Eva Mattes

Actrice, Chanteuse, Ecrivaine
Allemagne, mère blafarde, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Allemande, puis naturalisée autrichienne
  • Date de naissance : 14 décembre 1954 à Tegernsee (RFA, aujourd'hui Allemagne)
  • Crédit visuels : © 1980 Helma Sanders-Brahms Filmproduktion - Literarisches Colloquium - Westdeutscher Rundfunk (WDR) / Affiche : Dark Star. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Actrice, chanteuse et écrivaine allemande naturalisée autrichienne, Eva Mattes est née en 1954 à Tegernsee en Bavière dans une famille d’artistes puisque sa mère est actrice et que son père est un compositeur de musique. Dès son enfance, Eva Mattes se passionne pour le métier d’actrice, mais elle perfectionne aussi sa voix et apprend des techniques de chant qui lui serviront plus tard. Comme elle est issue du monde du spectacle, elle débute devant les caméras à l’adolescence dans les années 60 pour des téléfilms et séries locales.

Eva Mattes, icône du nouveau cinéma allemand des années 70

La jeune femme interprète son premier vrai grand rôle en 1970 dans O.K. (Michael Verhoeven, 1970), un drame de guerre présenté à la Berlinale. Mais Eva Mattes devient rapidement connue par sa participation au nouveau cinéma allemand des années 70. Ainsi, elle est dirigée par Rainer Werner Fassbinder dans Les larmes amères de Petra von Kant (1972) où elle se révèle formidable. On la retrouve dans le sobre Effi Briest (Fassbinder, 1974) et elle apparaît furtivement en secrétaire dans Maman Küsters s’en va au ciel (Fassbinder, 1975).

La comédienne rencontre alors le cinéaste Werner Herzog qui lui offre le rôle de la prostituée de La ballade de Bruno (1977) où elle est excellente. Ce rôle la marque d’autant plus qu’elle se met en couple avec le réalisateur. Ils ont un enfant ensemble quelques années plus tard. En 1978, elle retrouve Fassbinder pour L’année des treize lunes (1978), puis revient vers Werner Herzog pour son Woyzeck (1979) où elle joue avec le délirant Klaus Kinski. Décidément très en verve, l’actrice enchaîne avec le bijou Allemagne mère blafarde (Helma Sanders-Brahms, 1980) qui marque durablement les cinéphiles. Enfin, elle interprète le rôle-titre de Céleste (Percy Adlon, 1981), autre référence du cinéma allemand de l’époque.

Une carrière marquée par sa participation récurrente à la série Tatort

Après cette période faste, Eva Mattes tourne de plus en plus fréquemment pour la télévision au cours des années suivantes. Parmi ses rares films marquants, on peut tout de même citer Journal d’une paysanne (Joseph Vilsmaier, 1989), L’album de mes rêves (Kai Wessel, 1992), Les années du mur (Margarethe von Trotta, 1994), Frère sommeil (Joseph Vilsmaier, 1995) et  Stalingrad (Jean-Jacques Annaud, 2001).

A partir de l’année 2000, elle trouve un rôle récurrent dans la série policière Tatort qui continue à passionner les Allemands jusqu’à nos jours. Elle y incarne la commissaire Klara Blum et bénéficie ainsi d’une large popularité un peu partout en Europe grâce à ce rôle. Parallèlement, elle a continué à jouer dans plusieurs films et téléfilms comme Goebbels und Geduldig (Kai Wessel, 2001) où elle a incarné Magda Goebbels. Elle est également de plus en plus fréquemment engagée pour doubler des voix de dessin animé. Plus récemment, on a pu l’apprécier à nouveau en tant qu’actrice dans Enfant terrible (Oskar Roehler, 2020) qui est justement un biopic consacré à son mentor Rainer Werner Fassbinder.

Pour être complet, signalons qu’elle a enregistré un nombre conséquent de livres audio, qu’elle a aussi écrit son autobiographie et qu’elle a été une importante comédienne de théâtre, jouant Ibsen et Shakespeare sur les scènes germaniques.

Virgile Dumez

Filmographie sélective :

Actrice (longs-métrages de cinéma uniquement) :

  • 1970 : O.K. de Michael Verhoeven
  • 1970 : Mathias Kneissl, de Reinhard Hauff
  • 1972 : Les Larmes amères de Petra von Kant (Die Bitteren Tränen der Petra von Kant), de Rainer Werner Fassbinder
  • 1973 : Gibier de passage (Wildwechsel), téléfilm réalisé par Rainer Werner Fassbinder
  • 1974 : Effi Briest, de Rainer Werner Fassbinder
  • 1975 : Maman Küsters s’en va au ciel (Mutter Küsters’ Fahrt zum Himmel), de Rainer Werner Fassbinder
  • 1976 : Né pour l’enfer (Die Hinrichtung) de Denis Héroux
  • 1977 : La Ballade de Bruno (Stroszek), de Werner Herzog
  • 1977 : Femmes à New York (Frauen in New York), téléfilm réalisé par Rainer Werner Fassbinder
  • 1978 : L’Année des treize lunes (In einem Jahr mit 13 Monden), de Rainer Werner Fassbinder
  • 1979 : Woyzeck, de Werner Herzog
  • 1979 : David, de Peter Lilienthal
  • 1980 : Allemagne, mère blafarde (Deutschland, bleiche Mutter), de Helma Sanders-Brahms
  • 1981 : Céleste, de Percy Adlon
  • 1989 : Journal d’une paysanne (Herbstmilch), de Joseph Vilsmaier
  • 1994 : Les Années du mur (Das Versprechen), de Margarethe von Trotta
  • 1995 : Frère sommeil (Schlafes Bruder), de Joseph Vilsmaier
  • 1999 : Ennemis intimes (Mein liebster Feind), film documentaire de Werner Herzog
  • 1999 : Otomo, de Frieder Schlaich
  • 1999 : Une journée d’Andreï Arsenevitch, film documentaire sur Andreï Tarkovski, réalisé par Chris Marker
  • 2001 : Stalingrad, de Jean-Jacques Annaud
  • 2020 : Enfant terrible de Oskar Roehler
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