Vivante d’Anoushka : le porno sensuel de Canal + en août (2020)

Porno-érotique, Romance | 1h31min
Note de la rédaction :
Non noté/10
Non noté
Vivante de Anoushka, affiche du film porno érotique

  • Réalisateur : Anoushka
  • Date de sortie: 15 Août 2020
  • Nationalité : Français
  • Acteurs : Romy Furie, Bertoulle Beaurebec, Yumie Volupte, Misungui, Bishop Black, Rico Simmons, Pia Ribstein, Marie Léa Kinka
  • Compositeur : Gary Machete, Regis Blacky, Luna Grit
  • Illustrateur : Affiche de René Garcia
  • Société de production : Kaalk Production, Canal +
  • Classification : Strictement interdit aux moins de 18 ans
  • Diffusion sur Canal + : A partir du 15 août 2020
Note des spectateurs :
[Total : 9   Moyenne : 3.2/5]

Troisième long métrage d’Anoushka produit en collaboration avec Canal+, Vivante impose les thématiques et la sensibilité de l’artiste qui inspire l’air du temps plus qu’elle ne s’en inspire.

Synopsis : A la suite de sa séparation, Lou, jeune femme réservée, va mettre en location une chambre de son trop grand appartement dont elle
peine à assumer la charge seule.

Lors d’un de ses cours de danse, elle va rencontrer Charlotte, photographe, à la recherche d’un nouveau lieu de vie. Après son installation, Lou va vite être troublée par Charlotte, tant par son attitude, volontairement désinvolte et libérée que par sa beauté et son charisme.

Démarre alors une histoire passionnée et passionnelle entre les deux femmes qui va permettre à Lou d’explorer de nouvelles sensations, de nouvelles expériences, faisant voler en éclat les limites qui étaient les siennes jusqu’alors. L’évidence de leur amour et de leur complicité ne fait plus aucun doute…

Mais cet enchantement va prendre fin brutalement quand Lou est victime d’un accident de vélo lui faisant perdre sa mobilité. Charlotte, totalement désemparée, fera tout pour tenter de faire renaître la flamme qui les a animée autrefois. Pour cela, elle fera appel à Emma qui exerce le métier d’assistante sexuelle…

Yumie Volupte, dans Vivante d'Anoushka

Yumie Volupte, dans Vivante, photographiée par Antonin Weber

Le film : Si Anoushka n’avait pas une longue carrière cohérente derrière elle, l’on pourrait aisément taxer sa vision du X d’opportuniste. Diversité, inclusivité, bienveillance… Tout ce qui faisait le charme et la singularité de Une dernière fois, long métrage d’Olympe de G. en juin de cette même année 2020 et qui marquait alors le retour de Brigitte Lahaie dans un contexte de production diamétralement opposées à celles qu’elles avaient quittées en 1980, se retrouve dans Vivante. Anoushka ne cherche pourtant pas à s’inscrire dans une mouvance #MeToo, Netflix et disneyenne, pour le catalogue d’inclusivité, comme suiveuse. Elle incarne un changement de par sa longue carrière progressiste (voir son œuvre ici) qui est avant tout l’expression de sa propre féminité dans un genre qu’elle tempère, avec sa propre troupe de comédiens récurrents, en le traitant sans pudeur, mais avec son regard féminin et sa sensibilité. Cela en devient un sous-genre ou une norme dans la production pour adultes.

canal X, tous les films pornographiques de CanalVivante combat les stéréotypes d’une sexualité toxique

Si, dans Vivante, la sexualité est explicite, elle n’est pas à proprement parler pornographique. Les scènes X, sans chercher à s’excuser de leur crudité, sont surtout le miroir d’une existence lumineuse qu’un accident vient un jour assombrir et qu’une assistante sexuelle va devoir reconduire vers la lumière que l’on pourrait appeler la confiance en soi. Le film n’est jamais choquant, violent. Il est apaisant, et mériterait bien plus une interdiction aux moins de 16 ans que bien des productions dites érotiques  diffusées par les plateformes, puisqu’il est absolument dépourvu de perversion, de rapport de domination malsain, se voulant seulement une célébration du plaisir mutuel dans ce qu’il a de plus sain entre deux êtres, qu’ils s’aiment ou non.

Romy Furie et Bertoulle Beaurebec dans Vivante

Romy Furie et Bertoulle Beaurebec photographiées par Pia Ribstein. Tous droits réservés.

S’affranchir des clichés pour en établir d’autres ?

Combattant la virilité toxique, Vivante s’intéresse avant tout à la femme, dans la mise en scène d’un couple réaliste et attendrissant, composées de deux jeunes femmes que le hasard va rapprocher par la colocation. Au delà des deux protagonistes centraux, la réalisatrice dresse quelques portraits d’hommes, dont l’un incarné par le hardeur Rico Simmons. Des êtres fragilisés dans leur rapport aux autres : micropénis, dépression qui empêche l’érection, l’un des acteurs dégage même une sensibilité quasi féminine… Anoushka désapprouve le stéréotype de l’homme tel qu’il est systématiquement dépeint dans le porno depuis son âge d’or. L’auteure affirme que la femme n’est pas un homme comme les autres ; elle ne cherche jamais à l’armer des clichés prédateurs masculins. Elle préfère l’universalité de la sensibilité, du désir inaltérable de l’autre malgré l’épreuve des accidents de la vie, et du questionnement existentiel de chacun face à l’autre. Le prix à payer est évidemment de s’enfermer dans son propre cliché, celui d’une idée normative que l’on entend beaucoup et qui donc en atténue parfois la force.

Rico Simmons au premier plan et la réalisatrice Anoushka (arrière-pplan, droite) dirigeant son équipe. Crédit photo : Antonin Veber

Une œuvre en phase avec sa génération

Fiction bienveillante, élégante, sensuelle, charnelle, Vivante impose ses corps, ses âmes et son altérité dans une production de charme désormais plurielle. Peinture d’un genre humain qui s’ouvre à la pansexualité, le long métrage d’1h30, durée canonique pour une fiction non pornographique, élabore son scénario, recherche parfois sa propre esthétique, sans oublier la très grande importance accordée à la bande originale, irrégulière, mais parfois très belle, notamment lors d’une scène collective et individuelle à la fois, qui apparaît comme le climax du bonheur que Vivante a envie de propager. Œuvre en phase avec sa génération, Vivante n’est certes pas du cinéma, mais un film vidéo sophistiqué qui confirme l’intégrité et l’éthique chez une génération de femmes enfin en phase avec sa sexualité.

Vivante – Diffusion sur Canal +, à partir du samedi 15 août 2020  interdit aux moins de 18 ans.

Frédéric Mignard

 

Vivante de Anoushka, affiche du film porno érotique

Illustrateur : René Garcia

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Vivante de Anoushka, affiche du film porno érotique

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