Réalisateur et scénariste tchécoslovaque, puis tchèque, Václav Vorlícek est né en 1930 à Prague, en Tchécoslovaquie. Le jeune homme a décidé de devenir cinéaste et il a suivi une formation à la FAMU (Faculté du cinéma et de la télévision de Prague) entre 1951 et 1956. Durant cette période, il est à la fois assistant pour d’autres réalisateurs, mais il se forme également en tournant quelques courts et un téléfilm.
Un cinéaste tchèque détaché de la politique
Après avoir été réalisateur de seconde équipe attaché aux studios Barrandov durant la fin des années 50, il passe enfin au stade supérieur en réalisant son premier long de fiction intitulé L’affaire Lupínek (1961) qui se distingue déjà des œuvres de ses confrères de la Nouvelle Vague tchèque.
Effectivement, Václav Vorlícek n’est pas intéressé par la politique et il ne sera jamais un cinéaste engagé, ce qui lui a valu bien des critiques à son époque. Ainsi, l’homme se conforme aux exigences de l’industrie et aux recommandations du Parti. Pour autant, il ne se pique pas non plus de propagande. En fait, il développe un univers à part, généralement loufoque, basé sur le rire et le fantastique. Ainsi, il livre des œuvres familiales comme Les poussins en voyage (1962), mais son premier coup d’éclat intervient en 1966 avec la comédie dingue Qui veut tuer Jessie ? (1966) qui rencontre un beau succès. Il enchaîne aussitôt avec le délirant Fin de l’agent W4C par l’intermédiaire du chien de Monsieur Foustka (1967), puis le grand classique Monsieur, vous êtes veuve (1971).
Humour délirant et fantastique à tous les étages
A partir de cette époque, Václav Vorlícek va opter pour des films traitant du merveilleux à destination des enfants. Il tourne d’abord Saxane à l’école des sorcières (1972), mais connaît surtout un énorme succès dans les pays du bloc de l’Est avec son conte Trois noisettes pour Cendrillon (1973) qui est encore aujourd’hui un classique de Noël dans les chaumières germaniques et tchèques. Après ce triomphe, le cinéaste continue à creuser le même sillon avec des films moins marquants. On peut toutefois signaler son Comment on réveille les princesses (1978).
Dès la fin des années 70, le réalisateur alterne sans cesse productions enfantines pour le cinéma et même séries télévisées limitées, toujours liées à l’enfance. Une fois le régime communiste abattu, Václav Vorlícek trouve essentiellement du travail à la télévision, même s’il revient au grand écran avec quelques œuvres mineures dont Thomas le fauconnier (2000). Dix ans plus tard, il boucle son œuvre en revenant au personnage de Saxana qui a fait sa gloire dans une suite apparemment ratée intitulée Saxána a Lexikon kouzel (2011).
Dès lors très âgé, le cinéaste prend une retraite bien méritée avant de décéder en 2019 des suites d’un cancer. Il avait 88 ans.