Hanja Kochansky est une icone des Swinging Sixties. La troisième épouse de William Berger, est surtout une leçon de vie au parcours fascinant.
Hanja Kochansky est originaire de Yougoslavie (Croatie, aujourd’hui), où elle naît en 1937. Durant la deuxième guerre mondiale, elle se réfugie en Italie. Elle n’a alors que 6 ans.
Elle rencontre son premier époux, Hugh Bebb, en Afrique du Sud où elle vivait depuis la fin des années 40. Ils ont ensemble une fille, la comédienne Katya Berger, en 1966.
A cette époque, Kochansky était très proche de Christine Keeler, jeune jetsetteuse au cœur d’un scandale politique qui ébranla la société britannique en 1963, l’Affaire Profumo.
Hanja Kochansky cherche à être comédienne mais ne trouve pas vraiment de rôle. Au moins apparait-elle comme servante d’Elizabeth Taylor dans Cléôpatre (1966).
Elle profite pleinement des “Swinging Sixties”, sans trop le sou. Après son divorce, elle travaille comme croupière au Playboy Club, attifée d’une tenue de “bunny”. Elle écrit même un roman qui sera acheté par la 20th Century Fox, mais celle-ci ne l’adaptera finalement pas. Elle évoque cette période, où jeune divorcée, elle se retrouva invitée par Playboy à l’enterrement de vie de garçon de Roman Polanski qui se transforma en “massive orgy“, non sans agacement.

Affiche Tactics © 1987 Les Films Ariane, Cinemax, FR3 Films Productions.
Au début des années 70, la trentenire écrit le livre féministe Freely Female: Women’s sexual Fantasies, étudié dans certaines universités américaines. Elle y explore les fantasmes sexuels de la femme. L’ouvrage s’écoule à 250 000 exemplaires aux USA. Avec l’argent gagné, elle part arpenter les USA avec sa fille.
Quand Hanja Kochansky quitta le Royaume-Uni pour s’installer en Italie, elle passe d’une vie mondaine à une autre. William Berger qu’elle rencontre à Londres à ce moment-là, sert de transition charismatique à ces deux vies. Avec la vedette de Keoma, elle a un second enfant, Kasimir Berger, en 1974. C’est durant cette grossesse, en août 1974, qu’elle va poser nue pour la photographe féministe Ida Kar. La photo culte a été exposée à la National Portrait Gallery. Elle est profondément amoureuse de la star du western spaghetti, mais l’acteur américain est volage et ouvert aux expériences plurielles.
Avec William Berger, elle bâtit une communauté en Sardaigne. C’est l’ère des hippies et leur projet rencontre un succès considérable, avec des milliers de jeunes gens qui s’installent pour profiter d’une vie à l’écart de la civilisation. Le retour à la réalité est difficile et elle décide de rentrer à Rome où elle multiplie les projets artistiques dans différents domaines, y compris le cabaret (le one-woman show autobiographique Story of a Life in 21 Songs). Las des infidélités de son charmeur de mari, elle décide de le quitter pour mener une vie plus stable.
Au cinéma, cette écrivaine et chanteuse trouve un petit rôle en 1981 dans le film d’épouvante gore Horrible (Rosso Sangue) de Joe D’Amato, dans lequel elle partage l’écran avec ses deux enfants, Katya et Kasimir. Elle tourne dans des séries et une poignée de films dans les années 80, notamment chez Werner Schroeter et surtout Ettore Scola. Ce dernier la caste dans La Famille, un classique nommé aux Oscars, dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. A l’occasion, elle part à Hollywood où elle rencontre de nombreuses célébrités comme Gregory Peck ou George Clooney.
Dans les années 90, parallèlement au cinéma, Hanja Kochansky devient aromathérapeute et ouvre même le premier cabinet d’aromathérapie à Rome.
Hanja Kochansky retrouve Scola en 1998 pour La Cena avec également Fanny Ardant, Riccardo Garrone, Marie Gillain et Vittorio Gassman. Un rôle qui relève davantage de l’apparition. Plus récemment, dans les années 2000, elle côtoie Ornella Muti dans Love, Lies, Kids & Dogs, présenté à Cannes en 2003. La comédie italienne d’Eleonora Giorgi est inédite en France. C’est à ce moment que l’actrice quitte Rome, après y avoir résidé une trentaine d’années, pour Londres.
Désormais vivant à Londres, elle poursuit sa carrière d’écrivaine et de guérisseuse. Très active contre l’âgisme, Hanja Kochansky écrit encore beaucoup. Elle a notamment publié en ligne pendant le confinement. En février 2020. Elle a elle-même été hospitalisée, au tout début de la crise de la COVID 19, et a échappé de peu à la mort.
Désormais, elle travaille sur une trilogie littéraire, The Amazing Adventures of a Woman of Our Times, profitant activement de la vie, tandis que Kasimir vit à Rome et Katya aux USA.
Sa vie nous inspire.