Tank est l’ultime film de cinéma de Marvin J. Chomsky, téléaste à la carrière remarquable qui signa notamment la fresque historique Holocauste.
Synopsis : Le sergent major Zakary, sa femme et son fils viennent d’arriver dans une petite ville du Sud où Zack va terminer ses 30 ans de bons et loyaux services dans l’armée. Les ennuis vont commencer pour lui le jour où il l’assomme proprement un officier de police qui venait de gifler une prostituée dans un bar, un geste que n’apprécie guère le shérif local bien décidé à se venger. Le shérif Belton piège le fils de Zac dans un coup monté et le fait emprisonner. Fou de rage, Zac embarqué dans son tank Sherman personnel, un petit souvenir de l’armée, met en pièce le bureau du shérif, oblige celui-ci à un strip-tease en pleine rue, p attaque le camp de travail et délivre son fils avec qui il prend la fuite sur les routes du Tennessee.
Arrête ton char, bidasse
Critique : Touché par la grâce avec le bouleversant Holocauste, mini série sur la 2e guerre mondiale, avec Meryl Streep et James Woods, Marvin Chomsky essaie, en 1984, de revenir sur les devants de la scène avec un film d’action comique intitulé Tank. Le film concept (un tank, ça démolit énormément) se veut dans l’esprit des films de casse dont Burt Reynolds était le héros dans les années 70, comme Cours après moi shérif ou L’équipée du Cannon Ball.
Tank met en scène un militaire qui doit déjouer les pièges d’un shérif dans une petite bourgade où il a été muté. Malgré ce qui est mis en avant par l’affiche créée par Tom Martin (illustrateur culte de Police Academy et de bien des classiques de l’époque), le divertissement se donne souvent des airs sérieux, et déplait à la commission de classification qui trouve bien des raisons d’hésiter entre un classement PG-13 et R.
Malheureusement dans cette production d’action vieillotte où le bon esprit militaire patriote resurgit, rien de tonitruant ne ressort. Ce qui aurait pu être un divertissement rentre-dedans enchaîne les scènes improbables et l’action pataude sur fond de réalisation de téléfilm. Le casting incarné par James Garner, vétéran de plus de 40 ans au cinéma, Shirley Jones, habituée du petit écran, et du jeune C. Thomas Howell que l’on avait vu chez Francis Ford Coppola dans Outsiders, ne parvient pas à convaincre non plus les spectateurs à se précipiter dans les salles.
Le film sort aux États-Unis dans un climat qui lui est hostile : la réception critique et l’indifférence générale que lui porte le public le précipitent tout droit dans les affres du bide. C’est ainsi qu’il peine à engranger 11 000 000 de dollars au box-office local, mettant un terme à l’ambition hollywoodienne du téléaste de 55 ans.
Tank tanked* at the box-office
(*floppé)
En France, Universal parvient à le sortir durant l’été 1984. Mais, sans surprise, le film d’action ne reste que 2 semaines à l’affiche, avec 7 704 entrées. A vrai dire, 95% de ce chiffre est réalisé à l’issue d’une première semaine catastrophique comptabilisant une quinzaine d’écrans à Paris-Périphérie. Le distributeur CIC voit ses efforts réduits à néant quand, en 2e semaine, Tank n’est plus à l’affiche que quelques heures par semaine, dans un seul cinéma, le Gaumont Ambassade, sur les Champs Elysées.
Où voir Tank à Paris, la semaine du 11 juillet 1984 ?
Tank est principalement à l’affiche du circuit Gaumont en particulier au Gaumont Ambassade Richelieu, Berlitz, Gambetta, les Halles, et Convention ; on le retrouve également au Montparnos, au Mistral, à la Fauvette, au Cluny Palace, aux Images.
Tank passe de 7 218 tickets vendus, en première semaine, à 486 spectateurs au Gaumont Ambassade, en 2e semaine, pour un total catastrophique de 7 704 entrées. Durant l’été 1984, les Français ne savent même pas que cette production est sortie au cinéma ; ils l’ignorent et ignoreront également la VHS de ce film globalement oublié que l’on ne chérira éventuellement que pour son affiche culte.
Les tanks au cinéma
Quant au char d’assaut, il reviendra dans nos salles en 1985, sous la forme d’une comédie avec Eddie Murphy et Dudley Moore, Une défense canon, un autre boulet du box-office des années 80. On préfèrera en 1988 La bête de guerre de Kevin Reynolds, merveille du cinéma belliqueux qui saura octroyer une personnalité mutique quasi humaine à la forteresse sur chenilles.
Les sorties de la semaine du 11 juillet 1984

Affiche : Tom Martin © 1983 Lorimar / Universal. Tous droits réservés / All rights reserved
Biographies +
Marvin J. Chomsky, James Cromwell, C. Thomas Howell, Shirley Jones, James Garner