Fripouillard et Cie : la critique du film (1959)

Comédie | 1h29min (VF) / 1h45min (VO)
Note de la rédaction :
6/10
6
Fripouillard et Cie, l'affiche

  • Réalisateur : Steno
  • Acteurs : Louis de Funès, Jacques Dufilho, Aldo Fabrizi, Totò, Cathia Caro, Luciano Marin
  • Date de sortie: 05 Août 1959
  • Nationalité : Italien, Français
  • Titre original : I tartassati
  • Scénaristes : Aldo Fabrizi, Roberto Gianviti, Ruggero Maccari, Vittorio Metz, Steno
  • Directeur de la photographie : Marco Scarpelli
  • Compositeur : Piero Piccioni
  • Distributeur : Gaumont
  • Editeur vidéo : René Château Vidéo (VHS) / Gaumont & Editions Atlas - Gaumont (DVD) / Gaumont (blu-ray)
  • Sortie vidéo (blu-ray) : 26 septembre 2018
  • Box-office France / Paris-périphérie : 707 149 entrées / 124 903 entrées
  • Format : 1.85 : 1 / Noir et blanc / Son : Mono
  • Crédits affiche : © 1959 Gaumont / Illustrateur de l'affiche : Hurel. Tous droits réservés. - Photo bandeau : © 1959 Gaumont - Photo tiré du DVD édité par Les éditions Atlas
Note des spectateurs :

Charmante petite comédie italienne, Fripouillard et Cie permet de confronter deux génies comiques (Totò et de Funès) qui s’en donnent à cœur-joie. L’ensemble est certes anodin, mais fort agréable.

Synopsis : Eugène se fait passer pour un expert en taxes et impôts. Toto, propriétaire d’un grand magasin, est un de ses clients et paye depuis des années, des sommes dérisoires aux impôts. Mais un jour, les polyvalents décident de vérifier sa position fiscale. Eugène, jamais à court d’idées géniales, lui propose alors un nouveau plan, le plus audacieux de tous.

Deux versions (italienne et française) du même film

Critique : Tout d’abord, il est important de préciser que, malgré la présence au générique de Louis de Funès, Fripouillard et Cie (1959) est avant tout une comédie italienne dont la star est le comique Totò. Le film étant une coproduction, certains acteurs français ont été conviés à la fête et il existe deux montages différents du même long-métrage. Ainsi, l’Italie possède un montage plus long (1h45min), mais avec davantage de scènes opposant Totò et Aldo Fabrizi. En France par contre, Gaumont a livré une version écourtée (1h29min), mais qui comporte davantage de scènes avec Louis de Funès. C’est cette seconde version que nous avons visionnée et sur laquelle est établie cette critique.

Fripouillard et Cie, la jaquette du blu-ray

© 1959 Gaumont / © 2018 Gaumont Vidéo. Tous droits réservés.

Une fois ces précisions effectuées, nous pouvons revenir sur le contexte de création de cette petite comédie qui met donc en vedette principale le comique Totò, une fois de plus dirigé par Steno. Les deux hommes se connaissent bien puisqu’ils ont tourné ensemble de très nombreux films depuis la fin des années 40. Ils se retrouvent donc toujours avec plaisir dans cette nouvelle coproduction franco-italienne tournée la même année qu’Un coup fumant. Bien évidemment, les Français sont d’autant plus attirés par ces deux comédies qu’elles comprennent au casting un Louis de Funès venu exceptionnellement en Italie pour se mesurer au maître de la comédie transalpine.

De Funès, pas encore star, cachetonne en Italie

Rappelons qu’en cette année 1959 Louis de Funès n’est pas encore une énorme star en France, mais qu’il commence à être connu et apprécié du grand public, davantage pour ses prestations scéniques qu’à l’écran. Depuis le début des années 50, il enchaîne les seconds rôles avec constance et il commence à être enfin en tête d’affiche de quelques comédies. Rien de bien enthousiasmant toutefois et l’on peut donc considérer qu’il est au frémissement de sa carrière, alors qu’il a déjà 45 ans.

Voilà donc Louis de Funès en partance pour l’Italie où il peut jouer face à une vraie pointure du calibre de Totò dans cette charmante petite comédie. Avec pour point de départ le sentiment des contribuables italiens d’être pressurés par les impôts, Steno déploie une histoire très amusante d’un honnête commerçant (Totò) qui se laisse berner par les stratégies frauduleuses d’un conseiller fiscal (Louis de Funès). Il se retrouve alors victime d’un redressement fiscal. Dès lors, les deux petits escrocs en herbe vont tout faire pour soudoyer le contrôleur fiscal (Aldo Fabrizi) qui se trouve être un incorruptible. Les auteurs multiplient ensuite les quiproquos, tout en s’amusant de la capacité des Italiens à pratiquer la corruption de fonctionnaires.

Une comédie entièrement portée par son trio d’acteurs

Rien de bien méchant toutefois puisque le commerçant est juste pathétique, le conseiller fiscal n’est qu’un pique-assiette de base et le contrôleur fiscal n’est pas un mauvais bougre. Ce qui fait la saveur du film tient en une seule phrase : l’abattage comique des acteurs. On adore notamment le duo formé par Totò et Aldo Fabrizi. Leurs échanges verbaux et leur relation contrastée (ami-ennemi) nous rappellent ceux entre Fernandel et Gino Cervi dans la saga des Don Camillo. Au milieu, Louis de Funès impose une vraie nature lors de ses scènes en solitaire, mais tend à s’effacer devant Totò dont il n’est encore ici qu’un faire-valoir. Question de notoriété à une époque où l’on sait qui est le patron sur un plateau.

Souvent drôle et bénéficiant d’un bon tempo comique imposé par un Steno rompu à l’exercice, Fripouillard et Cie demeure donc aujourd’hui une petite comédie très agréable à suivre, même si un brin désuète. Si elle a connu un joli écho en Italie, on ne peut pas en dire autant en France où le film n’a réalisé que 700 000 entrées. Une déception pour Louis de Funès qui a joué dans plusieurs comédies millionnaires entre 1956 et 1959. Il faut dire que Totò n’a jamais eu une grande notoriété de ce côté des Alpes. Pourtant, les amateurs de comédies italiennes et les fans de de Funès peuvent venir fréquenter ces fripouilles fort sympathiques. Ils ne seront pas déçus.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 5 août 1959 

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Fripouillard et Cie, l'affiche

© 1959 Gaumont / Illustrateur de l’affiche : Hurel. Tous droits réservés.

Box-office :

Fripouillard & Cie est sortie durant la période estivale de 1959, moment peu propice aux records en matière de fréquentation. La semaine du 5 août, sur Paname, la comédie franco-italienne se classe en 3e place, vaincue par Le tombeau Hindou de Fritz Lang (34 882) et La vengeance (25 840). Louis de Funès se contente de 23 909 entrées, mais double d’autres nouveautés comme Une balle signée X (20 639) et Ordre de tuer (17 331).

Lancé avec le savoir-faire de la Gaumont, Fripouillard & cie est à l’affiche cette semaine-là au Triomphe, à l’Aubert-Palace, aux Folies, au Gaumont-Théâtre, au Lutétia, au Palais Rochechouart, au Sélect-Pathé. Il bénéficie de davantage de salles, mais d’autant de sièges que les deux nouveautés qui le précèdent.

En deuxième semaine, il tombe à 17 000 spectateurs et en 5e place, rattrapé notamment par l’increvable Palme d’Or, Orfeu Negro.

Frédéric Mignard  

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