ADN : la critique du film (2020)

Drame | 1h31min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
ADN de Maïwenn, affiche du film

  • Réalisateur : Maïwenn
  • Acteurs : Fanny Ardant, Louis Garrel, Marine Vacth, Maïwenn, Dylan Robert
  • Date de sortie: 28 Oct 2020
  • Nationalité : Français
  • Titre original : -
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Mathieu Demy, Maïwenn
  • Directeur de la photographie : Sylvestre Dedise - Benjamin Groussain
  • Compositeur : Stephen Warbeck
  • Société(s) de production : Why Not Productions, Arte France Cinéma
  • Distributeur (1ère sortie) : Le Pacte
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son :
  • Festivals et récompenses : Sélection Officielle Cannes 2020
  • Illustrateur / Création graphique : Silenzio pour Le Cercle Noire
  • Crédits : Why Not Productions, Arte France Cinéma
Note des spectateurs :
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ADN, entre introspection personnelle et chronique familiale flamboyante, finit par s’essouffler dans ses excès.

Synopsis : Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses…

Critique : ADN appartient au cru compliqué de la sélection officielle 2020 du festival de Cannes, torpillé par le confinement et la crise sanitaire du coronavirus. Il sort en salles le 28 octobre sans bénéficier de l’écho médiatique qu’il aurait dû avoir sur la Croisette.

Même si elle refuse de qualifier d’autobiographique cette nouvelle œuvre tant attendue, Maïwenn continue de s’inspirer d’événements personnels pour construire une fresque familiale autour de l’identité et de la transmission.

Neige (Maïwenn elle-même), divorcée et mère de trois enfants déjà grands, appartient à une famille foutraque et généreuse, parsemée de fêlures mais riche de ses origines mélangées. On rit, on pleure, on s’invective, on se chamaille dans une totale impudeur qui assurément troublera ceux qui se reconnaissent davantage dans la réserve. Ce n’est qu’autour d’Emir, le grand-père, un homme doux et compréhensif, militant communiste émigré d’Algérie, que les guerres des générations s’apaisent.

Très âgé, atteint d’Alzheimer, il vit en EPHAD mais Neige (pour qui il fut un rempart contre des parents qu’elle juge toxiques) et Kevin (l’occasion de retrouver le toujours fougueux et facétieux Dylan Robert découvert dans Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin qui lui valut le César du Meilleur Espoir Masculin en 2019), lui rendent régulièrement visite.

La quête obsessionnelle des origines

Avant que sa mémoire ne lui joue des tours, le vieil homme a eu le temps de réaliser, avec l’aide d’une amie, un album photo qui rassemble ses combats et ses souvenirs, un recueil dans lequel chacun se plonge avec émotion. Mais voilà que ce pilier disparaît, créant un nouveau séisme au sein de la famille.

Entre humour et gravité, tout est prétexte à des discussions acharnées autour de l’organisation des obsèques, du choix du cercueil et surtout de l’hommage à rendre au défunt, les uns souhaitant mettre en avant ses exploits de jeunesse, les autres ne voulant retenir que la sagesse du vieil homme. Autant de questionnements qui pousse Neige, désarçonnée par l’indifférence de certains membres de la famille face à ces événements, à se lancer dans une quête obsessionnelle de ses origines.

L’ADN du cinéma de Maïwenn…

De Pardonnez-moi à Mon roi, Maïwenn cultive son goût pour un cinéma hyper-réaliste, soutenue par une énergie débordante et des dialogues percutants. ADN ne faillit pas à la règle. La réalisatrice n’a rien perdu de sa capacité à passer du rire aux larmes en quelques plans. Sa mise en scène, débridée au point d’étouffer quelques personnages (Fanny Ardant coincée entre exaltation et froideur trouve difficilement le point d’équilibre) mais dont on ne peut nier le panache et la vivacité, ouvre la porte à quelques situations mémorables, dont celle de la confrontation mère/fille qui brille d’une authenticité propre à marquer durablement les esprits.

Photo © Malgosia Abramowska

Si dans un premier temps le dynamisme de la narration capte l’attention du spectateur, l’enterrement de l’aïeul annonce le déclin d’un récit jusqu’alors foisonnant. Entre règlements de compte filiaux et recherches génétiques, il se focalise presque exclusivement sur le besoin de reconstruction de Neige et n’accorde plus que peu de place à des personnages pourtant hauts en couleur, le dépouillant ainsi de sa spontanéité initiale.

Louis Garrel, un contrepoids bienvenue dans sa légèreté

Fort heureusement, François, ex et désormais confident, incarné par un Louis Garrel dont l’humour ravageur éclaire le film d’un bout à l’autre, ne s’en laisse pas conter. Sa légèreté et son détachement contrebalancent les emportements d’une Neige à fleur de peau et limitent le risque de dramatisation.

Pas de doute, ADN est un film qui ravira les inconditionnels du style direct et nerveux de Maïwenn mais qui, malgré l’intérêt universel du sujet, laissera les autres circonspects face à une réalisation qui oscille sans cesse entre tragi-comédie et outrance.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 28 octobre 2020

ADN de Maïwenn, affiche du film

© Why Not Productions, Arte France Cinéma

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