Kylie est une série documentaire à l’image de l’icone Kylie Minogue, quelque peu lisse, mais charismatique, magnétique et puissamment pop.
Synopsis : “Kylie” retrace le parcours de l’une des stars les plus emblématiques de la musique, qui a su réinventer les codes de la pop tout en vendant plus de 80 millions d’albums.
Ce documentaire intimiste en trois parties lève le voile sur les archives personnelles de Kylie Minogue et pose un regard sincère sur une vie qui captive, inspire et rythme le quotidien de plusieurs générations. À travers des photos et vidéos privées et des entretiens inédits avec l’artiste, il présente aussi la femme derrière les paillettes. On y découvre comment elle a affronté la pression médiatique, le deuil et la maladie avec un courage et une élégance qui ne peuvent que forcer le respect de tous.

Courtesy of Netflix © 2026
Critique : Monteur de documentaires au succès constant sur Netflix, Michael Harte se voit proposer la réalisation de Kylie, série en trois épisodes pour Netflix. Le défi confronte le technicien de l’image à quarante ans d’archives personnelles de la star australienne Kylie Minogue, à la médiatisation monumentale.
Le documentaire aux documents riches et omniprésents à l’écran est un bain de jouvence bienvenu pour le spectateur qui se retrouve au plus près de ce bout d’actrice (elle a démarré dans le soap local Neighbours au milieu des années 80, aux côtés de Jason Donovan, ici présent) devenue icone de la chanson pour adolescents en manque de tubes british (elle triomphe comme “produit” estampillé Stock, Aitken & Waterman, dès 1988, succédant à Rick Astley dans la litanie d’icones des producteurs londoniens).
Kylie et ses guests stars, Jason Donovan, Michael Hutchence et Nick Cave
As du montage, l’Irlandais Michael Harte ne se laisse pas intimider par la charge de travail qui consiste à montrer et à faire écouter tellement de choses sans pour autant surcharger son projet. Il construit sa rétrospective musico-intimiste de Kylie Minogue sur trois angles. Le premier épisode révèle l’ascension d’une jeune fille timide dans le monde cynique du divertissement de l’époque. Le second évoque l’émancipation d’une jeune femme dans la pop indie et son histoire d’amour avec son compatriote, Michael Hutchence d’INXS, décédé en 1997. La troisième et ultime partie explore l’explosion de la chanteuse au rang de pop star mondiale grâce à au tube Can’t Get You Out of My Head qui séduit jusqu’aux Américains, restés alors hermétiques. Il y est aussi question d’une page sombre de la chanteuse : le diagnostic d’un cancer du sein agressif à l’âge de 36 ans. Elle est alors contrainte de médiatiser la maladie : elle vient de démarrer une tournée mondiale quand la terrible nouvelle lui est annoncée et il lui faut urgemment tout annuler.

Courtesy of Netflix © 2026
Point de drogue, de déchéance et de déclaration sordide durant ces trois heures de pop show, le documentaire est à l’image de Kylie Minogue, toujours lisse, mais sincère. Kylie a toujours rayonné dans sa brillance pop sans faire de vague ou de controverse. A ce sujet, le retour sur sa romance surmédiatisée avec Michael Hutchence ou l’intervention de Nick Cave avec lequel elle chanta en victime post-mortem de féminicide, sur Where the Wild Roses Grow, est passionnant à bien des égards. Ce segment confronte cet objet de féminité fragile à des psychés plus torturées, éminemment rock et masculines, qui vont contribuer à l’apprentissage de la jeune femme sans jamais l’éclabousser ou détruire l’équilibre parfait qu’elle révèle à l’écran, y compris dans ses interventions contemporaines.

Kylie. Kylie Minogue in Kylie. Cr. Courtesy of Netflix © 2026
Kylie, radieuse et somptueuse, est surtout marquée par la maladie et la douleur de ne jamais avoir eu d’enfant, malgré ses efforts. Et c’est bien dans son lien fort avec la famille, et notamment sa sœur Dannii Minogue, ainsi que dans le pouvoir de la pop musique et de la scène qu’elle saura rester imperturbablement sereine. Sans excès et mesquinerie de bitchy pop girl qu’elle ne sera jamais, Kylie Minogue apparaît à l’écran figée dans un modèle de white suburb girl australien qui contredit les adages sur la nécessité d’être un monstre pour s’imposer comme superstar.
Kylie, qui sonde la parole unique de l’intéressée et de ses proches a-t-il pu aller au-delà des conventions? En tout cas, il ne contredit jamais l’image d’une artiste immuable qui n’a jamais dissimulé de travers manipulateurs. Lisse et cool : deux adjectifs qui, pour une fois, se marient à merveille. C’est même exactement ce qu’on appelle la pop ; Kylie en représente la quintessence.

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