Michael Powell

Réalisateur, Scénariste, Producteur, Acteur
Les chaussons rouges, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Britannique
  • Date de naissance : 30 septembre 1905 à Bekesbourne (UK)
  • Date de décès : 19 février 1990 à Avening (UK) à l'âge de 84 ans.
  • Crédit visuel : © 1948 The Archers. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, producteur, scénariste et acteur britannique, Michael Powell est né en 1905 à Bekesbourne dans le Kent. Si son père est initialement agriculteur, une opportunité lui permet de devenir le tenancier d’un hôtel sur la riviera française, et plus précisément à Nice. Le jeune Michael Powell, qui a commencé une courte carrière dans la banque, suit sa famille à Nice où se trouvent les studios de la Victorine. Ils sont alors dirigés par l’Américain Rex Ingram qui est séduit par l’enthousiasme du jeune Michael Powell qui est un passionné de cinéma.

Michael Powell, assistant de Rex Ingram et Alfred Hitchcock

Ainsi, Rex Ingram engage le jeune homme d’abord en tant qu’acteur dans ses propres films muets comme Le magicien (1926) et Le jardin d’Allah (1927). Parallèlement, Michael Powell se familiarise avec tous les métiers du cinéma en étant assistant sur ces deux mêmes productions.

Ce premier pas dans le monde du cinéma convainc Michael Powell de persévérer dans ce domaine, mais il revient en Angleterre au début des années 30 où il est à la fois scénariste et assistant sur des petites productions comme Le parfait accord (Cyril Gardner, 1933). Il travaille également pendant un temps pour le compte d’Alfred Hitchcock dont il est même l’assistant. A la même époque, il tourne plusieurs courts-métrages et débute aussi à la réalisation pleine et entière dès 1931 où il signe quelques séries B. A l’époque, il réalise surtout des quotas quickies qui sont des petits films d’environ une heure qui complètent les projections cinéma britanniques. Pour Michael Powell, il s’agissait avant tout de se faire la main avec des œuvres mineures, destinées à disparaître avec le temps.

Le temps des quota quickies

Le cinéaste est ainsi très actif dans le domaine et tourne jusqu’à cinq films par an durant cette période où il aligne les titres sans envergure particulière. Impossible pour le moment de distinguer le futur grand cinéaste qu’il allait devenir. De cette période courte, mais intense, on sauvera essentiellement Red Enseign (1934) et La lumière fantôme (1935). On doit toutefois attendre l’année 1937 pour qu’il tourne enfin un premier grand film intitulé A l’angle du monde (1937) qui est tourné dans une île isolée. Le film est si bon qu’il est présenté en compétition au Festival de Venise en 1937, attirant ainsi l’attention des producteurs sur ce jeune homme déjà bien aguerri.

Colonel Blimp, l'affiche de la reprise

© 1943 Carlton Film Distributors Limited / Affiche de la reprise : Dark Star. Tous droits réservés.

Cette belle création lui ouvre les portes du bureau d’Alexander Korda qui l’engage pour L’espion noir (1939) avec Conrad Veidt. Alors que le script n’est guère convaincant, un certain Emeric Pressburger arrange le scénario, permettant aux deux hommes de se rencontrer et surtout de s’apprécier. A cette époque, Alexander Korda offre à Michael Powell des coréalisations avec par exemple Le lion a des ailes (tourné avec Adrian Brunel et Brian Desmond Hurst) qui est une œuvre de propagande destinée à soutenir le moral des troupes britanniques.

En 1940, Powell vient en renfort sur le tournage de la fantaisie fantastique Le voleur de Bagdad aux côtés de Tim Whelan et Ludwig Berger. Mené par le jeune Sabu et toujours Conrad Veidt, Le voleur de Bagdad (1940) est aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma fantastique mondial et il fut justement récompensé par trois Oscars dont deux sont dédiés à sa photographie couleur, ce qui va devenir la spécialité de Powell.

