Halloween II (Halloween 2) : la critique du film + le test blu-ray (1982)

Epouvante, Horreur, Slasher, Suspense | 1h32min
Note de la rédaction :
7/10
7
Afficche cinéma de Halloween 2 de Rick Rosenthal

  • Réalisateur : Rick Rosenthal
  • Acteurs : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Pamela Susan Shoop
  • Date de sortie: 16 Juin 1982
  • Titre original : Halloween II
  • Nationalité : Américain, Italien
  • Scénariste : John Carpenter, Debra Hill
  • produit par : Moustapha Akkad, Dino De Laurentiis, John Carpenter, Debra Hill, Irwin Yablans Joseph Wolf, Barry Bernardi, Sidney Sheinberg, Ned Tanen
  • Distributeur : UGC Europe 1
  • Editeur vidéo : Thorn Emi (VHS), DVDY Films (DVD), Le Chat qui fume (Combo Blu-ray-dvd)
  • Date de sortie vidéo : 29 mai 2002 (DVD), 1 janvier 2020 (DVD-Blu-ray)
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 202 154 entrées / 61 443 entrées
  • Box-office USA : 25 533 818 $
  • Illustration : Landi

Si Halloween 2 pâtit légèrement de son manque de rythme, il reste l’un des meilleurs épisodes de la saga grâce à une mise en scène rigoureuse et un sens imparable de l’ambiance.

Synopsis : Michael Myers n’est pas mort ! Les six balles tirées par le Dr Loomis n’ont pas suffi à arrêter le tueur, qui poursuit son but : retrouver et supprimer Laurie Strode. Blessée et choquée, la jeune femme, transportée à l’hôpital de Haddonfield, est loin de se douter que Myers est encore à ses trousses, laissant toujours plus de cadavres dans son sillage, tandis que Samuel Loomis traque sans relâche son ancien patient…

Le goût et l’odeur d’un film de John Carpenter

Critique : Envisagée dès le succès de La Nuit des masques en 1978, la suite d’Halloween ne frappa les écrans américains qu’en octobre 1981. Trois longues années ont suivi, mais un élément détermina les producteurs à lancer le chantier du sequel : Vendredi 13, au succès phénoménal. La petite production de Sean S. Cunninghman, pur slasher, avec scène de tueries en série, a réalisé pas moins de 39M$ et s’est classée dans le top 20 annuel, avec des recettes quasi similaires à Shining de Kubrick. Respect.

Peu décidé à tourner une suite de ses films, Carpenter – engagé sur le tournage de Fog –, et sa collaboratrice proche, Debra Hill, écrivent et produisent Hallowen ll, qui est aussi tenu par le nabab italien, Dino De Laurentiis, omniprésent à Hollywood  à cette époque (King Kong, Hurricane, Flash Gordon, Amityville 2, Conan le barbare, Dead Zone…).

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Pour réaliser le film, des collaborateurs historiques de Carpenter sont envisagés. Debra Hill en personne, Tommy Lee Wallace, le monteur de La nuit des masques…, mais c’est finalement un inconnu, Rick Rosenthal, qui va mettre en scène le sequel de ce succès considérable que fut Halloween 1. Rosenthal, qui avait le même agent que Carpenter, avait mis en boîte un court métrage remarqué qui décide Carpenter et ses producteurs à lui donner sa chance. L’approche du suspense de ce jeune cinéaste les convainc qu’il sera l’homme de la situation.

Froid comme la mort

Et il est vrai que Rick Rosenthal accomplit un excellent travail, même si ses producteurs lui reprochèrent une fin, en hommage à Carrie, un peu grotesque, et un manque de morts et de plans violents, en deçà de la mécanique de carnage lancée par les Vendredi 13… Pas de quoi faire sortir la production de ses gonds, qui demande à Carpenter de mettre en boîte quelques scènes supplémentaires et une fin différente pour empaqueter un film plus efficace.

