La troisième guerre : la critique du film (2021)

Drame | 1h30min
Note de la rédaction :
5/10
5
La Troisième guerre, affiche du film

  • Réalisateur : Giovanni Aloi
  • Acteurs : Anthony Bajon, Leïla Bekhti, Karim Leklou
  • Date de sortie: 22 Sep 2021
  • Année de production : 2019
  • Nationalité : Français
  • Titre original : La troisième guerre
  • Titres alternatifs :
  • Scénaristes : Dominique Baumard, Giovanni Aloi
  • Directeur de la photographie : Martin Rit
  • Monteur : Rémi Langlade
  • Compositeur : Frédéric Alvarez, Bruno Bellissimo
  • Producteurs : Thierry Lounas
  • Sociétés de production : Capricci, Bien ou bien productions
  • Distributeur : Capricci
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur / 5.1.
  • Festivals et récompenses : Mostra de Venise 2020 – Orizzonti Competition, Reims Polar Festival du Film Policier – Sélection Sang Neuf
  • Illustrateur / Création graphique : © Marc Lafon. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Capricci, Bien ou bien productions. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Premier long métrage sélection à Venise, en 2020, La troisième guerre ausculte les obsessions sécuritaires d’une société malade en proie à une guerre invisible avec sa propre paranoïa. Une réflexion d’actualité qui interroge, malgré ses faiblesses de premier long métrage. 

Synopsis : Léo vient juste de terminer ses classes et pour sa première affectation, il écope d’une mission Sentinelle. Le voilà arpentant les rues de la capitale, sans rien à faire sinon rester à l’affût d’une éventuelle menace…

La troisième guerre ou la menace fantôme

Critique : Réalisé par un jeune cinéaste italien qui a envie de désarmer la France, La troisième guerre inquiète. Le trio de personnages centraux (trois acteurs formidables au passage) est engagé dans une guerre de l’ubiquité face à la menace invisible. Deux hommes et une femme investis dans une mission sentinelle dans le cadre du fameux plan vigipirate qui arpente la France, en particulier la capitale, depuis les attentats que l’Hexagone a vécu dans sa chair en 2013.

Giovanni Aloi semble s’offusquer de l’omniprésence des armes dans la société. Il s’interroge intelligemment de l’endoctrinement potentiel d’une armée, menant une guerre avec l’invisible sur son propre sol. Il aborde le problème rarement évoqué chez nous de l’aliénation des soldats qui doivent laisser leurs problèmes personnels à la porte de l’institution. D’une certaine mesure, La troisième guerre ne s’interrogerait-il pas lui-même  sur l’équilibre de ceux qui s’engagent dans leur métier d’incarnation absolue, au détriment de leur propres failles, familiales, sociales ou psychologiques, qui pourraient peut-être trouver d’autres thérapies moins dangereuses chez une assistante sociale ou un psychologue? Aussi, cette troisième guerre éponyme ne serait-elle pas un conflit dirigé  contre soi-même?

La troisième guerre, photo film

© Capricci -Bien ou bien productions

CNews contre Quotidien : insécurité ou sentiment d’insécurité

Le sujet est épineux, d’autant que le film émerge lorsque la nation se déchire sur les plateaux de télévision sur les sempiternels enjeux sécuritaires et le mal-être des policiers, ainsi l’obsession victimaire, de droite et de gauche, d’une société qui voit des victimes partout.

Avec son regard extérieur, le cinéaste développe une volonté de susciter l’oppression et le malaise en nous plongeant dans une solitude de jeunes gens armés aussi paumés que nous face à la potentielle menace qui semble pourtant ne jamais se concrétiser à l’écran, quand les actes d’insécurité, eux, se produisent effectivement sous leurs yeux (vols, agressions lambda d’une ville folle). Et si donc ne représentaient-ils pas eux-mêmes une menace pour eux-mêmes et les citoyens en question ?

Sur quel plan se définit La troisième guerre ?

Giovanni Aloi aurait pu faire de son film une vulgaire série B Netflix avec refus de baisser les armes pour produire des effets, ou s’abaisser à un pamphlet gaucho ou une plaidoirie droitière. Finalement, il préfère s’adonner au cinéma d’art et essai canonique ; il signe davantage un premier long placé sous le signe des non-dits, ne situant jamais son engagement dans l’audace ni même la démonstration, malgré une ultime séquence tragique remarquable, au risque de restreindre son public et ne débattre qu’avec lui-même.

La psychologie, derrière des archétypes de la nation qui sont censés rester de marbre et ne jamais se fissurer, est le moteur fébrile de la narration anxiogène de La troisième guerre qui ne fléchit jamais face aux exigences du cinéma de genre et d’exploitation.

A défaut d’être totalement enthousiasmant, le film frappe plutôt juste, et inquiète dans ses moments de foule, de manifestations, de colère. On sent alors poindre le dérapage potentiel qui est pesant. Mais il nous reste davantage à l’esprit l’évanescence d’une ambiance qu’une réelle angoisse de cinéma de celle qui nous aurait pris aux tripes et survivrait à sa seule projection.

Victime de la crise du coronavirus, La troisième guerre a vu sa sorti repoussée à plusieurs reprises. Sa sélection à Venise (septembre 2020) et à Reims Polar (mai 2021) lui assure une sortie salle prochaine. Le film n’étant en rien infréquentable, sa réflexion mérite qu’on lui laisse une chance.

Frédéric Mignard

Sortie salle en le 22 septembre 2021

Sélection officielle Reims Polar 2021 – Section Sang Neuf

La Troisième guerre, affiche du film

Graphisme : © Marc Lafon

Reims Polar Film Festival 2021 : 38e édition Festival du Film Policier sur CinéDweller

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La Troisième guerre, affiche du film

Bande-annonce de La Troisième Guerre

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