homme, l’orgueil et la vengeance.

Un scénario original mais manquant un peu de consistance

Le scénario est lui aussi bâti autour de l’antihéros incarné par Kinski. D’une part, cela confère une certaine originalité au film, qui est une véritable chronique criminelle des turpitudes d’un psychopathe, chose assez inédite dans le cadre du western. Le film emprunte donc beaucoup au film noir et au giallo. Mais d’autre part, une fois la caractérisation du personnage et le nœud de l’intrigue évoqués, le scénario se contente de suivre les errances du maniaque dans le dernier tiers du film. En conséquence, cette dernière partie pâtit de nombreuses longueurs et répétitions, Kinski agressant toutes les femmes qu’il croise, sans pouvoir parvenir à ses fins. Fort heureusement, le dénouement se révèle marquant. Absolument désespéré, il évoque de façon magistrale les conséquences désastreuses que peut avoir le crime sur la vie d’un homme et de ses proches.

Le goût de la vengeance se caractérise par une réalisation trop classique

Le goût de la vengeance pourra décevoir certains amateurs de westerns car il manque de décors et de situations typiques. A ce titre, les fusillades n’apparaissent qu’à la fin du film. Elles constituent les moments les plus réussis en terme de réalisation. Malheureusement, le travail de Mario Costa se révèle beaucoup trop empreint de classicisme et manque trop d’ambition pour convaincre. La photographie de Luciano Trasatti, qui a aussi travaillé sur Et le vent apporta la violence avec le même Kinski ne parvient pas à rattraper le tout. Enfin, le montage se révèle parfois brouillon, surtout lors des scènes d’action.

En définitive, Le goût de la vengeance est est donc un film à conseiller avant tout aux fanatiques de Klaus Kinski. Avec Et le vent apporta la violence, il inaugure une série de westerns plutôt sympathiques avec l’acteur en tête d’affiche, tels On m’appelle King (1970), Priez les morts, tuez les vivants (1971) ou Black Killer (1971).

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Sorties de la semaine du 9 août 1972

 

Le goût de la vengeance, affiche du film de Mario Costa, avec Klaus Kinski

©Paolo Prestano, Nadir Cinematografica, Les films Jacques-Leitienne. Tous droits réservés

x