Réalisateur, producteur et directeur de la photographie américain, Steve Carver est né en 1945 à New York. Il a notamment étudié à la High School of Music and Art de Manhattan, puis a obtenu plusieurs diplômes dans des domaines artistiques variés. Installé pendant plusieurs années à Saint-Louis dans le Missouri, Steve Carver se fait la main en tant que directeur de la photographie et documentariste, notamment pour des équipes de baseball.
Un pensionnaire de la firme de Roger Corman
Au début des années 70, ses travaux de documentariste lui permettent d’intégrer l’American Film Institute de Los Angeles. Durant sa formation, il devient assistant du réalisateur Dalton Trumbo sur Johnny s’en va-t’en guerre (1971) et réalise un court-métrage inspiré d’Edgar Allan Poe et intitulé The Tell-Tale Heart (1971). Grâce à ce court, il est repéré par Roger Corman qui l’embauche pour travailler sur des scripts. Finalement, le producteur lui offre la possibilité de tourner son premier long-métrage avec La révolte des gladiatrices (1974), une série B portée par Pam Grier et tournée en Italie.
Satisfait du résultat, Roger Corman lui offre de réaliser un film de gangsters mené par la star Angie Dickinson. Super Nanas (1974) est un nouveau succès commercial qui crédibilise un peu plus le cinéaste. A noter que le film a également été exploité en France sous le titre Mama la gâchette. Corman lui fait confiance et lui confie Capone (1975), un biopic sur le célèbre gangster interprété par Ben Gazzara. Il s’agit d’un nouveau succès aux States, tandis que le film a terminé sa course française à 79 451 spectateurs.
En 1976, Steve Carver reprend son indépendance et remplace au pied levé le réalisateur Burt Kennedy débarqué du tournage de L’enfer des Mandingos (1976) par le producteur Dino de Laurentiis. Il s’agissait d’exploiter le succès de scandale du Mandingo de Richard Fleischer (1975). Même si le métrage est rentable, le réalisateur a mal vécu le fait de remplacer un autre au pied levé. Après plusieurs projets avortés, Steve Carver retourne dans le giron de Roger Corman qui lui offre du travail sur la comédie Fast Charlie… the Moonbeam Rider (1979) avec David Carradine, puis Des nerfs d’acier (1979) avec Lee Majors. Seul le second a connu une courte exploitation en France.
L’ascension conjointe avec Chuck Norris

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La carrière de Steve Carver continue à arpenter les terres de la série B lorsqu’il devient un collaborateur de Chuck Norris. Ils tournent ensemble Dent pour dent (1981) qui connaît un petit succès d’estime aux States. Ils consolident leur réputation avec Œil pour œil (1983) qui est, cette fois-ci, un vrai gros carton au box-office et, plus tard, en VHS. Le cinéaste y oppose Chuck Norris et David Carradine. Porté par une superbe affiche, le film connaît un gros succès en France avec 741 408 entrées.
Un faiseur qui enchaîne les séries B sans intérêt
Pourtant, ce film qui aurait dû lancer la carrière du cinéaste demeurera son plus gros succès personnel. Il accepte ensuite de venir aider les producteurs sur des tournages en difficulté, ce qui, selon ses dires, lui a rapporté beaucoup d’argent. Pour autant, le reste de sa filmographie n’a rien de mémorable avec la comédie sportive Jacks… De vrais champions (1986), puis l’inédit vidéo À l’épreuve des balles (1987) avec Gary Busey.
Répondant à l’appel de la Cannon, Steve Carver bosse avec Michael Dudikoff sur le film d’aventures La rivière de la mort (1989). Toujours pour Menahem Golan, Steve Carver réalise le film d’action Dead Center (1993) mené par Justin Lazard. Le yes man effectue un dernier tour de piste avec l’inédit The Wolves (1996) et raccroche les gants pour se tourner définitivement vers la photographie.
Dès cette époque, il ouvre un laboratoire photographique à Los Angeles. Malheureusement, Steve Carver a fait partie des nombreuses victimes de l’épidémie de la Covid-19 et il décède en 2021 à l’âge de 75 ans.