La créature invisible : la critique du film (1973)

Epouvante, Horreur | 1h26min
Note de la rédaction :
6/10
6
La créature invisible, l'affiche

  • Réalisateur : Michael Reeves
  • Acteurs : Boris Karloff, Susan George, Catherine Lacey, Elizabeth Ercy, Ian Ogilvy, Victor Henry
  • Date de sortie: 19 Avr 1973
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : The Sorcerers
  • Titres alternatifs : Im Banne des Dr. Monserrat (Allemagne) / Los brujos (Espagne) / Il killer di Satana (Italie) / Sob o Poder da Maldade (Brésil) / Los Hechiceros (Argentine)
  • Année de production : 1967
  • Scénariste(s) : Michael Reeves, Tom Baker d'après une idée de John Burke
  • Directeur de la photographie : Stanley A. Long
  • Compositeur : Paul Ferris
  • Société(s) de production : Toby Tenser Films, Curtwel Productions, Global, Tigon British Film Productions
  • Distributeur (1ère sortie) : Etoile Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office Paris-périphérie : 6 111 entrées (4 semaines à l'affiche)
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : Prix Silver Asteroide pour Catherine Lacey au Festival de science-fiction de Trieste en 1968
  • Illustrateur / Création graphique : Faugère (affiche 1973)
  • Crédits : Toby Tenser Films, Curtwel Productions, Global, Tigon British Film Productions
Note des spectateurs :

Petit film d’horreur indépendant et fauché, La créature invisible vaut surtout pour la présence de Boris Karloff et sa description du Londres psychédélique des années 60. Plutôt efficace, malgré des carences liées au maigre budget.

Synopsis : Après des années de travail, un vieux professeur d’hypnose vient de mettre au point une machine dont il paraît très fier. Dans son petit appartement, il savoure ce succès avec sa femme qui l’a toujours soutenu. Reste à trouver un cobaye… Justement, pendant ce temps, quelques jeunes gens s’ennuient…

Une petite production indépendante portée par le grand Boris Karloff

Critique : Produit en toute indépendance, La créature invisible (1967) est le second film réalisé par le cinéaste Michael Reeves, après un premier essai (The She Beast) où il mettait en avant les charmes de Barbara Steele. Avec ce deuxième opus, Michael Reeves parvient à convaincre le grand Boris Karloff de se joindre à l’aventure. Il faut dire qu’à l’époque la star de Frankenstein (Whale, 1931) et La momie (Freund, 1932) était de nouveau sollicité par la jeune génération de cinéastes cinéphiles, alors que sa carrière avait fortement décliné au cours des années 50. Désormais, son seul nom est synonyme de frissons pour les spectateurs.

Michael Reeves lui adjoint une grande actrice de théâtre, Catherine Lacey, qui est alors en vogue dans le cinéma horrifique britannique, et il complète le casting avec son ami d’enfance Ian Ogilvy. Si le script peut paraître hautement fantaisiste avec son histoire de machine infernale qui permet à deux personnes âgées de posséder le corps d’un jeune homme blasé, Michael Reeves fait le choix audacieux d’inscrire son histoire dans un contexte ultra-réaliste.

Plongée quasiment documentaire dans le Swinging London

Sans doute très influencé par Le voyeur (1960) de Michael Powell, Reeves entend user d’une esthétique brute, quasi documentaire, qui donne au film un caractère d’urgence. Son tournage guérilla, effectué sans aucune autorisation préalable, donne aux images un aspect rugueux qui convient parfaitement au sujet et lui donne ainsi une forme de crédibilité, pourtant improbable au possible. Avec sa caméra souvent portée à l’épaule, La créature invisible nous permet de visiter le Swinging London avec ses jeunes désœuvrés, ses boîtes de nuit bondées et son esthétique psychédélique très datée. Cet aspect documentaire n’est pas pour nous déplaire.

Par ailleurs, Michael Reeves parvient à déjouer les attentes des spectateurs en offrant un retournement de situation plutôt original, la menace n’émanant pas vraiment du personnage de scientifique incarné par Boris Karloff. Cela n’empêche pourtant pas le film de créer un certain suspense, Michael Reeves parvenant à augmenter la tension en cours de projection. L’expérience de possession initialement divertissante est finalement l’occasion de révéler la noirceur intrinsèque de tout être humain, à partir du moment où celui-ci possède un pouvoir sur autrui.

Un constat pessimiste sur la nature profonde de l’être humain

On retrouve donc ici le pessimisme inhérent à l’œuvre de Michael Reeves, jeune homme dépressif qui n’a malheureusement pas dépassé l’âge de 25 ans, suite à une overdose médicamenteuse. Même bien intentionné au départ, l’être humain détourne finalement une expérience à visée humaniste pour en faire un objet de satisfaction de ses bas instincts. Telle est la conclusion d’une œuvre inégale, aux décors fauchés, mais qui dégage encore de nos jours un charme certain.

Réalisé avec talent, porté par une musique psychédélique fort agréable de Paul Ferris et dopé par quelques meurtres sanglants efficacement tournés, La créature invisible est donc une bonne surprise. On notera toutefois la stupidité du titre d’exploitation français qui n’a tout bonnement rien à voir avec l’original The Sorcerers.

Un film rare, mais fréquentable

Le long-métrage n’est d’ailleurs sorti que très discrètement sur les écrans français en 1973 soit six ans après son tournage. Depuis, il n’a jamais été exploité sur support vidéo alors que de nombreuses VHS, galettes DVD et même un blu-ray ont pointé le bout de leur nez chez nos voisins européens. Pour découvrir cette rareté, il faut donc désormais se tourner vers les plateformes VOD.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 18 avril 1973

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La créature invisible, l'affiche

© 1967 A Tony Tenser-Curtwel-Global Production Affiche : Faugère. Tous droits réservés.

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La créature invisible, l'affiche

Bande-annonce de La créature invisible (VO)

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