Conjuring 2, le cas Enfield : la critique du film (2016)

Epouvante, Fantastique, Spinoff | 2h14min
Note de la rédaction :
4/10
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Affiche Conjuring 2 teaser

Conjuring 2 ouvre un nouveau dossier Warren, épouvantable de banalité. Pis, son approche ostentatoire du genre surnaturel peine à donner de l’étoffe à une trame habitée par le pauvre esprit malin d’un vieillard hurlant.

Critique : James Wan n’est pas John Carpenter, ni même Wes Craven. Engoncé dans les pièges de son époque qui contraint les grands cinéastes de genre à ne tourner que des blockbusters identiques ou des franchises répétitives, Wan aligne les réalisations et productions identiques, sans chercher à réaliser ce qu’hier, les grands noms du genre parvenaient à accomplir, à savoir diversifier la peur en explorant des décors et des monstres systématiquement différents.

Conjuring 2 exploite un filon, sans chercher à transcender le talent de son auteur

Le début de Conjuring 2 est un clin d’œil pas inintéressant au sinistre carnage d’Amityville. Une histoire horrifique d’envergure, avec un décor mythique imposant, voilà une séquence introductive qui laisse rêveur a posteriori, tant le script et le décor pavillonnaire britannique de ce qui va suivre confineront à l’intimité de pacotille, celle des tranches d’ennui que sont Insidious 2 (réalisé par le même Wan) et Insidious 3 (produit par le bonhomme).

Pourtant Wan cherche à démontrer en permanence le brio de sa caméra, qui aime flirter avec l’emphase poétique des classiques gothiques du cinéma britannique, et l’habilité virtuose des productions à gros budget. Sa caméra investit avec une fluidité, d’abord vertigineuse, puis finalement ennuyeuse dans son systématisme, les décors hantés du film.

L’esbroufe comme fil conducteur

A force de lécher ses plans, d’interdire les pauses fixes, et de favoriser les montages filés, l’approche en perd toute lisibilité. L’auteur ne prend pas le temps de filmer l’effroi sur le visage de ses acteurs, reconnaissant ainsi, notamment à travers une direction fluette l’incroyable vacuité de ses personnages et l’esbroufe de son art. Vera Farmiga et Patrick Wilson, acteurs de premiers choix, sont livides, clichés de cul-bénits qui relèvent de la secte. Leur présence fluette confirme que le cinéma de James Wan est moins insidieux qu’il n’est insipide. Du vent pour les multiplexes abonnés aux VF et aux voix tonitruantes d’adolescents qui, sont sortis heureux du nanar Annabelle.

Critique : Frédéric Mignard

La franchise Conjuring

Les sorties du mercredi 26 juin 2016

 

Conjuring 2 affiche définitive

Copyrights 2016 Warner Bros, New Line

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