Acteur allemand, Rolf Hoppe est né en 1930 à Ellrich en Allemagne. Il est le fils d’un boulanger et devait initialement reprendre l’affaire familiale d’autant qu’il est fils unique. Alors qu’il n’est qu’un adolescent, il doit participer au nettoyage d’un camp de concentration sur ordre des Américains, expérience qui le marqua à vie.
Un grand acteur de théâtre allemand
Après le conflit mondial, il débute sur scène dans une troupe amateur et se prend de passion pour le théâtre qu’il choisit d’étudier au Conservatoire d’État d’Erfurt entre 1949 et 1951, au grand dam de ses parents. Au début des années 50, il entame une longue carrière théâtrale où il arpente les scènes de Leipzig, Dresde et de temps à autre Berlin. Durant cette brillante carrière, il a interprété des textes de Brecht, Shakespeare, Sophocle, mais aussi des auteurs contemporains.
Rolf Hoppe est également très présent à la télévision dès 1956 et au grand écran dès 1963. Son premier long métrage de cinéma consiste en une courte apparition dans Jetzt und in der Stunde meines Todes (Konrad Petzold, 1963). Ensuite, on le retrouve dans Solange Leben in mir ist (Günter Reisch, 1965) et surtout dans Karla (Herrmann Zschoche, 1965), film important qui est immédiatement censuré par le régime communiste de RDA. Le métrage ne sera visible que lors de la réunification allemande.
Plus de 200 crédits au cinéma et à la télévision
Cela n’a pourtant pas empêché Rolf Hoppe de continuer une brillante carrière en jouant dans J’avais 19 ans (Konrad Wolf, 1968), ainsi que dans des westerns germaniques comme Spur des Falken (Gottfried Kolditz, 1968) ou encore Les loups blancs (Konrad Petzold et Bosko Boskovic, 1969). Ces beaux succès lui ont permis d’être choisi pour interpréter le scientifique retors du film de SF Eolomea (Herrmann Zschoche, 1972), une coproduction entre Mosfilm (URSS) et la DEFA (RDA). L’année suivante, il joue également le rôle du roi dans le conte pour enfants Trois noisettes pour Cendrillon (Václav Vorlícek, 1973), une coproduction germano-tchèque cette fois. Durant les années 70, le comédien est très occupé à la télévision, tout en continuant à incarner des seconds rôles dans des films assez méconnus en France.
En fait, il faut attendre 1981 pour le retrouver dans une œuvre importante puisqu’il joue un général nazi dans Mephisto (1981), le classique d’István Szabó. Ce beau sursaut lui a offert l’occasion de poursuivre une brillante carrière durant la décennie suivante et même de réussir le passage difficile de la réunification allemande. Il fut ainsi l’un des rares acteurs est-allemand à retrouver du travail dans les années 90.
Un passage réussi vers l’Allemagne de l’Ouest
Il a notamment donné la réplique à Nastassja Kinski dans Symphonie du printemps (Peter Schamoni, 1983), tandis qu’il est dirigé dès 1984 par Michael Haneke pour son téléfilm Wer war Edgar Allan ? (1984). Parmi ses contributions majeures, on peut encore citer La variante Grünstein (Bernhard Wicki, 1985), Moitié de la vie (Herrmann Zschoche, 1985), Schtonk! (Helmut Dietl, 1992), Mario et le Magicien (Klaus Maria Brandauer, 1994), Comedian Harmonists (Joseph Vilsmaier, 1997) et Palmetto (Volker Schlöndorff, 1998).
Toutefois, à partir de la fin des années 90, Rolf Hoppe est avant tout sollicité par la télévision, tournant dans une palanquée de téléfilms et de séries locales. Le grand comédien aux crédits innombrables décède en 2018 à l’âge respectable de 87 ans.