Le chasseur : la critique du film (1981)

Action, Biopic, Comédie | 1h37min
Note de la rédaction :
6/10
6
Le chasseur, l'affiche

  • Réalisateur : Buzz Kulik
  • Acteurs : Steve McQueen, Eli Wallach, Ben Johnson, Kathryn Harrold, LeVar Burton
  • Date de sortie: 14 Jan 1981
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : The Hunter
  • Scénaristes : Ted Leighton et Peter Hyams, d'après un roman de Christopher Keane inspiré de la vie de Ralph Thorson
  • Directeur de la photographie : Fred J. Koenekamp
  • Compositeurs : Michel Legrand (exploitation américaine) et Charles Bernstein (exploitation européenne)
  • Distributeur : CIC
  • Editeur vidéo : CIC Vidéo (VHS) / Paramount Pictures (DVD)
  • Sortie vidéo (DVD) : 2002
  • Budget : 8 M$
  • Box-office USA : 16,2 M$
  • Box-office France / Paris-périphérie : 750 728 entrées / 174 081 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 13 ans à sa sortie
  • Format : 1.85 : 1 / Son : Mono
  • Illustrateur affiche : Jean Mascii
Note des spectateurs :
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Le chasseur, dernier film avec Steve McQueen avant son tragique décès, n’est pas un chef-d’œuvre loin de là, mais demeure un divertissement sympathique grâce à un second degré bien maîtrisé et deux scènes d’action mémorables.

Synopsis : Thorson est un chasseur de primes des temps modernes qui poursuit les malfaiteurs qui s’évadent lors de leurs libertés provisoires. En revanche, il est toujours enclin à aider les repentis à reprendre leur vie en main, délaissant quelque peu sa compagne enceinte. A la poursuite du criminel Rocco Mason, les choses tournent mal…

Le chasseur ou le grand retour de Steve McQueen

Critique : Après le triomphe remporté par La tour infernale (Guillermin, 1974), la star Steve McQueen décide de faire une pause dans sa carrière. Toutefois, son retour quelques années plus tard ne se passe pas aussi bien que prévu et ses derniers films (An Enemy of the People et Tom Horn) ont été des échecs commerciaux. L’acteur semble en perte de vitesse et souhaite rebondir avec un film plus conforme aux attentes du public. Il s’intéresse alors à un rôle initialement prévu pour Lee Marvin, celui d’un certain Ralph Thorson, chasseur de primes dont la vie mouvementée a fait l’objet d’un livre. Celui-ci a par ailleurs été adapté en script par Ted Leighton et Peter Hyams (réalisateur d’Outland, entre autres).

Une fois Steve McQueen embarqué dans cette aventure, l’acteur impose un certain nombre de modifications, comme à son habitude. Ainsi, il ajoute plusieurs éléments comiques qui sont autant de clins d’œil à sa propre filmographie et impose le jeune acteur afro-américain LeVar Burton pour le seconder. On notera que lors de la préparation du film, Steve McQueen ignorait encore qu’il était atteint d’un cancer, même s’il se sentait déjà légèrement affaibli, sans savoir pourquoi. Il est d’autant plus ironique d’observer que le long-métrage qui sera malheureusement son dernier avant son décès prématuré met en scène l’acteur dans un rôle de chasseur de primes, lui qui a acquis sa célébrité grâce à un emploi similaire dans la série Au nom de la loi.

Un film testamentaire rempli de clins d’œil

Les clins d’œil ajoutés par la star renforcent un peu plus l’aspect testamentaire du long-métrage. Ainsi, McQueen fait exprès d’incarner un mauvais conducteur de voiture, lui qui était connu pour ses performances impressionnantes sur les circuits automobiles. On notera que le hasard lui fait retrouver Eli Wallach, à qui il donna la réplique dans un autre triomphe mémorable, à savoir Les sept mercenaires (Sturges, 1960). Enfin, l’absence de structure ferme du script – assurément le plus gros défaut de ce Chasseur (1980) – le rapproche d’une série télévisée, là où McQueen a fait ses armes au début de sa carrière.