Les débuts de l’association Michael Powell-Emeric Pressburger

La même année, Michael Powell tourne seul Espionne à bord (1940) sur un scénario d’Emeric Pressburger. Leur formidable association se poursuit avec le film de propagande 49ème parallèle (1941) qui offre à Pressburger l’Oscar du meilleur scénario. En 1942, Michael Powell et Emeric Pressburger officialisent leur association en créant la compagnie de production The Archers. Désormais, ils vont cosigner la plupart de leurs films. Le premier à être signé des deux hommes est Un de nos avions n’est pas rentré (1942) qui est aussi nominé pour deux Oscars. Ils rencontrent un énorme succès avec le film en Technicolor Colonel Blimp (1943). Il se servent notamment du flashback pour construire une œuvre complexe et élégante à la fois. Les deux complices enchaînent les œuvres majeures avec A Canterbury Tale (1944) et Je sais où je vais (1945).

Les chefs d’œuvre de The Archers

Toutefois, c’est avec la fin de la guerre que les deux artistes donnent la pleine mesure de leur talent en créant le très étrange et décalé Une question de vie ou de mort (1946) avec David Niven. Sans doute trop bizarre, le long-métrage ne réunit que 122 797 spectateurs français. Autre grand classique du cinéma britannique, Le narcisse noir (1947) fait preuve d’une esthétique très travaillée qui éblouit encore de nos jours. Ainsi, la reconstitution d’un monastère himalayen en studio est de toute beauté. Cette fois, le succès est international et les Français en font un succès avec 1 388 416 aventuriers. Le long-métrage remporte également deux Oscars pour sa photographie en couleur et ses décors, ce qui est largement mérité.

Le narcisse noir, l'affiche

© 1947 The Archers / Affiche : C.A.P. – Consortium des Arts Publicitaires. Tous droits réservés.

Toujours fasciné par la couleur, Michael Powell et son complice Emeric Pressburger livrent un pur chef d’œuvre avec le génial Les chaussons rouges (1948). Le métrage est un pur triomphe avec 2,8 millions d’entrées rien qu’en France. Le drame musical obtient encore deux Oscars techniques pour ses décors et sa musique. Il s’agit du plus beau film du duo magique et Moira Shearer devient une star du jour au lendemain.

Les duettistes reviennent au drame de guerre avec La mort apprivoisée (1949), puis signent Le Mouron rouge (1949) qui ne rencontrent pas le même écho. Ils retrouvent un certain succès avec La renarde (1950) qui met en avant la plastique et le jeu de Jennifer Jones. Toutefois, Michael Powell retrouve l’univers musical qui a fait son succès avec Les contes d’Hoffmann (1951) qui est encore d’excellente tenue et qui reçoit deux nominations aux Oscars. Après une pause, Powell et Pressburger livrent un nouveau film musical intitulé Oh! Rosalinda! (1955). Cette fois, l’inspiration semble quelque peu en berne.

Désormais dépassés par le style du nouveau cinéma britannique qui va déferler à la fin des années 50, Powell et Pressburger ennuient fortement avec deux films de guerre très moyens. On se fiche pas mal de La bataille du Rio de la Plata (1956) qui réunit pourtant 1,1 million de spectateurs français. Enfin, Intelligence service (1957) n’est guère plus enthousiasmant malgré la présence de Dirk Bogarde en haut de l’affiche.

Le voyeur, film génial, mais maudit

Ces deux films de guerre scellent le divorce entre le réalisateur Michael Powell et son acolyte scénariste Emeric Pressburger. The Archers ferme donc définitivement ses portes et Michael Powell s’en va voguer vers d’autres cieux, notamment en Espagne où il va tourner la romance Lune de miel (1959). Pourtant, Michael Powell revient en Angleterre et développe alors une œuvre qui n’entretient quasiment aucun rapport avec ses films précédents. Avec Le voyeur (1960), il plonge dans la psyché désordonnée d’un tueur de femmes. Le long-métrage, très perturbant, sort au même moment que le Psychose d’Alfred Hitchcock et les deux œuvres vont contribuer à modifier considérablement le film de suspense et d’horreur.

