Karel Reisz

Réalisateur, Scénariste, Producteur
Affiche de La maîtresse du lieutenant français de Karel Reisz

Personal Info

  • Nationalité : Britannique
  • Date de naissance : 21 juillet 1926 à Ostrava (Tchécoslovaquie)
  • Date de décès : 25 novembre 2002 à Londres (UK), à l'âge de 76 ans.
  • Crédit visuel : Copyright United Artists

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, scénariste et producteur britannique né en Tchécoslovaquie, Karel Reisz voit le jour en 1926 dans une famille juive. Après l’invasion de son pays par l’armée nazie, la famille de Karel Reisz parvient à faire fuir leur jeune fils vers la Grande-Bretagne. Il y arrive donc vers l’âge de 12 ans et finira par obtenir la nationalité britannique.

Karel Reisz, un tchèque au cœur du Free Cinema britannique

Alors qu’il est tout juste bon pour le service, Karel Reisz s’engage dans l’armée britannique et combat durant le début d’année 1945. Au sortir du conflit, il effectue ses études à Cambridge et devient rapidement critique de cinéma. Grâce à ses écrits, Karel Reisz se lie d’amitié avec des jeunes gens comme Lindsay Anderson et Tony Richardson. Petit à petit, ce groupe d’amis se lance dans le cinéma en en redéfinissant les règles comme la Nouvelle Vague en France. Ainsi naît le Free Cinema britannique.

Reisz débute avec le court-métrage Momma Don’t Allow (1955) qu’il coréalise avec Tony Richardson. Il passe ensuite au moyen-métrage documentaire avec We Are the Lambeth Boys (1959) qui entend montrer les loisirs de la jeunesse ouvrière britannique. Toutefois, c’est véritablement avec son premier long-métrage que Karel Reisz devient une figure emblématique du nouveau cinéma anglais. Ainsi, Samedi soir, dimanche matin (1960), adaptation du roman d’Allan Sillitoe, révèle à la fois le charisme d’Albert Finney et bouleverse les codes habituels en vigueur en Grande-Bretagne. Le métrage rencontre un fort écho de la part des critiques, mais moins du public.

Samedi soir, dimanche matin, l'affiche

© 1960 Woodfall Film Productions / Affiche : Mascii. Tous droits réservés.

Dès lors, Karel Reisz produit Le prix d’un homme (1963) de son ami Lindsay Anderson et il revient à la réalisation avec La force des ténèbres (1964) qui lui permet de retrouver son acteur fétiche Albert Finney. Il s’agit en réalité d’un remake de La force des ténèbres (Thorpe, 1937) qui lui est proposé par la firme MGM. Malgré de réelles qualités esthétiques, ce second long-métrage est un gros échec au box-office mondial.

Karel Reisz, une intransigeance qui le voue à l’échec commercial

L’année suivante, Karel Reisz décide d’adapter le succès théâtral de David Mercer et livre avec Morgan (1966) une œuvre totalement iconoclaste qui bénéficie d’une réelle folie dans son ton. L’ensemble peut séduire ou irriter, mais ne peut aucunement laisser indifférent, tout comme l’interprétation de David Warner et Vanessa Redgrave. Le cinéaste retrouve cette dernière pour le biopic Isadora (1968) sur la danseuse Isadora Duncan. Le cinéaste dispose pour la première fois de sa carrière d’un budget conséquent, mais son refus de faire du cinéma académique le condamne à l’échec public. Au moins, le long-métrage permet à Vanessa Redgrave d’être récompensée du titre de meilleure actrice à Cannes, tout en étant nominée aux Oscars.

Guerriers de l'enfer, l'affiche

© 1978 Katzka-Jaffe / Affiche : Jouineau – Bourduge. Tous droits réservés.

Après cet échec, Karel Reisz multiplie les projets qui échouent à se monter et revient seulement en 1974 avec Le flambeur, tourné aux Etats-Unis avec James Caan dans le rôle-titre. Ce film produit par la Paramount ne reçoit qu’un accueil timide de la part du public et Karel Reisz doit à nouveau attendre quelques années avant de revenir avec Les guerriers de l’enfer (1978), porté par Nick Nolte. Malgré une grosse promotion, le film ne réunit que 6,3 millions de dollars de recettes et constitue donc un nouvel échec pour le cinéaste décidément maudit.

Le succès de La maitresse du lieutenant français

En 1981, La maîtresse du lieutenant français devient son premier vrai gros succès international grâce à des images sublimes, un scénario ambitieux et un couple de cinéma marquant (Meryl Streep et Jeremy Irons). Le film obtient cinq nominations aux Oscars, décroche un Golden Globes de la meilleure actrice pour Meryl Streep et gagne aussi un David di Donatello du meilleur film étranger en Italie. En France, ils furent 827 039 spectateurs à faire le déplacement, soit le plus gros succès du réalisateur.

Après ce beau carton, Karel Reisz a les coudées franches pour mener le projet de son choix et cela donne le biopic Sweet Dreams (1985) avec la belle Jessica Lange dans le rôle d’une ancienne gloire de la folk, nommée Patsy Cline. Le long-métrage reçoit une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice, mais il est un nouvel échec public (67 984 entrées en France).

En 1990, Karel Reisz est de retour et adapte Arthur Miller avec Chacun sa chance où il retrouve Nick Nolte. Gros échec aux States, le film se vautre également en France avec seulement 49 336 curieux. Ce métrage met un terme à la carrière cinéma de Karel Reisz qui passe ensuite à la télévision. Notons également que le réalisateur a continué à être critique de cinéma et programmateur de salles durant les périodes où il était sans travail.

Karel Reisz meurt en 2002 à Londres à l’âge de 76 ans.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 2002

Filmographie :

Réalisateur (moyens et longs métrages de cinéma uniquement) :

  • 1959 : We Are the Lambeth Boys (moyen-métrage documentaire)
  • 1960 : Samedi soir, dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning)
  • 1964 : La Force des ténèbres (Night Must Fall)
  • 1966 : Morgan (Morgan : A Suitable Case for Treatment)
  • 1968 : Isadora
  • 1974 : Le Flambeur (The Gambler)
  • 1978 : Les Guerriers de l’enfer (Who’ll Stop the Rain)
  • 1981 : La Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant’s Woman)
  • 1985 : Sweet Dreams
  • 1990 : Chacun sa chance (Everybody Wins)
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