Vincente Minnelli

Réalisateur
Un Américain à Paris, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Américain
  • Date de naissance : 28 février 1903 à Chicago (Illinois, États-Unis)
  • Date de décès : 25 juillet 1986 à Beverly Hills (Californie, États-Unis)
  • Crédit visuel : © 1951 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) / Affiche : Roger Soubie. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur américain, Vincente Minnelli est né en 1903 à Chicago dans l’Illinois au sein d’une famille d’artistes. Son père possédait notamment une troupe de théâtre, ce qui a permis à Vincente d’apparaître sur scène dès l’âge de trois ans. Il gardera toute sa vie ce goût pour le spectacle vivant.

Minnelli, un enfant de la balle

Doué pour le dessin, Vincente Minnelli peint notamment des pancartes publicitaires pour gagner de l’argent de poche à l’adolescence, puis débute en tant que dessinateur de costumes et de décors pour le théâtre. Ainsi, il intervient sur l’opérette Du Barry à la demande expresse de la soprano Grace Moore et à tout juste trente printemps, il devient le directeur artistique du Radio City Music Hall de New York.

Durant les années 30, Vincente Minnelli confirme son importance en créant plusieurs spectacles à succès à Broadway, développant notamment un goût prononcé pour les comédies musicales qui deviendront par la suite sa spécialité. Au début des années 40, le producteur Arthur Freed l’invite à rejoindre la MGM à Hollywood afin de régler les numéros musicaux de plusieurs comédies jugées trop ternes. Ainsi, Minnelli se familiarise avec la réalisation sur plusieurs productions de la firme entre 1940 et 1942. Il tourne notamment plusieurs scènes du film Panama Hattie (1942) sans pour autant être crédité au générique de ce long-métrage collectif.

L’ascension dans les années 40

Son premier véritable essai intervient avec la comédie musicale Un petit coin aux cieux (1943) qui a la particularité d’être interprétée par un casting afro-américain. Pour le moment, ce film en noir et blanc ne révèle que partiellement le talent du cinéaste qui va véritablement se révéler avec l’usage de la couleur. Il n’est pas encore pleinement maître à bord de la comédie Mademoiselle ma femme (1943) et il n’est qu’une aide non créditée sur Le corps céleste (Alexander Hall, 1944).

Toutefois, c’est aussi en 1944 qu’il tourne le premier film fondateur de son œuvre future avec Le chant du Missouri (1944) qui dispose justement de la couleur et de la présence de Judy Garland. Une idylle naît alors entre le cinéaste et son interprète, ce qui débouche sur un mariage peu de temps après le tournage. De leur union naîtra Liza Minnelli. Si le film est un échec au box-office américain, il parvient toutefois à être nominé dans quatre catégories aux Oscars.

Les deux complices enchaînent aussitôt avec L’horloge (1944) qui atteint parfaitement son objectif de comédie dramatique et sentimentale. L’année 1945 est entièrement consacrée à la comédie musicale dont il devient un maître incontesté avec Ziegfeld Follies (1945). Il en tourne plusieurs segments d’après un spectacle qu’il a monté à Broadway des années auparavant, puis Yolanda et le voleur (1945) où il tente de dépoussiérer l’image de Fred Astaire sans y parvenir totalement.

Avec Lame de fond (1946), le cinéaste change de genre et aborde pour la première fois le film noir, avec un certain talent. Le métrage mené par Katharine Hepburn et Robert Taylor attire 700 523 spectateurs en France. La même année, il tourne encore un film collectif intitulé La pluie qui chante (1946). Toutefois, il faut attendre 1948 pour que le cinéaste dirige le grand Gene Kelly dans Le pirate qui, malgré des qualités esthétiques évidentes n’est pas distribué en France. Ce semi-échec sur le plan commercial le pousse à aborder d’autres genres les années suivantes.

Tous en scène, l'affiche

© 1953 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) / Affiche : Deleuse (agence). Tous droits réservés.

Ainsi, il réalise une adaptation contestée de Madame Bovary (1949) qui n’est pourtant pas indigne, loin de là. L’année suivante, il triomphe avec la comédie familiale Le Père de la mariée (1951) et obtient même un très bon résultat en France avec 1 242 247 convives. Le carton appelait naturellement une suite qui s’intitule Allons donc, papa ! (1951), mais le public la boude, y compris en France avec désormais 812 226 invités.

Les grandes comédies musicales des années 50

Lorsque Minnelli retrouve Gene Kelly en 1951, ils signent un classique instantané de la comédie musicale, à savoir le magnifique Un Américain à Paris (1951) qui obtient la bagatelle de six Oscars dont celui du meilleur film. En France, ils sont plus de 3 millions de spectateurs à venir se dandiner sur la musique entêtante de George Gershwin. Changement de registre avec un autre grand classique en 1952. Les ensorcelés avec Kirk Douglas et Lana Turner est une superbe évocation du milieu de Hollywood. Si le succès n’est guère spectaculaire, le métrage reçoit cinq Oscars, essentiellement dans des domaines techniques.

En 1953, Minnelli signe un nouveau grand classique de la comédie musicale avec le génial Tous en scène qui renoue avec la comédie musicale classique et des numéros musicaux situés sur la scène d’un théâtre. Pourtant, le cinéaste n’oublie jamais le cinéma et livre une œuvre majeure de plus qui n’attire que 554 086 spectateurs français, généralement peu friands de musicals. Toujours à l’aise dans ce genre, Minnelli enchaîne avec La roulotte du plaisir (1954) et Brigadoon (1954) qui est une jolie fantaisie fantastique. Toutefois, les succès sont moindres.

