Serge Korber

Réalisateur, scénariste, acteur
Et vive la liberté ! affiche du film avec les Charlots, de Serge Korber

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 1er février 1936, à Paris (France)
  • Date de décès : 23 janvier 2022, à Paris (France), à l'âge de 85 ans

Biographie

Note des spectateurs :

Serge Korber est un passionné de cinéma qui va gravir tous les échelons avant de devenir un réalisateur au succès relatif.

Korber est directeur de scène et éclairagiste à l’Olympia au début des années 60. Il assiste ensuite Guy Deborde, devient acteur chez François Truffaut et Claude de Givray dans Tire au flanc 62 (1961), ou Agnès Varda dans Cléo de 5 à 7 (1962). Il assiste Franju, réalise des courts primés, parmi lesquels La dame à la longue vue, qui obtient le Grand Prix à Cannes, et Un jour à Paris, avec Jean-Louis Trintignant, produit par Marin Karmitz, futur fondateur de MK2. Sa carrière semble toute tracée vers le long, mais tout ne se passera pas comme espéré.

Serge Korber réalise un premier long en 1965, Le 17e Ciel  dans lequel il met en scène Jean-Louis Trintignant et Marie Dubois. Il s’agit d’une production Raymond Danon dans lequel Jean Lefèbvre figurait en second rôle. Le réalisateur lui accorde un rôle principal, aux côtés de Dany Carrel dans Un idiot à Paris (1966), second essai qui est un succès d’estime avec 1 360 642 spectateurs.

Le 17e ciel de Serge Korber, affiche

Affichiste © Parabiosca

L’auteur change ensuite de genre avec La petite vertu, produit par Gaumont et Alain Poiré. Le film, tiré d’un roman de James Hadley Chase, est adapté par Claude Sautet, Michel Audiard et Serge Korber lui-même. Dany Carrel, Jacques Perrin, Robert Hossein et Pierre Brasseur sont en tête d’affiche. Avec une sortie en salle en février 1968, l’écho n’est pas satisfaisant (649 742).

En 1970 et 1971, Korber met en scène Louis de Funès dans deux longs mineurs dans la carrière du comique, L’homme orchestre (2 141 000) et Sur un arbre perché (1 622 000). Ce qui aurait dû le propulser va quelque peu le freiner. Les deux films sont considérés comme des semi-échecs en raison du potentiel de l’humoriste de Funès, celui-ci ayant dépassé les 3/4/5/6, voire 17 millions d’entrées sur 11 derniers films.

Cherchez l'erreur de Serge Korber, avec Roland Magdane. Affiche.

Crédit photo : A. Marouani, Sillage

Comme de nombreux réalisateurs, Serge Korber se tourne vers la publicité dans les années 70. Le secteur en pleine révolution paie bien et lui laisse du temps pour réaliser des comédies comme Les feux de la chandeleur (1972, 1 491 600 entrées) et Ursulu et Grelu (1974, 210 473), deux films avec Annie Girardot, mais aussi Bernard Fresson.

A la suite d’un pari perdu avec François Truffaut et Claude Chabrol, il doit réaliser un film pornographique dans le but de faire reculer la censure considérée comme conservatrice. En 1975, la pornographie et le sexe explicite est de toutes les conversations  et dans toutes les salles. Serge Korber réalise ainsi L’essayeuse, dont la 17e Chambre Correctionnelle de Paris ordonne la destruction de toutes les copies pour outrages aux bonnes mœurs. Sous le pseudo de John Thomas, Korber s’entêtera de façon alimentaire et réalisera une dizaine de longs dans le genre.

Serge Korber, après deux ans de divertissements pour adultes consentants (1975-1977), revient à un cinéma plus conventionnel en 1977, avec le film des Charlots, Et vive la liberté ! Il s’agit d’une contreperformance pour la troupe de Gérard Rinaldi qui se contente de 1 277 000 fidèles loin des 7 460 000 entrées des Bidasses en folie (1971) ou des 5 744 000 entrées des Fous du stade (1972).

Le cinéaste passe à un cinéma plus sérieux en 1978 avec Je vous ferai aimer la vie, drame avec Marie Dubois et Julien Guiomar, sur la thématique difficile du don d’organes. C’est encore un échec. En 1979, Un jour un tueur, polar avec Mylène Demongeot, connaît l’affront de la privation d’écran. Il ne sortira qu’en DVD des décennies après.

Déstabilisé dans ses projets, Korber est contraint de se tourner vers la télévision dans les années 80. Ses incursions cinématographiques sont rares et ratées. En 1980, il dirige Roland Magdane, comique à la mode, dans Cherchez l’erreur… Un flop, un vrai. Ta gueule, je t’aime, est une comédie paillarde et érotique, avec, dans des seconds rôles, Anne Libert, Brigitte Lahaie et Cathy Stewart. Un désastre artistique que l’auteur n’osera pas mettre dans sa filmographie. Ensuite, il faut attendre 1988 et une fiction proche du théâtre filmé, A notre regrettable époux, avec Jacqueline Maillan et Alida Valli, pour retrouver Korber au cinéma. En pleine crise du cinéma, C’est un fiasco commercial.

Et vive la liberté ! affiche du film avec les Charlots, de Serge Korber

Affiche © Jean Solé

Acculé, Serge Korber, au talent si prometteur dans les années 60, est relégué à la télévision jusqu’en 1996 et la curieuse adaptation des Bidochon de Binet. Le film avec Anémone et Jean-François Stévenin est un dernier flop pour la route, avec 64 000 entrées France. Le cinéaste ne s’en sortira désormais que dans le documentaire, avec 11 films de ce genre entre 2002 et 2014, sur des personnalités éminentes de la culture française (Béjart, Trintignant, Michel Legrand, de Funès, Gabin…).

Korber occupe parallèlement des places multiples dans les coulisses sur des films bien connus, mais ses heures de cinéaste sont derrière lui.

Il nous quitte malheureusement quelque peu oublié en janvier 2022. Les amateurs de cinéma populaire le remercient encore pour toutes ses comédies populaires qui, grâce aux diffusions télévision, retrouveront un certain public.

Frédéric Mignard

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Filmographie (réalisateur, long métrage)

  • 1965 : Le Dix-septième Ciel
  • 1966 : Un idiot à Paris
  • 1968 : La Petite Vertu
  • 1969 : Decameron ’69  (anthologie de courts)
  • 1970 : L’Homme orchestre
  • 1971 : Sur un arbre perché
  • 1972 : Les Feux de la Chandeleur
  • 1973 : Ursule et Grelu
  • 1975 : À bout de sexe (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1975 : Dans la chaleur de Julie (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1975 : Hard Love (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1976 : Excès (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1976 : Hurlements de plaisir (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1976 : L’Essayeuse (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1977 : Cailles sur canapé (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1977 : Et vive la liberté !
  • 1977 : L’odyssée de l’extase (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1977 : Pornotissimo (sous le pseudo de John Thomas)
  • 1979 : Je vous ferai aimer la vie
  • 1979 : Un jour, un tueur
  • 1980 : Cherchez l’erreur…
  • 1980 : Ta gueule, je t’aime !
  • 1988 : À notre regrettable époux
  • 1996 : Les Bidochons
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