Toutefois, alors que Psychose est un énorme succès, Le voyeur est davantage un film maudit car détesté de la critique qui le descend en flammes. Considéré comme un long-métrage hautement néfaste et pervers, Le voyeur n’est quasiment pas diffusé dans les cinémas qui le refusent tous. Sorti discrètement en salles en France en 1960, le métrage a été redécouvert en 1976 et surtout repris en 2018. Effectivement, le thriller pervers est désormais considéré comme un grand classique du cinéma britannique. Il s’agit d’ailleurs du dernier grand film du cinéaste dont la carrière a ensuite souffert de la réception houleuse de son shocker.

Clap de fin décevant

Michael Powell en vient à tourner une version filmée d’un opéra de Bela Bartok, puis se lance dans les séries télévisées. Il retrouve le temps d’un film son scénariste Emeric Pressburger avec Drôles de zèbres (1966), une comédie dispensable avec Walter Chiari. Ses derniers films restent purement et simplement inédits en France. Parmi eux, on peut surtout citer Age of Consent. Michael Powell termine sa carrière cinéma avec l’inédit The Boy Who Turned Yellow (1972) qui est un drame fantastique familial d’une durée inférieure à une heure. Anodin, donc.

Désormais trop âgé pour tourner, Michael Powell se met en retrait au cours des années 70, mais connaît une reconnaissance tardive de son travail au cours des années 80 où des cinéphiles comme Bertrand Tavernier ou Martin Scorsese chantent ses louanges, alors qu’il est totalement oublié. Finalement, Michael Powell décède en 1990 des suites d’un cancer. Il avait 84 ans.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 1990

Filmographie :

Réalisateur (métrages de cinéma uniquement) :

  • 1931 : Two Crowded Hours
  • 1931 : My Friend the King
  • 1931 : Rynox
  • 1931 : The Rasp
  • 1931 : The Star Reporter
  • 1932 : Hotel Splendide
  • 1932 : Born Lucky
  • 1932 : C.O.D.
  • 1932 : His Lordship
  • 1934 : The Fire Raisers
  • 1934 : Red Ensign
  • 1934 : Something Always Happens
  • 1934 : The Girl in the Crowd
  • 1935 : Some Day
  • 1935 : Lazybones
  • 1935 : Her Last Affaire
  • 1935 : The Price of a Song
  • 1935 : The Love Test
  • 1935 : La lumière fantôme (The Phantom Light)
  • 1936 : The Brown Wallet
  • 1936 : Crown v. Stevens
  • 1936 : Derrière le masque (The Man behind the Mask)
  • 1937 : À l’angle du monde (The Edge of the World)
  • 1939 : L’Espion noir (The Spy in Black)
  • 1939 : Le lion a des ailes (The Lion Has Wings), coréalisation
  • 1940 : Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad) coréalisation
  • 1940 : Espionne à bord (Contraband)
  • 1941 : 49e Parallèle (49th Parallel)
  • 1942 : Un de nos avions n’est pas rentré (One of Our Aircraft Is Missing)
  • 1943 : The Volunteer
  • 1943 : Colonel Blimp (The Life and Death of Colonel Blimp)
  • 1944 : A Canterbury Tale
  • 1945 : Je sais où je vais (I Know Where I’m Going)
  • 1946 : Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death)
  • 1947 : Le Narcisse noir (Black Narcissus)
  • 1948 : Les Chaussons rouges (The Red Shoes)
  • 1948 : La mort apprivoisée (The Small Back Room)
  • 1950 : La Renarde (Gone to Earth)
  • 1950 : Le mouron rouge (The Elusive Pimpernel)
  • 1951 : Les Contes d’Hoffmann (The Tales of Hoffmann)
  • 1955 : Oh ! Rosalinda ! (Oh… Rosalinda!!)
  • 1956 : La Bataille du Rio de la Plata (The Battle of the River Plata)
  • 1956 : Intelligence Service (Ill Met by Moonlight)
  • 1959 : Lune de miel (Luna de Miel)
  • 1960 : Le Voyeur (Peeping Tom)
  • 1961 : The Queen’s Guards
  • 1964 : Le Château de Barbe-Bleue (Herzog Blaubart Burg)
  • 1966 : Drôles de zèbres (They’re a Weird Mob)
  • 1969 : Age of Consent
  • 1972 : The Boy Who Turned Yellow
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