La chute de l’empire américain : critique du film + test blu-ray (2019)

Policier, Comédie | 2h07min
Note de la rédaction :
7/10
7
La chute de l'empire américain, l'affiche

  • Réalisateur : Denys Arcand
  • Acteurs : Pierre Curzi, Rémy Girard, Alexandre Landry, Maripier Morin, Maxim Roy
  • Date de sortie: 20 Fév 2019
  • Nationalité : Canadien (Québec)
  • Scénario : Denys Arcand
  • Distributeur : Jour2Fête
  • Éditeur vidéo : Jour2Fête
  • Sortie vidéo (blu-ray) : Le 3 septembre 2019
  • Box-office France / Paris-périphérie : 189 495 entrées / 65 841 entrées
  • Box-office USA : 2,1 M$
  • Festival : Meilleur Film au Valladolid International Film Festival (2018)

La chute de l’empire américain permet à Denys Arcand de flinguer le système financier mondial dans une comédie policière cinglante et efficace.

Synopsis : À 36 ans, malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une compagnie de livraison. Un jour, il est témoin d’un hold-up qui tourne mal, faisant deux morts parmi les gangsters. Il se retrouve seul avec deux énormes sacs de sport bourrés de billets. Des millions de dollars. Le pouvoir irrésistible de l’argent va bousculer ses valeurs altruistes et mettre sur sa route une escort girl envoûtante, un ex-taulard perspicace et un avocat d’affaires roublard.

Denys Arcand s’attaque au système financier

Critique : Vendu de manière un peu opportuniste comme le dernier volet d’une trilogie qui comprendrait déjà Le déclin de l’empire américain et Les invasions barbares, ce troisième opus n’a pourtant pas grand-chose à voir avec les deux précédents, ni dans le style, ni dans les personnages qui sont, cette fois-ci, tous différents. Même les acteurs Rémy Girard et Pierre Curzi, seuls rescapés des deux films passés, incarnent ici des personnages différents. Finalement, la seule chose qui rapproche le long-métrage des autres est un commentaire assez incisif sur le modèle américain.

Cette fois, le réalisateur utilise le biais du film policier pour faire passer sa diatribe anticapitaliste, plutôt bien menée d’ailleurs. Il nous invite tout d’abord à suivre un casse qui tourne au massacre. Un jeune homme diplômé en philosophie passe par là et récupère le butin laissé en vrac par les malfrats qui se sont entretués. La situation du simple quidam se retrouvant soudainement avec une fortune a déjà été vue maintes et maintes fois, notamment chez les frères Coen, ou encore chez Sam Raimi (Un plan simple).

La chute de l'empire américain, photo d'exploitation

© 2019 Cinémaginaire Inc. – Jour2Fête. Tous droits réservés.

Toutefois, Denys Arcand détourne cette situation qui tient du cliché pour décrire tout d’abord un système frauduleux, celui de malfrats qui planquent leur argent dans des magasins de complaisance. Ces fausses boutiques ne sont que des planques destinées à masquer leurs activités. Ce monde de petites frappes est décrit de manière assez juste par le cinéaste.

Gangsters cagoulés contre truands en col blanc

Mais le plus intéressant intervient durant la deuxième heure, lorsque le jeune homme cherche à blanchir cet argent par le biais du système financier. Dès lors, Denys Arcand nous démontre à quel point les banquiers, traders et autres brasseurs d’argent sont également des truands, mais cette fois-ci reconnus, riches, célèbres et influents. Il dénonce donc cette hypocrisie qui fait que les criminels en col blanc ne risquent rien alors que leurs techniques sont tout aussi frauduleuses que celles des mafieux.

Le cinéaste, par une brillante pirouette finale, se joue finalement du système capitaliste en utilisant cet argent sale pour favoriser des actions sociales. S’il ne parvient pas à évacuer une certaine ambiguïté liée au fait que ses personnages, tout en détournant le système, y participent finalement eux aussi, Denys Arcand livre une œuvre incisive et assez corrosive sur les dérives d’un système financier tout-puissant.

Des personnages attachants interprétés par des acteurs investis

Grâce à un trio de personnages attachants (le jeune philosophe idéaliste et naïf, la prostituée au grand cœur et le truand en reconversion), Arcand parvient à raconter avant tout l’histoire de protagonistes auxquels on tient. Il ne livre donc pas un film à thèse plombant, mais une comédie légère où le verbe peut se faire assassin. Ainsi, les dirigeants de ce monde s’en prennent plein la tête, de Trump à Berlusconi en passant par Sarkozy. L’hypocrisie générale est également dénoncée par un artiste qui n’a donc rien perdu de sa verve polémique.

Il s’appuie encore une fois sur d’excellents interprètes dont les jeunes Alexandre Landry et Maripier Morin qui est la vraie révélation du film. Face à eux, on adore Rémy Girard et Pierre Curzi qui débitent avec toujours autant de gourmandise les dialogues très écrits de leur mentor.

Pourtant, le succès n’a pas été vraiment au rendez-vous cette fois-ci. En France, ils n’ont été que 189 495 spectateurs à faire le déplacement contre plus d’un million pour les deux films précédents. Il est donc temps de se rattraper en vidéo.

Le test blu-ray :

Coffret DVD Denys Arcand, la jaquette

© 2019 Jour2Fête. Tous droits réservés.

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Compléments : 3/5

L’éditeur nous fournit deux entretiens réalisés au moment de la sortie du film.

Le premier (23min) permet à Denys Arcand d’expliquer la genèse du long-métrage en détaillant les faits divers qui l’ont inspiré. Il décrit également sa phase de recherche initiale, aussi bien pour la partie criminelle que celle sur les montages financiers. L’homme est toujours sympathique et souriant, visiblement très heureux de son statut actuel de cinéaste le plus célébré du Québec.

Enfin, Maripier Morin nous explique pendant 11min son parcours à la télévision en tant que présentatrice et animatrice. Elle a été repérée par Arcand qui lui a fait faire des essais avant de l’engager pour sa toute première apparition à l’écran. Elle y est rayonnante.

L’image du blu-ray : 5/5

Copie magnifique que celle d’un film lumineux se déroulant toujours en plein jour. Les nombreux plans sur la ville de Montréal permettent de mettre en valeur la profondeur de champ du blu-ray, et son niveau de détail impressionnant. Rien à redire.

Le son du blu-ray : 4/5

La piste sonore en français (accent québécois parfois un peu marqué, mais tout de même compréhensible) est disponible soit en simple stéréo ou en 5.1 DTS HD MA. La seconde est de loin la plus immersive. Les différentes enceintes sont sollicitées pour les nombreux bruits d’ambiance et la musique, tandis que les dialogues se détachent sans que cela paraisse artificiel. Le résultat est parfaitement équilibré et naturel.

Critique et test DVD : Virgile Dumez

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La chute de l'empire américain, l'affiche

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