Domino – la guerre silencieuse : la critique du film (2019)

Thriller, Action | 1h29min
Note de la rédaction :
3/10
3
Domino, la guerre silencieuse, la jaquette

  • Réalisateur : Brian De Palma
  • Acteurs : Guy Pearce, Nikolaj Coster-Waldau, Carice van Houten, Søren Malling, Jakob Lohmann
  • Date de sortie: 12 Oct 2019
  • Nationalité : Danois, Français, Belge, Italien, Néerlandais, Britannique, Américain
  • Titre original : Domino
  • Scénariste : Petter Skavlan
  • Directeur de la photographie : José Luis Alcaine
  • Compositeur : Pino Donaggio
  • Distributeur : Film inédit en salles en France / La date ci-dessus est celle de la sortie vidéo et VOD
  • Editeur vidéo : Metropolitan Vidéo
  • Budget : 7,8 M$
  • Format : 1.85 : 1
  • Crédits visuels : © 2019 Schønne Film - Zilvermeer Productions - N279 Entertainment - Action Brand - Recalcati Multimedia - Light Industry Motion Pictures - Beluga Tree / Propriété graphique © 2019 Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Naufrage absolu lié à des conditions de tournage déplorables, Domino la guerre silencieuse ressemble à un pastiche raté du cinéma de Brian De Palma… par De Palma lui-même.

Synopsis : Lors d’une intervention de routine, un policier assiste impuissant à l’agression de son co-équipier. Son enquête pour retrouver le coupable va l’amener à parcourir l’Europe pour retrouver la trace d’un mystérieux terroriste qui entretient des relations ambiguës avec la CIA. Dans l’ombre des démocraties, une guerre silencieuse fait rage.

Tourner un film aussi ambitieux avec si peu de budget : Mission impossible

Critique : Alors qu’il est devenu impossible pour Brian De Palma de monter des projets d’envergure dans le Hollywood marvellisé d’aujourd’hui, le réalisateur ne cesse de courir après d’éventuels mécènes qui croient encore à la puissance de son cinéma. Cela l’a poussé à accepter des financements venus de tous les horizons, notamment d’Allemagne et de France pour son Passion (2012). Avec Domino – la guerre silencieuse (2019), son dernier né, les accords de coproductions impliquent sept pays différents, preuve de la difficulté d’une telle entreprise.

Domino, la guerre silencieuse, photo d'exploitation

© 2019 Schønne Film – Zilvermeer Productions – N279 Entertainment – Action Brand – Recalcati Multimedia – Light Industry Motion Pictures – Beluga Tree. Tous droits réservés.

Pourtant, le script initial se veut particulièrement ambitieux puisqu’il nous conte l’implication de policiers danois dans la traque d’un terroriste qui se révèle être une des têtes pensantes de Daesh. Le long-métrage implique donc un casting international, mais aussi des déplacements dans le monde entier afin de filmer cette traque mondiale. Avec les subsides de Hollywood, cela donne Zero Dark Thirty de Bigelow (2012), une vaste fresque de plus de deux heures trente, à la fois trépidante et passionnante. Avec un financement indépendant mal maîtrisé, cela donne Domino – la guerre silencieuse, pauvre petit objet rachitique d’une heure et vingt minutes, tributaire à chaque instant des restrictions budgétaires.

Un montage qui a fait subir au film tous les outrages

Brian De Palma lui-même a prévenu que son film avait été émasculé par les conditions catastrophiques du tournage et un montage charcuté. Prévu pour être d’une durée de 2h30, le long-métrage ne s’est pas relevé de la gestion déplorable du budget alloué. Apparemment, De Palma a passé plus de temps dans sa chambre d’hôtel à attendre que l’argent arrive que sur le plateau. Autant dire que cela se voit immédiatement à l’image.

En grands admirateurs que nous sommes du travail de De Palma, nous avons tenu à laisser une chance à ce projet qui semblait si mal engagé. Les vingt premières minutes font vaguement illusion puisque le réalisateur nous plonge dans une atmosphère de thriller comme il en a signé des tonnes. Si la séquence d’agression des policiers est rondement menée, elle fait naître déjà quelques éléments d’inquiétude : la tendance du réalisateur à s’autociter délibérément, et l’ajout d’une musique de Pino Donaggio totalement à côté de la plaque.

Domino la guerre silencieuse : le bûcher de toute forme de vanité

Malheureusement, ces défauts ne font que s’amplifier au fur et à mesure du film. Quand le réalisateur dérive du thriller classique vers l’espionnage politique et la traque des terroristes, la pauvreté du budget devient criante. L’arrivée des agents de la CIA (Guy Pearce, qui ne sert finalement à rien) inquiète quelque peu, d’autant que le scénario ne leur attribue qu’un rôle secondaire par rapport au duo de flics danois incarnés par Nikolaj Coster-Waldau et Carice van Houten (tous deux échappés de Game of Thrones).

Domino, la guerre silencieuse, photo d'exploitation 2

© 2019 Schønne Film – Zilvermeer Productions – N279 Entertainment – Action Brand – Recalcati Multimedia – Light Industry Motion Pictures – Beluga Tree. Tous droits réservés.

Visiblement amputé de pas mal de péripéties, le film perd peu à peu toute crédibilité tant la traque internationale se réduit à peu de choses. Quand on apprend l’implication du chef de Daesh, on se demande bien comment de simples flics danois parviennent à mettre la main dessus alors que la CIA, décrite comme toute-puissante, est incapable de le localiser. Tout ceci nous mène à une dernière séquence d’attentat se déroulant dans une arène en plein spectacle de corrida.

De Palma dans l’impasse

Brian De Palma nous refait le coup de Snake Eyes (1998) et du ralenti des Incorruptibles (1987) pour créer une tension qui n’est jamais efficiente à l’écran. Effectivement, la séquence souffre d’un manque évident de figurants et d’un montage en parallèle terriblement maladroit. La séquence résonne alors comme une parodie involontaire de l’ensemble du cinéma du maître, devenu l’ombre de lui-même. Il est difficile dans de telles circonstances de réprimer un rire franc et massif devant tant d’efforts voués au ridicule.

Le film se termine sans qu’aucune conclusion satisfaisante ne vienne nous combler. Qu’a voulu dire De Palma avec ce pseudo thriller politique ? Y dénonce-t-il le système de surveillance mondial américain ? Y stigmatise-t-il le fanatisme religieux ? En réalité, rien ne ressort vraiment de ce long-métrage raté, comme sabordé par son équipe elle-même. A moins d’être un fan absolu du cinéaste, il est donc inutile de perdre son temps devant ce pastiche de De Palma par De Palma.

Critique de Virgile Dumez

Acheter le film en DVD

Voir le film en VOD

Domino, la guerre silencieuse, la jaquette

© 2019 Schønne Film – Zilvermeer Productions – N279 Entertainment – Action Brand – Recalcati Multimedia – Light Industry Motion Pictures – Beluga Tree / Propriété graphique © 2019 Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.

Trailers & Vidéos

trailers
x
Domino, la guerre silencieuse, la jaquette

Bande-annonce de Domino - la guerre silencieuse (VF)

Thriller, Action

x