Frank Capra

Réalisateur, Scénariste, Producteur
La Vie est belle, l'affiche

Personal Info

  • Nationalités : Italien, Américain
  • Date de naissance : 18 mai 1897 à Bisacquino (Sicile, Italie)
  • Date de décès : 3 septembre 1991 à La Quinta (Californie, États-Unis)
  • Crédit visuel : © 1946 Liberty Films. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, scénariste et producteur italo-américain, Frank Capra (de son nom complet Francesco Rosario Capra) est né en 1897 à Bisacquino, en Sicile. Il est issu d’une famille de paysans pauvres et illettrés. En 1903, sa famille choisit l’exil aux Etats-Unis, et notamment à Los Angeles. C’est là que le jeune Frank va effectuer sa scolarité et s’épanouir. Par la suite, il prépare un diplôme d’ingénieur chimiste à l’Université de Pasadena qu’il obtient en 1918. Pourtant, il ne cherche pas vraiment de travail et se laisser aller à une forme d’oisiveté qui le pousse à quitter sa famille et entamer une vie d’errance durant les trois années suivantes.

Au temps du muet

Après avoir multiplié les petits boulots, il parvient à tourner un premier court métrage amateur en 1921 qui lui montre qu’il est totalement novice dans ce domaine qui, au demeurant, l’intéresse. Finalement, il opte pour un apprentissage sérieux en gravissant un à un les échelons des métiers du cinéma, ce qui ne l’empêche aucunement de se faire la main sur des courts métrages (on en dénombre quatre tournés en 1922).

Affiche de New York-Miami (It Happened One Night) de Frank Capra

Copyright Columbia Picture

Pendant un temps, Frank Capra est accessoiriste, monteur, gagman chez Hal Roach, puis devient scénariste pour Mack Sennett. A cette époque, il fait la connaissance de l’acteur Harry Langdon et, par son intermédiaire, devient réalisateur à part entière de L’Athlète incomplet (1926), puis Sa dernière culotte (1927), deux classiques instantanés dans le domaine de la comédie. A cette époque, Frank Capra fait déjà preuve d’indépendance, mais il se heurte à certains échecs commerciaux comme celui de L’Homme le plus laid du monde (1928).

Redevenant pendant un temps un simple exécutant, il choisit d’accepter la proposition de la Columbia, petite compagnie naissante, qui l’engage comme réalisateur-maison. Après quelques séries B sans grand intérêt, la firme lui propose un premier gros budget avec L’Epave vivante (1928). Capra enchaîne avec son premier film parlant intitulé L’Affaire Donovan (1929).

Maîtrisant parfaitement l’art du son, Frank Capra enchaîne les succès avec Les Mousquetaires de l’air (1929) et Le Dirigeable (1931). Pourtant, sa carrière va être étroitement liée à celle de l’actrice Jean Harlow puisqu’ils triomphent tous les deux avec la comédie La Blonde platine (1931). A la même époque, Capra découvre Barbara Stanwyck qu’il dirige dans La Femme aux miracles (1931) et La Grande muraille (1932). En 1932, le réalisateur entame la réalisation de plusieurs classiques avec notamment La Ruée (1932) qui évoque avec force la crise de 1929. Il connaît un immense succès avec l’excellent Grande dame d’un jour (1933).

L’époque des grands classiques des années 30

L'Extravagant Mr Deeds, l'affiche

© 1936 Columbia Pictures. Tous droits réservés.

Mais l’explosion intervient avec son film suivant, la comédie chef d’œuvresque New York – Miami (1934) où il forme un incroyable duo de cinéma entre Claudette Colbert et Clark Gable (prêté pour l’occasion par la MGM). Ce film confirme le statut de grand studio de la Columbia et offre à la petite structure les Oscars du meilleur film, du meilleur scénario, du meilleur acteur, de la meilleure actrice et du meilleur réalisateur pour Capra. Une consécration largement méritée !

Dès lors, le style inimitable du réalisateur s’inscrit durablement dans le paysage hollywoodien, à savoir des sujets sociaux traités sous l’angle de la comédie. Il confirme son immense talent avec L’Extravagant Mr. Deeds (1936) qui réunit Gary Cooper et Jean Arthur. Cela offre à Frank Capra un nouveau succès et surtout un deuxième Oscar du meilleur réalisateur. A cette époque, tout Hollywood est à ses pieds.

Il se diversifie avec le film d’aventures Les Horizons perdus (1937), puis revient à la comédie avec le bijou Vous ne l’emporterez pas avec vous (1938) où il assemble Jean Arthur et James Stewart. Non seulement le métrage décroche l’Oscar du meilleur film, mais Capra peut installer un troisième Oscar du meilleur réalisateur sur sa cheminée, soit trois statuettes en seulement quatre ans. Un record !

Arsenic et vieille dentelle, l'affiche

© 1944 Warner Bros. / Affiche : Henri Cerutti. Tous droits réservés.

