Halloween, la nuit des masques : la critique du film (1979)

Epouvante-Horreur, Slasher | 1h31min
Note de la rédaction :
9/10
9
Halloween, la nuit des masques, l'affiche

  • Réalisateur : John Carpenter
  • Acteurs : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, P.J. Soles
  • Date de sortie: 14 Mar 1979
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Halloween
  • Année de production : 1978
  • Scénario : John Carpenter et Debra Hill
  • Directeur de la photographie : Dean Cundey
  • Musique : John Carpenter
  • Distributeur : Warner-Columbia Films
  • Editeur vidéo : Warner Bros (VHS), ESC Editions (Blu-ray-DVD Combo Médiabook)
  • Sortie vidéo (Mediabook) : 22 octobre 2019
  • Budget : 325 000 $
  • Box-office USA : 47 M$
  • Box-office France / Paris-périphérie : 283 934 entrées / 67 570 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Crédits affiche : © 1978 Falcon International Productions. Tous droits réservés.

Halloween, la nuit des masques est une œuvre majeure du genre horrifique, remarquable par son ambiance menaçante, son inoubliable thème musical et la beauté de sa réalisation.

Synopsis : La nuit d’Halloween 1963. Le jeune Michael Myers se précipite dans la chambre de sa soeur aînée et la poignarde sauvagement. Après son geste, Michael se mure dans le silence et est interné dans un asile psychiatrique. Quinze ans plus tard, il s’échappe de l’hôpital et retourne sur les lieux de son crime. Il s’en prend alors aux adolescents de la ville.

Une référence absolue qui sublime le sous-genre du slasher

Critique : Au début des années 70, le relâchement de la censure permet aux auteurs de se laisser aller dans l’exubérance et la surenchère graphique, et de mettre en scène des personnages extrêmes, comme les psycho-killers, avec une radicalité et un luxe de détails jamais égalés jusqu’alors. De Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) à Black Chrismas (Bob Clark, la même année), le cinéma américain s’empare de la figure du tueur fou et implacable afin de profiter de ce nouveau vent de liberté.

Jamie-Lee-Curtis dans Halloween, la nuit des masques

© 1978 Falcon International Productions. Tous droits réservés.

On n’hésite plus à décrire les adolescents comme des êtres sexués multipliant les expériences et les partenaires, au grand dam de la morale. Il n’est donc pas étonnant de voir le thriller s’épanouir en ce milieu des années 70 afin de punir les ados trop libidineux. Concept repris avec talent par John Carpenter et poussé à son paroxysme dans ce Halloween, la nuit des masques (1978), véritable électrochoc qui a tétanisé les Etats-Unis avant de conquérir le reste du monde en faisant de ce modèle du genre un triomphe absolu (plus de 60 millions de dollars de recettes pour une mise de départ d’environ 300 000 billets verts).

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Le Mal arpente désormais la banlieue américaine

A la frontière entre le thriller classique et le film d’horreur, Carpenter crée ainsi un sous-genre appelé à connaître une énorme popularité dans les années 80 (avec notamment l’emblématique série des Vendredi 13), à savoir le slasher. Grâce à un thème musical d’une simplicité enfantine, mais d’une efficacité immédiate, le film s’ouvre sur une scène de meurtre particulièrement inconfortable puisqu’elle place le spectateur voyeur dans la tête du tueur par l’ingénieux procédé hitchcockien de la caméra subjective – le maître du suspense est d’ailleurs cité à de nombreuses reprises par la seule présence de Jamie Lee Curtis, fille de Janet Leigh assassinée sous la douche dans Psychose (1960), œuvre matricielle du genre.

Halloween, la nuit des masques, mediabook ESC

© 1978 Falcon International Productions / © 2019 ESC Editions. Tous droits réservés.

