Proche du téléfilm, A armes égales ne passionne guère par la faute d’une réalisation mollassonne et d’acteurs fort peu charismatiques. Ennuyeux.
Synopsis : En 1945, une cérémonie de la plus haute importance a lieu : le chef du clan Yoshida se retire et laisse sa place à son fils aîné, Sensei, et lui remet deux épées ancestrales, symboles du pouvoir. Jaloux, le cadet tue son père avant de s’enfuir avec les précieuses armes. On retrouve une des épées à Los Angeles plusieurs décennies plus tard. Ils proposent alors à un boxeur en fin de carrière de la leur ramener. Un chemin périlleux l’attend.
Critique : Financé par l’éphémère branche cinéma de la firme CBS, A armes égales devait au départ présenter des personnages complexes et une intrigue intéressante fondée sur une opposition des cultures. Malheureusement, le script d’origine a été modifié de nombreuses fois, y compris lors du tournage lui-même afin de mieux correspondre aux attentes du public. Cette dérive commerciale du projet a abouti à un résultat totalement bancal qui ne peut satisfaire ni les amateurs de cinéma d’auteur, ni les amoureux de films d’action.

© 1982 CBS Theatrical Films – Poncher-Rosen-Beckman Productions / © 2018 Carlotta Films. Tous droits réservés.
D’un côté, les personnages sont tellement taillés à la serpe que le cinéphile un peu exigeant ne peut prendre pleinement au sérieux leur évolution. Ainsi, l’Américain très moyen incarné avec balourdise par Scott Glenn ne peut clairement pas devenir en l’espace de quelques semaines un artiste martial doté d’un sens de l’honneur développé.
De l’autre, l’amoureux de films d’action risque bien de trouver le temps très long devant cette histoire assez fumeuse de la lutte entre deux clans pour l’obtention d’un sabre. Effectivement, si l’on excepte le dernier quart d’heure assez dynamique, A armes égales est surtout remarquable par sa lenteur dans l’exposition de son histoire.
En réalité, on a surtout le sentiment qu’aucun membre de l’équipe n’y a cru au moment du tournage. Malgré la présence de jolis décors naturels (notamment à Kyoto), le réalisateur John Frankenheimer ne parvient pas à donner un cachet à ses images. On est ainsi à des années-lumière du Yakuza de Pollack qui bénéficiait au moins d’une belle photographie. La réalisation de Frankenheimer s’avère paresseuse, à tel point qu’on a souvent l’impression de visionner un vulgaire téléfilm. Même constat de désœuvrement face aux acteurs, très peu inspirés. Pour son premier grand rôle, Scott Glenn ne fait guère d’étincelles. Même Toshiro Mifune semble en mode automatique.
Plombé par une musique assez médiocre de Jerry Goldsmith, lui aussi d’ordinaire plus inspiré, le résultat final n’est guère passionnant. Même les chorégraphies martiales mises en place par un certain Steven Seagal – alors en tout début de carrière – ne sont pas suffisamment mises en valeur par un cinéaste aux abonnés absents. Grosse déception donc que ce film qui ne parvient jamais à trouver sa voie, quelque part entre drame, action, arts martiaux.
Le grand public n’a d’ailleurs pas vraiment adhéré à ce long-métrage qui fut en son temps un échec commercial. Avec moins de trois millions de dollars de recettes aux Etats-Unis et un peu plus de 230 000 entrées sur toute la France, le film n’a clairement pas été une bonne affaire. Au vu de la médiocrité générale, on peut comprendre aisément un tel désaveu.
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Critique : Virgile Dumez

© 1982 CBS Theatrical Films – Poncher-Rosen-Beckman Productions / Affiche : Agence Promo 505. Tous droits réservés.