Le résultat au box-office fut solide, 25M$. Les recettes sont consistantes même si celles du premier opus demeurent inaccessibles, puisque La Nuit des Masques avait tourné au phénomène en 1978 avec pas moins de 44M$ et une 8e place annuelle, dans un top 10 où il côtoyait Grease, Superman ou Les Dents de la mer 2.

En prenant le risque d’une suite directe, là où les événements du premier numéro s’arrêtaient, Halloween II prenait un risque, celui, en trois ans, de perdre une partie des spectateurs qui pouvaient aisément oublier le contenu. La VHS se développait et permettait donc à l’épisode de Carpenter de rester dans les esprits, mais il n’y avait pas la possibilité de l’internet, des plateformes de streaming pour conserver à l’esprit les rouages du premier opus. Rick Rosenthal reprend donc les cinq dernières minutes du film de Carpenter pour permettre aux spectateurs de se remettre dans le bain diabolique de cette nuit d’Halloween agitée, où un psychopathe échappé de l’asile, Michael Myers en personne, revient dans sa bourgade pour massacrer en série, tout autour de la jeune Laurie Strode, interprétée par la fille de Tony Curtis et Janet Leigh.

Halloween 2 et 3 aux éditions du Chat qui Fume

© 1981 et 1982 Dino de Laurentiis Corporation – © 2016 Lions Gate Entertainment Inc. All Rights Reserved

Terreur à l’hôpital central

Pour ce sequel, les producteurs ont réussi à convaincre Jamie Lee Curtis de reprendre le rôle de Laurie Strode. Devenue « scream queen » du jour au lendemain », la jeune actrice a pris trois ans d’âge par rapport à la dernière scène de La nuit des masques, et a exploité son personnage féminin archétypal dans d’autres slashers comme Le bal de l’horreur ou Le monstre du train, qui connaissent tous de beaux succès en salle.

Voulu comme un pur film d’angoisse et de suspense, en hommage au cinéma hitchcockien, Halloween II déploie beaucoup de talent pour retrouver la rigueur de cadrage et d’ambiance de John Carpenter, dont on pourrait croire qu’il est derrière la caméra. L’intrigue se scinde en deux parties : une première où Laurie Strode, alitée, n’intervient pas, et une autre où, attaquée frontalement par le croquemitaine, dans l’hôpital où elle a été placée, à la suite du trauma de cette nuit d’horreur, elle doit faire preuve d’ingéniosité pour échapper au monstre qu’est Michael Myers. Ce dernier est devenu une pure mécanique maléfique, increvable. Une figure du Mal masquée, à la carapace épaisse, qui sait distiller l’effroi à chacune de ses apparitions qui ne sont jamais ridicules. D’aucuns pourront reprocher à Laurie dans cette épisode de subir, plus que d’agir.

Halloween 2 pour une raison

Quasi huis clos dans un hôpital, à l’instar du pas terrible Terreur à l’hôpital central en 1982, Halloween 2 exploite adroitement chaque coin et recoin de l’espace qu’il investit, aidé par des acteurs qui jouent la juvénilité, la sensualité… et autres clichés voulus par ce genre en construction, plutôt adroitement. Malgré ses baisses de rythme, le divertissement est appétissant. A l’horreur, le thriller préfère l’épouvante et, avec le thème musical de John Carpenter en fond, il séduit.

Peu aimé par la critique de l’époque (même L’Ecran Fantastique, en 1982 en France, le démonta), Halloween 2 a été perçu comme un film sans dialogues (ou presque), dans un genre de l’économie narrative. Le slasher était un sous-genre à la mode, trop souvent décrié pour son manque d’âme. S’il cartonnait aux États-Unis, dans l’Hexagone, on ne se ruait pas dans les salles pour le voir. Halloween ll passa donc relativement inaperçu, tout comme les Vendredi 13 et ersatz. Pourtant Carpenter a essayé d’apporter une mythologie familiale à Michael Myers en tissant des liens de parenté avec le personnage de Laurie Strode, ce qui explique le magnétisme que celle-ci exerce sur la coquille vide d’humanité de notre bon vieux Michael Myers.