Mais la découverte fondamentale demeure celle de l’identité du tueur : un simple bambin muni d’un couteau de cuisine qui vient de tuer sa sœur à moitié nue. Par la suite, l’intrigue se déroule intégralement dans une banlieue typique des Etats-Unis où tout le monde pense être en sécurité. Mais le tueur implacable rôde et joue avec ses victimes avant de les assassiner sans la moindre émotion. Brillant, Carpenter insinue que le Mal absolu règne partout et qu’il peut frapper n’importe quel adolescent – même si la seule à s’en sortir est forcément vierge – laissant ainsi le spectateur dans une situation d’inconfort renforcé par un final qui verse totalement dans le fantastique. Le temps de l’innocence est terminé pour les Américains qui doivent se rendre à l’évidence : le Mal ne peut pas être anéanti.

Halloween la nuit des masques, photo promotionnelle proposée par Splendor (2018)

© 1978 Falcon International Productions. Tous droits réservés.

Une réalisation racée et un thème musical inoubliable font du film un modèle de suspense

Chiche en action et totalement dépourvu de sang, Halloween, la nuit des masques reste aujourd’hui un modèle du genre rarement égalé grâce à la fluidité de la réalisation d’un Carpenter inspiré. D’une belle modernité, sa mise en scène sublime chaque plan, joue avec le cadre et inscrit la menace au cœur de chaque acte quotidien. Premier représentant du croquemitaine qui fera fureur dans les années 80, Michael Myers est toujours actuellement une figure angoissante grâce à son masque inexpressif et au mystère qui règne autour de ses motivations.

Les trop nombreuses suites, très inégales, ainsi que le remake assez contesté de Rob Zombie, n’ont pourtant pas réussi à entamer le potentiel commercial de ce personnage fascinant, preuve de l’incroyable force de cette œuvre séminale ayant révélé au grand public le talent de son auteur et la puissance de jeu d’une Jamie Lee Curtis très convaincante. On ne fêtera plus jamais Halloween de la même façon !

La franchise Halloween

On n’oublie pas :

  • Ce premier Halloween avait pour titre La nuit des masques en France. Sur l’affiche de la jaquette de la VHS historique, estampillée Warner Bros, la mention Halloween n’apparaissait même pas.
  • 12 cinémas à Paris intra-muros programmèrent ce chef d’oeuvre qui ne réalisa que 33 000 entrées sur Paris-Périphérie pour son lancement : l’Elysées Cinéma, l’UGC Opéra, l’UGC Odéon, la Rotodonde, le Mistral, le Convention St-Charles, le Rio Opéra, les 3 Murat, les 3 Sécrétan dans le quartier de Jaurès, le Paramount Maillot, le Paramount Galaxie, et le Paramount Montmatre.
  • La Nuit des masques a à peine tenu 5 semaines sur la capitale et la périphérie, lors de sa première exploitation en salle, avec deux cinémas le programmant (l’Odéon et l’UGC Opéra). Carpenter réalisant à peine 67 570 entrées à l’issue de cette 5e semaine. Les Français n’ayant jamais été très fans de slasher et de la saga Halloween, le film ne parvint pas à dépasser les 250 000 entrées sur tout l’Hexagone. Aie.
  • John Carpenter réalise avec La Nuit des masques l’une de ses pires entrées au box-office français, seuls Assaut (133 000), Prince des ténèbres (170 000), Invasion Los Angeles (177 000), L’antre de la folie (182 000) et surtout Le village des damnés (150 000) feront moins.
  • La Nuit des masques a été repris de nombreuses fois en salle, en France, dont en 1999 pour fêter les 20 ans du film (11 185 entrées), par Opening Distribution, ou en 2018 pour fêter les 40 ans de la sortie américaine, par Splendor Films. Le film était resté une semaine à l’affiche, avec 2 262 entrées et bénéficiait d’une copie restaurée en 4K.
  • John Carpenter remporta le Prix de la Critique au mythique Festival d’Avoriaz, en 1979, alors présidé par Roger Corman (Patrick remportait le Grand Prix, et Phantasm le Prix du Jury)

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Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 14 mars 1979

Halloween, la nuit des masques, l'affiche

© 1978 Falcon International Productions. Tous droits réservés.

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