Commençons effectivement par les éléments qui fâchent : le vrai Ralph Thorson s’est contenté de raconter ses diverses expériences en tant que chasseur de primes dans un bouquin qui se souciait peu de structure narrative. Le scénario la reprend « en épisodes » qui ne permettent pas de suivre une intrigue complète, mais bien des vignettes illustrant l’activité mouvementée de cet homme plutôt étrange. Le spectateur attendra donc un fil rouge qui ne viendra jamais.

De l’humour pour compenser les faiblesses du script

Le chasseur doit donc être vu comme le portrait d’un personnage hors norme, entièrement construit autour de la personnalité de Steve McQueen. Et même si cela ne fonctionne pas complètement, il faut reconnaître au cinéaste Buzz Kulik une certaine efficacité qui permet de ne jamais s’ennuyer. Sans doute conscients des limites du script à illustrer, les auteurs ont eu raison d’ajouter de nombreuses touches humoristiques qui font du spectacle un petit plaisir coupable. Jamais vraiment sérieux, Le chasseur bénéficie d’un second degré permanent qui séduit. Le réalisateur multiplie les running gags plutôt efficaces (les maladresses de McQueen au volant, le chien agressif sur le perron de sa maison, etc…) et parsème son film de quelques scènes d’action rondement menées.

On apprécie notamment la surprenante séquence de la course-poursuite dans les champs entre une voiture et une moissonneuse batteuse conduite par la star. Cette scène se termine de manière pétaradante par un gag cartoonesque du meilleur effet. Mais le gros morceau de bravoure  intervient dans la dernière demi-heure avec la poursuite dans et sur le métro aérien de Chicago. Sans doute inspiré par la séquence de French Connection (Friedkin, 1971), Buzz Kulik nous gratifie d’un petit passage d’anthologie. On notera que Steve McQueen a réalisé une grande partie de ses cascades, malgré une santé de plus en plus défaillante en cours de tournage.

Un film efficace, mais déjà démodé à sa sortie

Malgré ces quelques séquences virtuoses, la réalisation de Buzz Kulik n’est pas toujours à la hauteur du défi et les séquences dialoguées paraissent bien plus statiques et télévisuelles. Tourné au début des années 80, Le chasseur se rapproche esthétiquement des œuvres tournées au début des années 70. Son aspect démodé est d’ailleurs théorisé par les auteurs eux-mêmes puisque le personnage incarné par Steve McQueen ne cesse de déclarer qu’il est vieux et dépassé.

Mal reçu par les critiques au moment de sa sortie, Le chasseur n’est effectivement pas un chef-d’œuvre, mais s’avère être un divertissement sympathique et surtout jamais ennuyeux, porté par une star décidément très charismatique. Le film a obtenu un certain succès d’estime partout où il a été présenté, sans retrouver les hauteurs des grands triomphes passés de l’acteur.

Une sortie française posthume

On notera que McQueen a connu la sortie américaine du long-métrage, mais il était déjà décédé lorsque le film est arrivé sur les écrans français en janvier 1981. L’affiche pouvait ainsi proclamer qu’il s’agissait du « dernier film interprété par Steve McQueen ».

Le chasseur a ainsi bénéficié d’un nombre conséquent de salles 28 sur Paris-périphérie) pour sa sortie événement, mais s’est fait doubler sur Paris par Brubaker (Rosenberg) avec Robert Redford, pourtant présent dans moins de salles. Par la suite – et malgré le soutien de son distributeur CIC – le long-métrage s’est rapidement effondré, preuve d’un bouche-à-oreille plutôt défavorable. Enfin, signalons qu’il s’agit également du dernier film cinéma de Buzz Kulik qui retourna ensuite à la télévision.

Critique de  Virgile Dumez 

Les sorties de la semaine du 14 janvier 1981 

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Le chasseur, l'affiche

© 1980 Paramount Pictures / Illustrateur affiche : Jean Mascii. Tous droits réservés.

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