48 heures par jour est une aimable comédie romantique, puisant son charme dans un duo de comédiens toniques et des dialogues percutants. Par la réalisatrice de Belle comme la femme d’un autre.
Synopsis : Promise à un brillant avenir professionnel mais fatiguée de plafonner dans sa carrière parce qu’elle doit aussi s’occuper de ses enfants, Marianne rêverait d’inverser les rôles avec son mari Bruno pour qu’il rentre plus tôt s’occuper du foyer et qu’elle puisse à son tour se consacrer davantage à son job ! Du rêve à la réalité, un regard amusant porté sur le sort des femmes d’aujourd’hui
Critique : L’urban superwoman (Aure Atika), cette femme séduisante, cultivée, intelligente, intrinsèquement romantique, mariée avec enfants, efficace au travail, au supermarché et au lit, déclare la guerre au système phallocratique bienveillant. Ce n’est pas que son mari (Antoine de Caunes) soit un mauvais bougre, non, juste qu’il bosse trop, progresse vite au sein de sa boîte en ne refusant jamais les heures supplémentaires et oublie le romantisme d’usage. Pendant ce temps, son épouse, toute faible de son sexe (on se situe dix ans avant l’ère de la #MeToo), piétine professionnellement en raison des innombrables tâches de ménage quotidiennes et des deux enfants qui l’empêchent de trop en faire devant son boss. Et de surcroît elle aspire à plus de couple dans sa vie conjugale. Une petite leçon s’impose donc pour son mâle d’époux trop confortablement installé dans le confort de ses habitudes.
Le pitch n’est pas nouveau et sent bon le féminisme vieille école. On ne s’en offusquera pas. Animé par la truculente Aure Atika, provoqué par le sympathique Antoine de Caunes en macho et digéré par Bernadette Laffont en belle-mère rétro, il revêt les atours d’une comédie verbale comestible malgré des situations qui, de leur côté, font étalage d’un certain manque d’inspiration. En effet, le potentiel du vaudeville est effleuré, sans jamais être réellement envisagé, pour favoriser la mécanique de la romcom (comprenez ROMantic COMedy) à la française. Malheureusement, ce genre paraît aujourd’hui trop bien huilé, après ses récents et nombreux avatars, pour que l’on puisse s’en contenter sous des formes aussi archétypales.
Aussi, l’on sort du spectacle repu d’un plaisir acidulé légèrement écœurant, mais néanmoins parfaitement plaisant. 48 heures de plus fait illusion. Un instant. Après, l’on se convainc bien vite de la futilité de ce petit divertissement gentillet alors qu’il se dissipe de nos souvenirs presque aussitôt la séance achevée. Un vrai drame pour la comédie.

© 2008 Pyramide, TF1 Films Production. DVD : © TF1 Vidéo. All Rights Reserved
Sorti 5 mois après sa programmation à l’Alpe d’Huez, dans le cadre du festival de la comédie française, 48 heures par jour n’a pas été un succès. Avec un budget de 5 800 000 dollars (4 932 000 €), la romance n’a rapporté qu’un million de dollars en salle à l’issue de son exploitation. Certes, il s’agit du plus gros succès du distributeur Pyramide Distribution en 2008, mais le divertissement arrive péniblement en 204e position annuelle. L’affiche peu attirante et le titre volontairement absurde à l’ancienne n’ont pas fait mouche. Pis, les critiques ont été globalement très négatives et l’avis du public a été à l’avenant, chacun condamnant le téléfilm auquel ils avaient assisté.
La carrière du film a été éclair, avec un total de 104 000 entrées dont 58% en première semaine (61 000), ses auteurs ont assisté impuissants à un bouche-à-oreille meurtrier. 48 heures par jour s’effondre en deuxième semaine avec 33 597 entrées et sera retiré de l’affiche dans la foulée de sa 4e semaine. Un désastre qui lui vaut de compter parmi les romcoms frenchy les plus oubliées de la décennie 2000, à une époque où le genre était en pleine explosion (Irène et On va s’aimer d’Ivan Calbérac ; Clara et moi d’Arnaud Viard ; Je veux pas que tu t’en ailles de Bernard Jeanjean ; Notre univers impitoyable de Léa Fazer…).
A film anecdotique, carrière invisible. 48 heures par jour connaîtra une sortie discrète en DVD chez TF1 Vidéo au début de l’année 2008. Depuis, il fait du remplissage ici et là sur des chaînes de télévision que personne ne regarde.

© Pyramide. Illustration : Charlotte Renon
Catherine Castel, Antoine de Caunes, Victoria Abril, Aure Atika, Bernadette Lafont, François-Xavier Demaison, Aurore Clément, Catherine Jacob, Yves Jacques, Mathias Mlekuz, Sandrine Dumas
Les flops de l’année 2008, 2008, Comédies romantiques françaises