La vie passionnée de Vincent Van Gogh (affiche reprise Swashbuckler)

Copyrights : M.G.M (Metro-Goldwyn-Mayer)

Afin de se diversifier, Vincente Minnelli aborde le drame psychiatrique avec La toile d’araignée (1955) qui est un terrible flop, mais il semble plus à l’aise dans le biopic avec l’excellent La vie passionnée de Vincent van Gogh (1956) qui obtient un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Anthony Quinn. On peut également souligner la belle sensibilité de Thé et sympathie (1956), un superbe drame de l’homosexualité qui n’a pas obtenu le succès mérité.

Retour à la comédie romantique avec La femme modèle (1957) qui se voit octroyer un Oscar du meilleur scénario, puis à la comédie musicale avec l’excellent Gigi (1958) qui est un très gros succès international. Le métrage moissonne large avec 9 Oscars et plus d’un million de spectateurs français, sans doute attirés par la présence de Maurice Chevalier.

Le temps des drames familiaux intenses

Après ce nouveau triomphe qui lui offre son unique Oscar du meilleur réalisateur, Vincente Minnelli revient au drame avec des œuvres fortes et ambitieuses. Comme un torrent (1958) avec Frank Sinatra est un autre succès, tandis que Celui par qui le scandale arrive (1960) conforte sa capacité à tourner des drames familiaux intenses. Cela n’empêche nullement le réalisateur de revenir à ses premières amours avec la comédie chantée Un numéro du tonnerre (1960), mais on lui préfère largement le drame Les quatre cavaliers de l’apocalypse (1962) qui dépasse le million d’entrées en France. Toujours inspiré, Minnelli retrouve Kirk Douglas avec Quinze jours ailleurs (1962) qui est un échec commercial.

Gigi, l'affiche

© 1958 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) / Affiche : Roger Soubie. Tous droits réservés.

Afin de se refaire une santé sur le plan économique, Vincente Minnelli revient à la comédie familiale avec Il faut marier papa (1963) qui nous fait découvrir le petit garçon Ron Howard. La réussite commerciale n’est pas flagrante et la carrière du cinéaste semble patiner à cette époque. En réalité, les grandes œuvres sont déjà passées et Vincente Minnelli ne retrouvera plus l’inspiration des années 50.

Une fin de carrière décevante

Il ne passionne pas les foules avec Au revoir Charlie (1964) ou encore Le chevalier des sables (1965), malgré un Oscar décerné à la musique de ce dernier long-métrage. Désormais complètement démodé, le cinéaste ne parvient plus à monter ses projets. Il ne revient qu’en 1970 avec Melinda, comédie portée par Barbra Streisand qui connaît une carrière décevante en salles malgré la présence de la star de la chanson. Enfin, sa carrière se termine six ans plus tard avec un Nina (1976) qui est interprété par sa fille Liza Minnelli. Le métrage est un tel échec qu’il demeure inédit en France.

Désormais loin des plateaux, le septuagénaire prend une retraite bien méritée durant une dizaine d’années et s’éteint en 1986 à la suite d’une pneumonie. Il avait 83 ans.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 1986 

Filmographie :

Réalisateur (longs-métrages de cinéma uniquement) :

  • 1942 : Panama Hattie (numéros musicaux)
  • 1943 : Un petit coin aux cieux (Cabin in the Sky)
  • 1943 : Mademoiselle ma femme (I Dood It)
  • 1944 : Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis)
  • 1945 : L’Horloge (The Clock)
  • 1945 : Yolanda et le Voleur (Yolanda and the Thief)
  • 1946 : Ziegfeld Follies
  • 1946 : Lame de fond (Undercurrent)
  • 1948 : Le Pirate (The Pirate)
  • 1949 : Madame Bovary
  • 1950 : Le Père de la mariée (Father of the Bride)
  • 1951 : Allons donc, papa ! (Father’s Little Dividend)
  • 1951 : Un Américain à Paris (An American in Paris)
  • 1952 : Les Rois de la couture (Lovely to Look at)
  • 1952 : Les Ensorcelés (The Bad and the Beautiful)
  • 1953 : Histoire de trois amours (The Story of Three Loves) – segment Mademoiselle
  • 1953 : Tous en scène (The Band Wagon)
  • 1954 : La Roulotte du plaisir (The Long, Long Trailer)
  • 1954 : Brigadoon
  • 1955 : La Toile d’araignée (The Cobweb)
  • 1955 : Kismet / L’étranger au paradis (Kismet)
  • 1956 : La Vie passionnée de Vincent van Gogh (Lust for Life)
  • 1956 : Thé et Sympathie (Tea and Sympathy)
  • 1957 : La Femme modèle (Designing Woman)
  • 1957 : La Passe dangereuse (The Seventh Sin)
  • 1958 : Gigi
  • 1958 : Qu’est-ce que maman comprend à l’amour ? (The Reluctant Debutante)
  • 1958 : Comme un torrent (Some Came Running)
  • 1960 : Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill)
  • 1960 : Un numéro du tonnerre (Bells Are Ringing)
  • 1962 : Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Four Horsemen of the Apocalypse)
  • 1962 : Quinze jours ailleurs (Two Weeks in Another Town)
  • 1963 : Il faut marier papa (The Courtship of Eddie’s Father)
  • 1964 : Au revoir, Charlie (Goodbye Charlie)
  • 1965 : Le Chevalier des sables (The Sandpiper)
  • 1970 : Melinda (On a Clear Day You Can See Forever)
  • 1976 : Nina (A Matter of Time)
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