Close (Cannes 2022) : la critique du film (2022)

Drame | 1h45min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
Close de Lukas Dhont, affiche

  • Réalisateur : Lukas Dhont
  • Acteurs : Kevin Janssens, Léa Drucker, Emilie Dequenne, Eden Dambrine, Gustav De Waele
  • Date de sortie: 01 Nov 2022
  • Année de production : 2022
  • Nationalité : Belge, Français, Néerlandais
  • Titre original : Close
  • Titres alternatifs : -
  • Scénaristes : Lukas Dhont, Angelo Tijssens
  • Directeur de la photographie : Frank van den Eeden
  • Compositeur : Valentin Hadjadj
  • Monteur : Alain Dessauvage
  • Producteurs : Michiel Dhont, Dirk Impens
  • Sociétés de production Diaphana Films, Menuet Producties, Topkapi Films, Versus Productions
  • Distributeur : Diaphana Distribution / A24 (USA)
  • Date de sortie vidéo : 2023
  • Editeur vidéo :
  • Format : 1.66 : 1 / Couleur / 5.1
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord américain / monde :
  • Classification : Tous publics
  • Cannes 2022 : Grand Prix exæquo avec Stars at Noon de Claire Denis
  • Autres festivals et récompenses : Prix du Public au Palic Film Festival 2022, Sydney Film Prize au Sydney Film Festival 2022, Festival de Deauville 2022, Melbourne International Film Festival 2022, Karlovy Vary International Film Festival (2022)
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

En 2019, avec Girl, Lukas Dhont remportait la Caméra d’or pour son premier long métrage. Trois plus tard, il est sélectionné en Compétition officielle avec Close. Il livre une œuvre bouleversante qui a de nouveau marqué la Croisette, repartant cette fois-ci avec le Grand Prix, ex-aequo avec Claire Denis.

Synopsis : Léo et Rémi, 13 ans, sont amis depuis toujours. Jusqu’à ce qu’un événement impensable les sépare. Léo se rapproche alors de Sophie, la mère de Rémi, pour essayer de comprendre…

Une œuvre cohérente et forte dictée par la raison

Critique : Parmi les rayons de soleil de la sélection cannoise en 2022, on aime rappeler à l’esprit le lumineux Close. Lumineux malgré un sujet délicat, celui de la rupture dans une vie, de la disparition subite de l’être aimé, de la culpabilité qui ronge… Un paradoxe? Peut-être, mais c’est aussi celui des saisons que le réalisateur de Girl a choisi pour rythmer linéairement cette chronique de l’adolescence. La nature pacifiée par l’homme passe par la froideur de l’hiver, dans une région de Belgique où la culture des fleurs donne du cachet aux images. Un cachet esthétique, métaphorique forcément un peu facile, mais aussi autobiographique pour le cinéaste qui a bien connu cet environnement floral, ponctuation essentielle à cette histoire de jeune pousse.

Passionné par la thématique du genre, de l’identité et de l’inclusivité, Lukas Dhont ne transige pas avec ses obsessions dans Close. Toutefois, dans Girl, le genre était posé comme une dynamique au récit. La protagoniste née garçon avait 15 ans et devait composer avec cette dichotomie pour devenir danseuse étoile.

Un roman d’amitié inédit à l’écran

Close s’intéresse à l’âge qui précède cette étape, quand la sexualité n’est pas, quand l’innocence perdure dans un amour indéfinissable entre deux êtres qui ne connaissent pas encore leurs premiers émois sexuels. Il s’agit, pour Rémi et Léo, les deux protagonistes de cette histoire exceptionnellement belle, de trouver leur place à l’école qui fait société, à l’âge des regards malveillants, des vannes de gamin qui blessent ou détruisent, mais que l’on arrive à surmonter en s’armant comme on peut.

Les deux jeunes adolescents, joués avec un naturel particulièrement sidérant par Eden Dambrine, et Gustav De Waele, offrent une peinture inédite de la complicité entre deux jeunes garçons au cinéma, une relation d’une pureté absolue, acceptée comme telle par les parents. Ceux-ci sont joués magnifiquement à l’écran, notamment par Emilie Dequenne (mère de Rémi) et Léa Drucker, celle de Léo, le jeune homme qui va devoir vivre le départ dramatique de l’autre. D’un naturel confondant, elles sont magnifiques.

Close to heaven or hell ?

A l’âge des décisions qui vont à l’encontre du naturel, Léo, lui, a décidé de mettre à l’écart son alter ego brun. On ne lui en voudra pas de vouloir se forger une place dans un moule social qui protège, mais, dans la spirale de la vie où tout pas en avant emporte l’autre dans sa destruction, le jeune homme y parvient mais au prix d’une initiation bouleversante.

Close ne doit pas trop se dévoiler à l’avance. Il vaut mieux que cela. Le découvrir sans trop en savoir à l’avance, c’est l’assurance d’un beau coup de cœur où réflexions et émotions se nourrissent mutuellement, alimentant une tristesse cathartique et l’espoir. Tout ce que l’on recherche dans un certain cinéma d’auteur à vocation populaire. Un public large saura s’intéresser à ce drame saisissant d’une jeunesse à fleur de peau.

Frédéric Mignard

Compétition officielle au Festival de Cannes 2022

Les sorties de la semaine du 26 octobre 2022

Close de Lukas Dhont, affiche

© 2022 Diaphana Distribution

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