Avec Mr. Smith au Sénat (1939) et L’Homme de la rue (1941), il confirme son talent. Malheureusement, les Etats-Unis entrent dans la Seconde Guerre mondiale après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941. Toutefois, avant de s’engager pleinement dans le conflit, Capra a eu le temps de tourner un dernier film intitulé Arsenic et vieille dentelle qui ne sera distribué qu’en 1944 et qui est un nouveau chef d’œuvre, cette fois dans le genre de la comédie noire.

Une fin de carrière marquée par de nombreux échecs

Durant la Seconde Guerre mondiale, Frank Capra réalise de nombreux documentaires qui intègrent la série Why We Fight. Après la déflagration mondiale, Frank Capra revient au sommet avec La Vie est belle (1946) qui pâtit toutefois d’une forme de sentimentalité exacerbée et qui est un cuisant échec commercial. Résultat : le métrage obtient cinq nominations aux Oscars mais ne gagne aucun prix. Aujourd‘hui, il est considéré comme l’un des plus grands classiques du cinéma américain, une sacrée revanche !

La Vie est belle, l'affiche

© 1946 Liberty Films. Tous droits réservés.

Si Capra est encore très à son aise avec le film plus politique L’Enjeu (1948), la suite de sa carrière va largement décevoir. Le cinéaste semble clairement en manque d’inspiration et son cinéma apparaît désormais comme démodé aux yeux du public. Il tourne deux films mineurs pour Bing Crosby au début des années 50, puis se retire du milieu durant près de six ans. Lorsqu’il revient, il livre trois téléfilms de commande. Finalement, il revient au grand écran avec une comédie sympathique intitulée Un trou dans la tête (1959) menée par Frank Sinatra. Puis, il signe le remake de l’un de ses succès des années 30 avec Milliardaire pour un jour (1961) avec Glenn Ford et Bette Davis. Il s’agira en réalité de son tout dernier long métrage.

Si l’homme se retire des plateaux, il profite de la décennie suivante pour écrire son autobiographie nommée Hollywood Story et publiée en 1971. Finalement, Frank Capra décède dans son sommeil en 1991 à l’âge de 94 ans, non sans avoir eu connaissance de l’admiration qu’il suscite auprès des cinéphiles du monde entier. Bel exemple d’une incroyable réussite pour un fils de paysans siciliens illettrés.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 1991

Filmographie de Frank Capra

Réalisateur, longs métrages
  • 1926 : L’Athlète incomplet (The Strong Man)
  • 1927 : Sa dernière culotte (Long Pants)
  • 1927 : Pour l’amour de Mike (For the love of Mike)
  • 1928 : La Madone des sandwiches (That Certain Thing)
  • 1928 : Un punch à l’estomac (So This Is Love?)
  • 1928 : Bessie à Broadway (The Matinee Idol)
  • 1928 : L’Homme le plus laid du monde (The Way of the Strong)
  • 1928 : Say It with Sables
  • 1928 : L’Épave vivante (Submarine)
  • 1928 : The Power of the Press
  • 1929 : Loin du ghetto (The Younger Generation)
  • 1929 : L’Affaire Donovan (The Donovan Affair)
  • 1929 : Les Mousquetaires de l’air (Flight)
  • 1930 : Femmes de luxe (Ladies of Leisure)
  • 1930 : Rain or Shine
  • 1931 : Le Dirigeable (Dirigible)
  • 1931 : La Femme aux miracles (The Miracle Woman)
  • 1931 : La Blonde platine (Platinum Blonde)
  • 1932 : Amour défendu / Une vie secrète (Forbidden)
  • 1932 : La Ruée (American Madness)
  • 1932 : La Grande Muraille (The Bitter Tea of General Yen)
  • 1933 : Grande Dame d’un jour (Lady for a Day)
  • 1934 : La Course de Broadway Bill (Broadway Bill)
  • 1934 : New York-Miami (It Happened One Night)
  • 1936 : L’Extravagant Mr. Deeds (Mr. Deeds Goes to Town)
  • 1937 : Les Horizons perdus (Lost Horizon)
  • 1938 : Vous ne l’emporterez pas avec vous (You Can’t Take It With You)
  • 1939 : Monsieur Smith au Sénat (Mr. Smith goes to Washington)
  • 1941 : L’Homme de la rue (Meet John Doe)
  • 1942-1945 : Pourquoi nous combattons (Why We Fight) – série de films de propagande réalisée pour l’armée
  • 1944 : Arsenic et vieille dentelle (Arsenic and Old Lace)
  • 1946 : La vie est belle (It’s a Wonderful Life)
  • 1948 : L’Enjeu (State of the Union)
  • 1950 : Jour de chance (Riding High)
  • 1951 : Si l’on mariait papa (Here Comes the Groom)
  • 1959 : Un trou dans la tête (A Hole in the Head)
  • 1961 : Milliardaire pour un jour (Pocketful of Miracles)
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