Des décennies après sa sortie, Halloween 2 est tout simplement l’un des meilleurs slashers de son époque.

Frédéric Mignard

La franchise Halloween

Afficche cinéma de Halloween 2 de Rick Rosenthal

© Landi

Le test blu-ray

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Depuis la mythique cassette vidéo de Thorn Emi, en 1982 ou 1983, Halloween 2 n’a jamais été exploité correctement sur notre territoire en DVD. Ce numéro était systématiquement récupéré par des boîtes vidéo bon marché car non relié à un studio hollywoodien. Le Chat qui fume est le premier éditeur français à  oser une édition collector digne et complète. L’édition est parfaite sur toute la ligne. Un seul reproche : une cover qui ne saisit pas l’ambiance froide, clinique et surtout cinématographique de ce film qui est de très loin meilleur que toute les suites des années 90 ou 2000 (on laissera Halloween 3, de côté, pour son orientation différente).

Compléments & packaging : 4.5/5

Dans la tradition du Chat qui Fume, le film est proposé en collector limité dans un digipack bien foutu à l’esthétique identique des autres titres édités par le Chat dingue de l’édition vidéo française. Jusqu’au menu vidéo, c’est beau.

Au niveau des suppléments audiovisuels, on peut noter l’absence de Jamie Lee Curtis au menu. Celle-ci ne semble pas vouloir s’impliquer dans l’exercice de nostalgie autour du film. Pas grave, la quantité et la qualité sont au rendez-vous pour tout apprendre sur le film.

On retrouve sept minutes de scènes supplémentaires dans le format de l’époque, et la fameuse fin alternative.

Sont également proposés deux documents, un produit par Le Chat et l’autre documentaire officiel avec les protagonistes survivants (un producteur et des acteurs de second rôle…). Chaque complément vient à son niveau, pédagogique ou empirique, expliquer la mise en chantier du film, le contexte de sortie, l’engagement de John Carpenter, le choix du réalisateur, la violence et la nudité dans le film… Eric Peretti, spécialiste du cinéma de mauvais genre, collaborateur historique du festival de Lausanne et Hallucinations collectives à Lyon, est toujours juste et savant dans le texte ; sa remarque sur la parenté entre Strode et Myers, à mettre en rapport avec le coup de théâtre familial de Star Wars dans L’Empire contre-attaque, donne du sens….

Entre approfondissement de l’œuvre par le spécialiste français et la nostalgie de l’expérience par l’équipe historique d’Halloween 2, on est logé à la bonne enseigne, celle de la cinéphilie pure et dure.

Digipack le chat qui fume de Halloween ll / Halloween 2

© 1981 Dino de Laurentiis Corporation – © 2016 Lions Gate Entertainment Inc. All Rights Reserved

L’image : 4.5 / 5

Restauration impeccable. On aimerait que tous les classiques du cinéma puissent bénéficier de masters aussi propres. Le soin apporté au contraste, à la colorimétrie, aux touches de noirs et de lumières, est plus que louable. On n’a jamais vu le film traité de cette façon. C’est une restauration aux petits oignons, jamais parasité par la moindre anicroche.

Le son : 4.5 / 5

L’édition est compétente jusqu’au son. Le 5.1 DTS HD Master Audio ne concerne que la piste original, et pour un film tourné en Dolby Stéréo en son temps, ce n’est pas une injure que d’avoir retravaillé l’audio sur différents canaux. La musique de Carpenter a été largement boostée et ne souffre jamais de discordance avec le volume vocal. En fait le 5.1 est diablement efficace et imprègne le salon de son ambiance pesante.

Pour le français, on n’est en rien déçu par la VF 2.0, le DTS Audio lui donne du corps, et le doublage d’époque est savamment préservé.

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Afficche cinéma de Halloween 2 de Rick Rosenthal

Bande-annonce d'Halloween 2

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